Fawzi Skali: “Sidi Hamza a profondément marqué le soufisme mondial”
Le guide spirituel de la Tariqa Qadirriyya Boutchichiyya s’est éteint, mercredi 18 janvier, à l’âge de 95 ans. Fawzi Skali qui a été son disciple pendant plus de 40 années revient pour Médias24, sur l’apport spirituel du défunt qui était considéré comme un véritable saint à travers la planète.
Joint par notre rédaction, le fondateur du festival des musiques sacrées de Fès affirme que le décès du guide n’est pas seulement une perte pour le Maroc mais pour la planète entière qui compte des millions de mourids (disciples).
"Originaires du Maroc, d’Afrique, d’Europe, d’Egypte, des Etats-Unis et d’Asie, ils étaient des milliers à venir le visiter chaque année à Madagh près d’Oujda, lors de deux grands rendez-vous religieux.
"Pendant Layla Al Qadr (la nuit du destin) et Mawlid Anabawi (nativité du prophète), le siège de sa Zaouia devenait une vraie ville avec des visiteurs transportés dans des avions spécialement affrétés.
"C’est certainement ce qui va se passer pour ses funérailles car les membres des centres spirituels de son enseignement disséminés à travers le monde voudront tous lui rendre un dernier hommage".
Selon lui, la popularité du "maître vivant" s’explique par le fait qu’il a profondément marqué l’histoire du soufisme mondial en contribuant à revivifier ce courant pacifique de l’Islam.
"Notre défunt guide a réactualisé cette tradition spirituelle dans une époque marquée par la dé-spiritualisation des esprits. Il a réussi à redonner au soufisme toute sa place grâce à l’élaboration d’un langage, d’une orientation et d’un enseignement adaptés aux temps modernes.
"Le soufisme prôné par Sidi Hamza s’est développé partout parce qu’il mettait surtout en avant la dimension spirituelle intérieure sans prosélytisme. Ses valeurs s’appuyaient sur un enseignement pédagogique pour former des disciples pacifiques désireux d’être en paix avec eux-mêmes", précise le mourid.
Contrairement à d’autres courants rigoristes qui veulent imposer leurs lois et dénaturer l’esprit de l’Islam, le guide appelait les fidèles à être exigeants avec eux-mêmes mais ouverts et tolérants avec les autres qu’ils soient religieux ou pas.

Bien qu'alité, le guide spirituel a continué à recevoir ses disciples (Ph. AIC Press)
Notre interlocuteur qui est anthropologue de formation, soutient que c’est grâce au soufisme que la civilisation de l’Islam a connu son âge d’or à travers les arts, la littérature, la poésie, la musique,….
Notons aussi que cette confrérie n’a jamais eu de visées politiques car depuis sa création par le grand-père du défunt, elle a toujours voulu contribuer à l’élévation spirituelle de ses fidèles en prônant des valeurs comme l’amour et la bonté pour atteindre la sagesse et la maturité intérieures.
Une précision qui s’impose quand on sait que Abdeslam Yassine a quitté la Tarika Boutchichiyya après avoir échoué à en prendre la tête au moment de la succession du père de Hamza Ben Al Abbas. Il a ensuite fondé l’association Al Adl Wal Ihsane, qui a instrumentalisé la religion à des fins politiques.
"Les enseignement du soufisme nous ont appris à mettre l’accent sur une vision humaniste de la diversité du monde pour promouvoir les valeurs universelles à travers des cultures et des religions différentes", conclut Skali.
Il est très probable que des milliers voire des dizaines de milliers de disciples, venus du monde entier, tiendront à l’accompagner jusqu'à sa dernière demeure et qu'Ahmed Taoufik, ministre des Affaires islamiques et des Habous, sera présent pour honorer la mémoire de celui qui fut son guide spirituel.
à lire aussi
Article : Libre-échange. Pourquoi le Maroc doit bien négocier ses prochains accords
ROUND-UP. Le Maroc a déjà largement ouvert son économie à travers plusieurs accords de libre-échange. De nouveaux dossiers sont aujourd’hui sur la table, notamment avec le Chili, le Pérou, la Chine ou la République de Corée. L’enjeu est désormais de mieux négocier ces partenariats, afin d’en tirer le maximum sans fragiliser le tissu productif national.
Article : Mont Tropic : une étude confirme le potentiel des phosphates sous-marins au cœur du bras de fer Maroc-Espagne
Situé dans l’Atlantique nord-est, au sud des Canaries et à l’ouest des côtes du Sahara, le mont Tropic fait l’objet d’une nouvelle étude européenne qui confirme la qualité de ses phosphates sous-marins, comparables à des gisements exploités à terre. Mais l’intérêt du site ne s’arrête pas à la roche phosphatée : ces dépôts semblent avoir favorisé l’accumulation de cobalt, de manganèse, de terres rares et d’yttrium, dans une zone encore suspendue à la délimitation maritime entre Rabat et Madrid.
Article : Streaming sportif : comment TOD veut révolutionner le visionnage des matchs au Maroc face à l'IPTV
Dans un entretien accordé à Médias24, Peter Mrkic, directeur général de TOD by beIN, détaille la feuille de route de la plateforme de streaming au Maroc. Alors que le service bénéficie désormais d'un cadre réglementaire stabilisé par l'autorisation de la HACA, le dirigeant revient sur les enjeux de pénétration du marché, la concurrence de l'informel et les défis techniques liés à la diffusion en direct du streaming.
Article : Hydraulique : Amiblu Maroc inaugure à Nouaceur une nouvelle ligne de production de 160 MDH
Cette extension doit porter la capacité annuelle de l’usine à environ 650 km de conduites et permettre la création de 58 emplois directs et plus de 200 emplois indirects.
Article : Coupe du monde 2026. Analyse de la formidable qualification du Maroc contre les Pays-Bas
Enthousiastes, parfois fragiles en profondeur et épatants à la fois, les Lions de l’Atlas ont renversé les Néerlandais en seizième de finale, dans la nuit du lundi 29 au mardi 30 juin à Monterrey, au Mexique. Combatifs, les hommes de Mohamed Ouahbi ont réussi à éteindre leurs adversaires grâce à un plan de jeu où la prudence a laissé place à l’ambition au fil des minutes.
Article : Nutrition : le HCP et la FAO lancent la première Table marocaine de composition des aliments
Ce référentiel recense 1.001 aliments consommés au Maroc, dont des plats traditionnels, et les décrit à travers 43 constituants. Il doit permettre de convertir les quantités déclarées par les ménages en apports énergétiques fiables, afin de mieux suivre les carences, les excès et les disparités alimentaires.