Tramway de Casablanca: “Les travaux préparatoires de la T3 démarreront en 2017”
Casablanca est un chantier ouvert depuis le coup d’envoi des travaux de la T2 début 2016. Ce sera ainsi jusqu’en 2022, date à laquelle toute l’offre de transport publique sera disponible. Entretien exclusif avec Youssef Draiss, DG de Casa Transport.
Médias24: Une bonne partie de Casablanca est en travaux avec le lancement de la T2 (2e ligne du tramway). Quel est l’état d’avancement de ce chantier?
- Les travaux de la deuxième ligne avancent conformément aux délais depuis le lancement du chantier en janvier 2016. Nous sommes même en avance dans certains secteurs.
La plateforme est réalisée au niveau de 15km sur un total de 17km. Le rail est posé sur 7km. Tous les marchés sont déjà adjugés. On a même commencé la pose des sous-stations d’alimentation électrique et nous attendons la réception de la première rame en août 2017, sachant que dans un projet de tramway, c’est la réception de la rame qui donne le ton. L’objectif est que la T2 soit prête fin octobre 2018.
- Les Casablancais se plaignent des désagréments causés par ces travaux. N’était-il pas possible de lancer les travaux progressivement?
- Il faut être fier qu’il y ait tant de projets lancés au niveau de Casablanca. Certes la T2 est sur 17km au niveau d’axes importants, mais il y a aussi des travaux de voierie qui sont en cours, le réaménagement de la corniche qui est programmé, la construction du grand théâtre… Casablanca vit aujourd’hui au rythme d’un projet ambitieux de 33 milliards de DH sur 5 ans.
Nous avions le choix entre faire les travaux sur 15 ans et ne pas causer beaucoup de dérangement ou respecter le planning de 5 ans et disposer d’une offre de transport publique étoffée en 2022. Je crois que l’option à choisir est évidente, sachant que chaque année, 70.000 nouvelles voitures s’ajoutent au parc automobile de la ville, que les ruelles ne peuvent pas être élargies à l’infini, ni les constructions de trémies multipliées indéfiniment.
En plus de la T2, dont les travaux seront bouclés en 2018, nous projetons de démarrer les travaux préparatoires de la T3 (zone industrielle Moulay Rachid, faculté de Ben Msik, Mabrouka, Ouled Ziane, mosquée Hassan II) et la T4 (Derb Soltane jusqu’à Casa Port) dès l’année prochaine, poser les rails en 2018 pour être prêts également en 2022.
(Tracé T1 et T2)
- L’étude sur la stratégie de stationnement vient d’être bouclée. Quelles sont ses principales conclusions?
- Ce plan, qui définit la stratégie de la ville pour les résidents, les quartiers marchands, les zones de stationnement de courte durée, la moyenne et la longue durée va être soumis à approbation lors de la prochaine session communale.
L’idée est de répandre progressivement les zones réglementées, donc à paiement, mais en distinguant les zones à forte demande, celle dominées par un stationnement de courte, moyenne ou longue durée…
L’étude propose de mettre à disposition des personnes qui travaillent des parkings en ouvrage avec des offres d’abonnement intéressantes. L’objectif est de réduire le taux d’occupation du sol et de dégager des espaces publics à la ville et aux piétons.
Des emplacements de parkings en ouvrage ont été identifiés, en harmonie avec la stratégie globale. Des zones comme Maarif, Derb Omar, Kissariat Haffarine, Sidi Maarouf vont par exemple disposer de parkings en ouvrage.
La convention de réalisation de parkings en ouvrage a été signée avec la ville en 2014, mais nous avons décidé d’attendre que la stratégie de stationnement aboutisse pour commencer la réalisation de ces ouvrages. L’idée est d’apporter des réponses aux besoins identifiés par la stratégie et non pas de construire des parkings en fonction de la disponibilité des terrains.
- Qu’en est-il de l’offre en bus?
- Il est prévu de mettre en place deux lignes BHNS (bus à haut niveau de services), un desservant Rahma à Hay El Hassani, pour faire le lien avec la première ligne et une autre au niveau de Boulevard El Qods.
Ce sont des bus de 24 mètres d’une capacité de 250 personnes, avec des couloirs dédiés, des stations comme celles du tram, une priorité au feu rouge. Ils disposent de plateformes renforcées et d’un système d’aide à l’exploitation en termes d’information des voyageurs.
- Quelle sera la part de l’électrique?
- Les études vont démarrer début 2017, pour définir les coûts d’investissement, d’exploitation… pour l’électrique. On attend également d’avoir un retour d’expérience de pays ayant déjà expérimenté ce système.
- Le seul parking relais existant est celui de l’Oasis et il n’est pas approprié. Y en aura-t-il d’autres?
- Quand on a mis en place ce parking, il y avait engagement de l’ONCF de nous laisser installer une passerelle et d’ouvrir un accès de la station vers route Mekka. Cela n’a pas été fait et c’est ce qui a compromis tout le projet, étant donné que le passage souterrain n’est pas gardé.
Si l’ONCF ouvrait un accès, l’interopérabilité pourra fonctionner. Le problème est d’ordre technique, selon l’ONCF.
Pour ce qui est de la T2, nous travaillons sur un parking relais. Un terrain a été identifié au niveau de Aïn Sebaâ, à proximité du zoo. D’une capacité de 650 places, il permettra aux habitants de Bernoussi et Aïn Sebaâ de s’y garer et de prendre le tram.
Nous avons également identifié des terrains à Moulay Rachid et à côté de Marjane Californie pour servir les gens de Sidi Maârouf et Laâymoune, mais ces dossiers ne sont pas encore ficelés.
- Le tramway a bouclé sa quatrième année le 12 décembre. Quel bilan faites vous de l’activité?
- Depuis la mise en service du tramway de Casablanca, nous avons compté environ 120 millions de voyageurs, dont 36 millions en 2016. Nous avons également enregistré une fréquentation quotidienne de 135.000 avec des records à 141.000 en décembre, sachant que nous pouvons aller jusqu’à 200.000.
D’après les calculs que nous avons faits, le tramway remplace 70.000 voitures, ce qui est une bonne moyenne.
- Vous avez déclaré que dès 2017, la facture énergétique sera réduite. De quelle manière?
- En marge de la COP22, nous avons pris des engagements en matière d’utilisation des énergies renouvelables. On va lancer dès 2017 un projet de mise en place de plaques solaires dans les centres de maintenance et au niveau de certaines stations. On vise une réduction de 10 à 15% de la facture énergétique au niveau des emplacements.
Les études de ce projet sont finalisées. Le début des travaux est programmé au deuxième trimestre 2017 pour être opérationnel au troisième trimestre 2017.
- Ce système sera-t-il généralisé?
- Notre objectif est de généraliser l’usage de l’énergie solaire au niveau des centres de maintenance, administration… en plus des stations. C’est un investissement avoisinant les 10MDH, financé via un partenariat public-privé.
L’énergie traction, nous sommes sur un projet qui prendra plus de temps. L’idée est de suivre l’exemple de l’ONCF, en collaborant avec des distributeurs.
Notre deuxième engagement en faveur du développement durable est de réduire l’utilisation du papier. L’idée est d’encourager l’utilisation des cartes prépayées en remplacement du ticket. C’est un moyen qui existe depuis 2012, mais nous avons constaté que les usagers n’y ont pas recours.
Cette carte est commercialisé au prix de 25 DH, soit son prix de revient et a une durée de vie de 5 ans. Pour encourager la migration vers la carte prépayée, nous allons augmenter le prix de la carte utilisable pour 10 voyages, qui passera d’un à deux DH. Le prix du voyage restera inchangé: 6 DH.
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