Gazoduc Nigéria-Maroc: Le Roi préside une séance de travail sur la faisabilité et le financement (vidéo)
Le Roi Mohammed VI a présidé, mardi au Palais Royal de Casablanca, une séance de travail consacrée au projet de gazoduc, reliant le Nigéria au Maroc à travers plusieurs pays d’Afrique de l’ouest, indique un communiqué du Cabinet royal.
Le projet de gazoduc est, comme l'expression l'indique, un... projet. Complexe, onéreux, volontariste, ambitieux. C'est-à-dire qu'il faudra du temps, des efforts, de l'imagination, de la diplomatie, pour le faire aboutir.
A son retour au Maroc, le Roi Mohammed VI ne l'a pas perdu de vue. Le Roi a présidé ce mardi 13 décembre, au Palais royal de Casablanca, une séance de travail consacrée au projet de gazoduc, reliant le Nigéria au Maroc à travers plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, "qui a été initié à Marrakech lors de la rencontre tenue entre les deux chefs d’Etat en marge de la Cop 22 et finalisé à Abuja", indique le communiqué.
Cette séance de travail, qui intervient après la cérémonie officielle présidée par le Roi et le président du Nigéria, a connu la participation de hauts responsables nigérians désignés par le président de la République fédérale de Nigéria, M. Muhammadu Buhari.
Elle s’inscrit dans le cadre des mesures concrètes visant à promouvoir ce projet régional structurant pour l’ensemble des pays de la région.
Ce gazoduc de portée stratégique, susceptible d’être relié au marché européen, favorisera l’émergence d’une zone nord-ouest africaine intégrée et permettra à la région d’atteindre l’indépendance énergétique, d’accélérer les projets d’électrification au bénéfice des populations et de développer des activités économiques et industrielles importantes.
Les discussions ont porté sur la faisabilité technique et le financement du projet.
Les responsables marocains n'acceptent pas de livrer des données sur le projet, car il s'agit d'un projet initié et porté par le Chef de l'Etat. Ce que l'on sait, c'est qu'un document technique, probablement de pré-faisabilité, existe. Pour ce qui concerne les financements, il y a des évidences: les pays traversés, les opérateurs internationaux qui ont l'habitude d'investir dans le gaz, les fonds et organismes multilatéraux, les fonds souverains de plusieurs pays, le Maroc et le Nigéria, le secteur privé. Le financement devrait être complexe, mais tout à fait réalisable, surtout au vu de l'expérience marocaine de montage de projets.
Les montants des investissements nécessaires varient selon les options:
-le tracé: longueur du gazoduc, situation (onshore ou offshore), géographie des zones traversées.
-les investissements collatéraux (électrification, centrales électriques, raccordements, industries).
Selon nos calculs, la fourchette est large, entre 25 et 50 milliards de dollars.
Le second point concerne les pays traversés. La question que se posent tous les spécialistes concerne la position de la Mauritanie, pays à la direction atypique et imprévisible. Il va sans dire que si la Mauritanie refuse de se joindre au projet, celui-ci passera en offshore, éventuellement en dehors des eaux territoriales, ce qui va accroître le coût. La règle internationale reste de laisser le passage, quitte à se contenter de la redevance.
Cette séance de travail a réuni, du côté marocain:
-le Chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane,
-les conseillers du Roi, Fouad Ali El Himma et Yassir Zenagui,
-le ministre des Affaires étrangères et de la coopération, Salaheddine Mezouar,
-le ministre de l'Economie et des finances, Mohamed Boussaid,
-le ministre de l'Energie, des mines, de l’eau et de l’environnement par intérim, Moulay Hafid Elalamy,
-le président directeur général du Groupe OCP, Mostafa Terrab,
-la directrice générale de l'Office national des hydrocarbures et des mines, Mme Amina Benkhadra,
-le président du directoire de l’Agence marocaine des énergies renouvelables (MASEN), Mustapha Bakkoury
-et le directeur de l'Office national de l'Electricité et de l'eau potable, Ali Fassi Fihri;
Et du côté nigérian:
-Ahmed Abubakar Rufai, conseiller du Président nigérian,
-Said Farouk Garba, directeur général chargé de l'ingénierie et des services techniques à la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC),
-Ahmed Ali Adamu, directeur général chargé du droit commercial à la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC),
-Ibrahim Audu, ingénieur de projet à la Nigeria Gas Processing and Transportation Company (NGPTC),
-Usman Yusuf, directeur général des Ressources, du gaz et de l'énergie,
-et Ibraheem Folorunsho Ajadi, chargé d’affaires à l’ambassade de la République Fédérale du Nigéria à Rabat.
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