La Méditerranée est-elle le futur de l’Europe et du Maghreb?
Dans un essai, le politologue et maître de conférences à Sciences Po Thomas Guénolé propose la création d’une Union méditerranéenne moins pléthorique et qui retienne les leçons du passé de l’UE et de l’UpM.
Guénolé explique que la crise de l’UE, la nécessité d’améliorer la stabilité politique et sociale autour de la Méditerranée et de booster la croissance en Afrique du Nord et au Sahel, et enfin les différences de plus en plus criantes entre l’Europe méditerranéenne d’un côté, l’Allemagne et la Mitteleuropa (Europe médiane) de l’autre, militent pour une refondation de l’Union méditerranéenne.
Thomas Guénolé pense à une Union méditerranéenne qui serait au départ composée de 12 Etats dont le Maroc, l’Algérie, la France et l’Espagne, mais également l’Egypte et l’Italie, Chypre, la Grèce et la Tunisie.
Il exclut d’emblée des pays comme la Turquie parce qu’elle occupe une partie du territoire d’un pays-membre de l’UE et pays méditerranéen (Chypre). Sont également exclus des pays tels la Bosnie ou le Monténégro où l’économie reste “mafieuse“. Sont enfin exclus au démarrage de la nouvelle union, Israël et la Palestine dont les différends politiques ne pourraient que bloquer le travail commun, ainsi que la Libye, “Etat failli“ et pays en guerre civile.
De Tanger 2007 à une nouvelle Union méditerranéenne
L’Union pour la Méditerranée avait été lancée au lendemain d’un discours prononcé il y a 10 ans, en juillet 2007, par le président français Nicolas Sarkozy au palais Marshan de Tanger. Dès 2008, la structure sera mise en place, à Marseille, puis Barcelone, avec l’inclusion de 28 pays européens et 15 pays du sud et de l’est de la Méditerranée.
Outre le refus d’intégrer au départ de la nouvelle Union pour la Méditerranée plusieurs Etats-membres potentiels problématiques de manière franche et ouverte, l’autre rupture de la proposition de Thomas Guénolé réside dans la manière d’organiser les coopérations multilatérales.
Afin d’éviter les blocages et lenteurs de l’UE ou de l’agonisante Ligue arabe, Guénolé propose tout d’abord que la nouvelle Union s’en tienne à des compétences “qui tiennent sur les doigts d’une seule main“.
Il démarre par l’écologie avec la gestion du changement climatique, des ressources en eau, de la biodiversité et de la pollution en mer. La paix et les droits humains constituent le deuxième pôle d’action, puis la mise en place d’un plan Marshall, une organisation des échanges commerciaux selon un nouveau paradigme et la multiplication et organisation structurée des échanges universitaires et de jeunes sur le modèle Erasmus.
Une politique commune, un traité ad hoc
Guénolé insiste enfin sur deux points: “Il faudrait, écrit-il, que l’Union méditerranéenne ne répète pas l’erreur du libre-échange instauré par l’Europe via le marché unique entre des pays qui n’on,t ni fiscalité ni coûts de production comparables“. Il propose “un nouveau modèle d’échanges encadrés et de commerce équitable“.
Pour la mise en œuvre de chacune de ces politiques, Thomas Guénolé a retenu la leçon des institutions de Bruxelles: “d’un point de vue juridique, chaque politique commune ferait l’objet d’un traité méditerranéen ad hoc“.
Guénolé rappelle enfin que cet ensemble a le potentiel de réunir 400 millions de personnes, proposant par fidélité à l’histoire de la mare nostrum Rome comme nouvelle capitale de l’ensemble. Réfutant d’avance les accusations d’utopiste et de rêveur, Thomas Guénolé rappelle que l’UE est née après trois guerres en moins de 70 ans entre la France, l’Allemagne et d’autres puissances européennes.
Les actuelles secousses géopolitiques en cours aux Etats-Unis, à Londres, en Syrie, en Libye ou dans la région du Golfe rendent possible une nouvelle donne. Celle proposée par Guénolé pour les 12 pays de la Méditerranée a l’avantage de représenter un choix opéré de plein gré et non de constituer une option imposée. Cela ne signifie pas nécessairement que cela pourra se faire rapidement, alors que dans le même temps, cette nouvelle Union serait peut-être plus efficace si elle se mettait en place sans trop tarder.
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