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Classement TIMSS: le Maroc n’améliorera sa position que dans dix ans

L’étude TIMSS qui mesure la maîtrise des sciences et des mathématiques chez les élèves du primaire et du collège place le Maroc parmi les derniers du classement de 2015. Mohamed Sassi, directeur du centre national de l’évaluation des examens et de l’orientation, nous explique les raisons du retard marocain, qui n’a pas cessé de s’amplifier depuis dix ans. 

Classement TIMSS: le Maroc n’améliorera sa position que dans dix ans

Le 29 novembre 2016 à 15h42

Modifié 29 novembre 2016 à 15h42

L’étude TIMSS qui mesure la maîtrise des sciences et des mathématiques chez les élèves du primaire et du collège place le Maroc parmi les derniers du classement de 2015. Mohamed Sassi, directeur du centre national de l’évaluation des examens et de l’orientation, nous explique les raisons du retard marocain, qui n’a pas cessé de s’amplifier depuis dix ans. 

Lors d’une conférence de presse ce mardi 29 novembre, le ministère de l’Education nationale a dévoilé sa lecture et sa vision pour améliorer les médiocres résultats marocains de l’enquête internationale «Trends in International Mathematics and Science Study» sur les acquis scolaires en mathématiques et en sciences.

Les conclusions de TIMSS font apparaître qu’entre 2011 et 2015, les élèves marocains du primaire et du collège ont amélioré leurs performances nationales d’apprentissage de ces matières mais que le différentiel avec la moyenne internationale des autres pays étudiés reste encore trop élevé.

Pourquoi le Maroc est à la traîne du classement TIMSS 

Interrogé par Médias24, le directeur du Centre national de l’évaluation des examens explique ce décalage par le fait que le Maroc est un des rares pays en voie de développement à figurer dans ce classement international (absence d’autres pays maghrébins comme l’Algérie ou la Tunisie …).

Il est vrai qu’au regard de pays comme le Japon, Singapour ou la Corée du Sud, premiers du classement et connus pour leurs systèmes éducatifs extrêmement performants, le Royaume a du mal à se distinguer, sachant que la qualité de son enseignement public ne cesse de se dégrader au profit (lucratif) du secteur privé.

«Les évaluations internationales font apparaître que le programme de mathématiques enseigné aux Marocains couvre à peine 30% de celui enseigné dans le monde sur lequel se base l’étude TIMSS. L’objectif est donc de rapprocher notre programme scolaire des normes internationales, mais l’impact ne sera effectif que dans 6 à 8 ans, car nous n’avons commencé à introduire les premiers changements qu’à la rentrée scolaire 2015.

«L’autre cause de la difficulté des élèves à maîtriser les mathématiques et les sciences réside dans leur retard d’apprentissage de la lecture. Les programmes de lecture mis en place entre 2000 et 2002 sont difficiles à modifier, car les mécanismes de réforme sont lourds et contraignants, mais nous n’avons pas le choix, car la situation est catastrophique. En fin de primaire, certains élèves sont même incapables de lire une phrase correctement, alors imaginez la difficulté rencontrée pour déchiffrer une formule de mathématiques.

«Pour y remédier, nous avons mis en place une nouvelle méthode d’enseignement de la lecture dans 90 établissements pilotes, dont les premiers résultats seront évalués en mai 2017», explique-t-il.

D’autres facteurs expliquent le décalage éducatif du Maroc avec les pays avancés, comme par exemple le recrutement depuis l’an 2000 de 30.000 enseignants sans vraie formation pédagogique. C'est pour toutes ces raisons que le Maroc occupe toujours le bas du classement TIMSS, même s'il y a eu une légère amélioration, surtout au niveau du primaire.

Détails et évolution du retard d’apprentissage des mathématiques et des sciences

La dernière étude 2015 (réalisée tous les quatre ans) a ciblé 482.000 élèves dans 49 pays pour le cycle primaire (CM1) et 39 pays pour le collège (4e et 8e année selon le système américain).

Au Maroc, ce sont 10.428 élèves du primaire issus de 360 écoles publiques et 13.035 de 361 collèges dont la performance d’apprentissage a été testée.

Les conclusions font apparaître une amélioration de la performance des élèves du primaire en mathématiques, avec une note de 377 points en 2015, contre 334 en 2011.

Malgré ce bond de 43 points, les élèves du primaire restent loin de la moyenne internationale (500). Le Maroc ne se distingue pas du Kuwait, qui est le pays le moins bien noté, avec ses 353 points.

Le seul indicateur rassurant est que le pays commence à sortir de la spirale infernale d’une baisse continue de la notation de TIMSS. Ainsi, le Maroc a réalisé 347 points en 2003, 341 en 2007, 334 en 2011 et 377 l’année dernière.

Pour les élèves du secondaire, la performance nationale en mathématiques s’est établie à 384 points en 2015, contre 371 quatre ans plus tôt. Un résultat proche des mauvais élèves comme l’Arabie saoudite, qui totalise 368 points, alors que la moyenne des 39 pays étudiés est de 500 points.

L’évolution des 16 dernières années laisse là aussi entrevoir une sortie (provisoire ?) des mauvaises notations obtenues depuis 1999, date de la première participation du Maroc au classement TIMSS (337 points en 1999, 387 en 2003, 381 en 2007, 371 en 2011 puis 384 pour l’année 2015).

Concernant les performances réalisées dans les matières scientifiques, les élèves du primaire obtiennent un score de 352 points, contre 264 points en 2011, soit une progression de 88 points. C'est une amélioration remarquable, mais loin de la moyenne internationale de 500 points et proche de la pire note de 337 du Koweit. Ce chiffre constitue toutefois la meilleure performance du Maroc depuis ses 4 dernières participations à TIMSS (304 points en 2003, 297 en 2007, 264 en 2011 et 352 pour 2015).

Toujours en sciences (physique, chimie, sciences naturelles), la notation des élèves du collège s’est établie à 393 points en 2015, contre 376 en 2011, ce qui correspond à un gain de 17 points. Le différentiel avec la moyenne générale de 500 points reste grand, sachant que la note marocaine ne se distingue toujours pas du pays le plus mal classé (l'Afrique du Sud, qui obtient 358 points).

On remarque cependant que cette note est une des meilleures que le Maroc ait obtenu en 16 années (323 points en 1999, 396 en 2003, 402 en 2007, 376 en 2011 et 393 en 2015).

Selon M. Sassi, le Maroc n’améliorera véritablement son score au classement TIMSS que dans une dizaine d’années, grâce à la grande réforme éducative du ministère de l’Education nationale.

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