L'édition au Maroc en 2015-2016: De plus en plus digitale et arabe
L'année 2015-2016 a enregistré une augmentation de 19% en termes de production de documents. Le processus d'arabisation de l'activité éditoriale marocaine a été consolidé, tandis que les éditions en langue française ont nettement reculé.
A l’occasion du Salon international de l’édition et du livre (Siel) de Casablanca, qui a lieu du 9 au 19 février, la fondation du Roi Abdul-Aziz Al Saoud pour les études islamiques et les sciences humaines a présenté, ce mardi 7 février, son rapport annuel "Edition et livre au Maroc".
Ce rapport vise à apporter des informations bibliométriques détaillées sur les publications marocaines dans les domaines de la littérature, les sciences humaines et sociales.
Bilan de l’édition marocaine au titre de l’année 2015-2016
Près de 3.304 documents ont été produits au cours de l'année 2015-2016, soit une augmentation de 19% par rapport à 2014-2015. Ils sont répartis en 2.807 ouvrages et 497 numéros de revues académiques et culturelles.
Parmi les 2.807 ouvrages, 96 se présentent sous forme de documents électroniques, et 2.711 ont été imprimés. Concernant les revues, 126 sont sous forme de documents électroniques et 371 ont été imprimées. Il y a donc une réelle entrée des revues marocaines dans l’ère numérique.
Par ailleurs, le rapport indique que le processus d'arabisation du secteur de l'édition a été consolidé, avec 82,5% d'éditions en langue arabe, contre 58% dans les années 80. A l'inverse, les éditions marocaines en langue française accusent un net recul. Les publications francophones ne couvrent plus que 14,5% du volume de l’édition marocaine.
Quant aux publications en langue amazighe, elles se situent autour de 1,84%, soit le double de la production recensée l’année précédente.
L’édition amazighophone marocaine est exclusivement littéraire. Les 50 titres recensés sont répartis entre recueil de poésie, recueil de nouvelles, romans, pièces de théâtre, et recueil de proverbes.
Concernant la langue espagnole, 18 ouvrages ont été publiés au Maroc, en grande partie grâce à l'activité éditoriale du Centre Mohammed VI pour le dialogue des civilisations, fondé en 2007 à l’initiative du Roi Mohammed VI au Chili.
Le lot de textes en langue espagnole compte également des études sur les conditions et droits des femmes, les dynamiques sociales, les droits de l’Homme, les relations de voyages ou les biographies.
78% des titres publiés portent sur le Maroc
Sept champs disciplinaires, qui connaissent une arabisation ancienne et avancée, constituent 82,7% de la production éditoriale marocaine en 2015-2016.
Il s'agit des œuvres littéraires (romans, nouvelles, poésie, et littérature dramatique,…) avec un taux de production de 25%, des études juridiques (13,69%), des études islamiques (10,1%), des travaux axés sur les questions sociales (10,03%), des travaux historiques (9,64%), des études littéraires (8,34%), et des ouvrages de politique (6%).
Les disciplines économiques et financières, restées exclusivement francophones, peinent à émerger. Il en est de même pour les sciences humaines, la philosophie, la linguistique, la psychologie, les études des autres religions ou celles de l’art. La production en matière d’études islamiques a pour sa part augmenté au cours de l'année 2015-2016.
La majorité des titres produits (2.104, soit 78% de l'ensemble des titres), y compris les créations littéraires, portent sur le Maroc, contre 5% sur l'Europe.
Genre, nationalité, coût de publication, impression...
Selon ce rapport, l’écriture et la publication continuent d’être conjuguées au masculin dans 86% des cas dans les études littéraires, linguistiques, humaines et sociales. L’écriture féminine est pour sa part portée sur la littérature, les études islamiques et l’histoire.
Concernant la nationalité de ces auteurs, le champ éditorial marocain accorde sa préférence aux textes des auteurs marocains (81%).
Le rapport a également pointé du doigt l'amateurisme qui entache le domaine de l'édition et de l'impression au Maroc, puisque près de 26% de la production imprimée se fait à l’initiative des auteurs et à leurs frais.
Le prix moyen d’un livre marocain publié en 2015-2016 est de 61,10 DH, connaissant ainsi une légère baisse par rapport à l’année 2014-2015. Il est beaucoup moins cher que celui du livre algérien (94 DH) ou du livre tunisien (96 DH).
Le rapport a également noté une augmentation du volume de la production des documents électroniques dans les domaines des sciences humaines. Les principaux éditeurs marocains sont essentiellement des institutions publiques, productrices de rapports, enquêtes ou actes de colloques, comme le Haut Commissariat au Plan (HCP), et le ministère de l’Economie et des Finances.
Pour rappel, la ondation du Roi Abdul-Aziz Al Saoud est une association marocaine à but non lucratif, qui œuvre pour le développement de la recherche en sciences sociales et humaines.
Ci-dessous, vous pouvez feuilleter et lire le rapport.
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