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ECONOMIE

Statut d'auto-entrepreneur: Al Barid Bank enrôle 40.000 dossiers

Deux années après avoir rejoint l’aventure du statut de l’Auto-entreprenariat, Al Barid Bank a fait son bilan. Le statut de l’auto-entrepreneur a réussi à séduire, mais quelques difficultés doivent être réglées pour une meilleure généralisation.

Statut d'auto-entrepreneur: Al Barid Bank enrôle 40.000 dossiers
El Mehdi Berrada
Le 4 avril 2017 à 23h14 | Modifié 4 avril 2017 à 23h14

Al Barid Bank (ABB) a traité plus de 40.000 demandes d’inscription (40.325 précisément) au statut de l’auto-entrepreneur, dont la loi a été promulguée le 19 février 2015, et jusqu’à début mars dernier. Ce chiffre représente 87% du total des demandes au niveau national. Des chiffres qui demeurent en ligne avec les prévisions de l’exécutif qui tablait sur 20.000 dossiers par an.

Si le statut de l’auto-entrepreneur semble séduire un nombre important de candidats, il souffre de quelques points qui handicapent son vrai démarrage.

Al Barid Bank profite de son réseau

Si ABB arrivent enrôler autant de dossiers, c’est grâce à son vaste réseau, adossé aux bureaux de Poste à travers tout le territoire national. "Il y a une affinité naturelle et une proximité entre le profil de ces auto-entrepreneurs et le profil de notre clientèle, car nous sommes une banque qui a été dédiée depuis sa création aux clients à revenus irréguliers", explique Aida Ksikes, directrice de communication et du marketing chez Al Barid Bank.

Parmi tous les dossiers traités par ABB, 32.663 ont été validés, avec distribution des cartes Auto-Entrepreneurs à leurs bénéficiaires, soit 81% des demandes. Dans le détail, l’on apprend que 40% des demandes proviennent des femmes et que 33% des demandeurs sont âgés de moins de 30 ans et un autre tiers des demandeurs ont entre 30 et 40 ans.

"Il y a un véritable objectif d’inclusion économique et sociale derrière ce statut, c’est la raison pour laquelle on peut considérer que cela va au-delà d’un simple statut juridique", développe Aida Ksikes. Par ailleurs, les activités marchandes représentent 71% du total des inscriptions (Commerce 45%, Industrie 22%, Artisanat 4%). Les auto-entrepreneurs qui offrent des prestations de services ne représentent que 29% du total des dossiers traités par ABB.

La composante sociale absente

"Nous pouvons considérer que c’est un niveau encourageant, mais la marge de progression est encore importante par rapport au potentiel et à la cible visée initialement", estime Aida Ksikes.

Beaucoup de choses manquent effectivement à ce statut pour pouvoir recruter davantage d'auto-entrepreneurs potentiels. Car si la loi a été adoptée par les deux chambres, les auto-entrepreneurs attendent toujours qu’elle soit complétée par une composante sociale, par exemple. Les actuels auto-entrepreneurs détenteurs de ce statut n’ont pas d'affiliation à la CNSS et n’ont pas droit à une retraite complémentaire.

Les auto-entrepreneurs sont soumis à une fiscalité bien spéciale et incitative et le taux d'imposition dépend de la nature de l’activité et du revenu déclaré. Un taux de 1% est prévu pour les activités industrielles, dont le chiffre d’affaires ne doit pas dépasser les 500.000 dirhams annuellement. Le taux est plus important et atteint 2% pour les personnes qui offrent des prestations de services et qui ne doivent pas dépasser 200.000 dirhams de revenus par an. Par ailleurs, l’auto-entrepreneur est hors champ de TVA.

"Une fois que l’auto-entrepreneur dépasse le palier du chiffre d’affaires fixé par la loi, il doit changer de statut. Nous avons ainsi eu des cas d'auto-entrepreneurs qui se sont constitués par la suite en SARL", précise Aida Ksikes.

Des jours meilleurs

Au-delà de ces avantages fiscaux, l’auto-entrepreneur n’a aucune obligation de s’inscrire au Registre de Commerce (RC) ni de tenir une comptabilité. Il a aussi la possibilité d’émettre des factures et des devis tout en travaillant chez lui et il a plus besoin de présenter son bilan comptable à l’administration fiscale. Autant d’avantages concrets qui ont contribué à l'attractivité de ce statut.

Nous n’avons, malheureusement, aucune statistique relative au nombre de personnes qui ont quitté l’informel pour l’entreprenariat, et pourtant ils étaient la cible première de ce statut.

"Si nous nous fions au rythme actuel, mais aussi à la montée en puissance du statut liée à sa vulgarisation et à l'intégration d'avantages complémentaires, nous prévoyons d'enrôler entre 40.000 et 50.000 nouveaux auto-entrepreneurs d’ici à la fin de l’année", conclut notre interlocuteur.  

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El Mehdi Berrada
Le 4 avril 2017 à 23h14

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