Emmanuel Macron attendu en mars au Maroc
Le candidat à l’élection présidentielle française, Emmanuel Macron, est attendu en mars 2017 au Maroc. “Il rencontrera la communauté française et binationale sur au moins deux villes différentes“. Ce sera sa première visite électorale au sud de la Méditerranée.
Le mouvement En Marche! Maroc qui fait ses premiers pas depuis août 2016, passe à la vitesse supérieure. “Nous disposons de comités locaux à Casablanca, Rabat, Marrakech et Tanger“, indique le responsable Maroc, Hamza Hraoui à Médias 24.
“C’est un mouvement citoyen qui intègre des Français, des binationaux et des Marocains intéressés par la démarche politique novatrice et pragmatique de l’homme“. Âgé de 39 ans et ayant déjà occupé le poste de ministre de l’Economie après celui de secrétaire général-adjoint de l’Elysée dans l’administration de François Hollande, Macron, qui n’a jamais été encarté au PS français, se présente à la course à l’Elysée sans passer par la case des primaires socialistes prévues fin janvier 2017.
Macron est, d’ores et déjà, crédité de près de 15% des intentions de votes au premier tour de la présidentielle juste après Marine Le Pen et François Fillon mais avant tout autre candidat du centre ou de la gauche. Il commence à être sérieusement décrit comme le candidat susceptible de chambouler la scène politique française et, au-delà, européenne, en 2017.
Dans le dernier sondage de cette année 2016 portant sur la popularité des politiques français, Emmanuel Macron caracole en tête avec 46% d’opinions favorables. L’homme commence à susciter de réelles craintes politiques de la part de ses concurrents de droite et de gauche.
Pro-business, anti-amalgames
Son positionnement lui permet notamment, malgré l’absence de structure partisane, de réunir de nombreux soutiens à gauche mais aussi au centre et à droite.
C’est par Casablanca –et Marrakech ou Tanger- et après Londres et New York, qu’Emmanuel Macron devrait poursuivre ses rencontres avec les Français de l’étranger et les communautés binationales.
Selon Hamza Hraoui, “Macron suscite un réel intérêt chez les binationaux qui se désintéressent de la politique française car ils sont les premiers à subir le discours xénophobe et truffé d’amalgames d’une partie des politiciens de l’Hexagone; ils se désintéressent de la politique marocaine qu’ils jugent peu moderne et dynamique“, analyse Hraoui.
“Macron ne perd pas de temps à parler du burkini et parle plutôt de réussite individuelle et d’entreprenariat, un discours que les binationaux apprécient“.
S’agissant du Maroc, Macron a déjà eu l’occasion de rencontrer les patrons de l’OCP et de l’OCP Policy Center ainsi que le ministre de l’Industrie sortant Moulay Hafid Elalamy à Casablanca et à Paris. Politicien novateur et ancien banquier chez Rothschild, Macron séduit et ce n’est pas perdre son temps que prendre ses intuitions au sérieux.
H. Hraoui souligne que “le Maroc est un pays central pour Macron qui suit de près la politique de partenariat et d’investissement africaine du Royaume; il trouve le Maroc exemplaire en la matière“.
Selon H. Hraoui, responsable des relations extérieures d’Eléphant Vert, une entreprise suisse spécialisée dans les biofertilisants installée à Meknès, “En Marche ! Maroc" revendique 600 membres actifs et beaucoup plus de sympathisants“.
Le Maroc compte un peu plus de 50.000 Français inscrits dans les services consulaires. Tous ne sont pas obligatoirement enregistrés sur les listes électorales. Mais au printemps 2017, chaque voix comptera, surtout en ces moments de surprises électorales et d’opinions publiques volatiles comme l'ont montré les récents exemples: américain avec Trump en novembre dernier, ensuite britannique avec le Brexit en juin et enfin, italien, avec un référendum lourdement perdu par le charismatique, Matteo Renzi, début décembre.