img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
Environnement

Climat : Avec ou sans Trump, la lutte continue

"MARRAKECH. (AFP).-"L'élection de Donald Trump a plombé l'ambiance, mais les négociateurs ont serré les coudes", résume le climatologue Jean Jouzel, l'œil rivé sur la pendule climatique.

Climat : Avec ou sans Trump, la lutte continue
Par
Le 19 novembre 2016 à 9h46 | Modifié 19 novembre 2016 à 9h46

Loin de l’affolement créé fin 2000 par l’élection de George W. Bush – annonciatrice de l’échec du protocole de Kyoto – la communauté internationale a confirmé, dans une "proclamation" à cette 22e conférence climat de l’ONU, sa détermination à appliquer l’Accord de Paris, adopté fin 2015 et déjà ratifié par 111 États.

Trump qui a qualifié de "canular" le réchauffement lié aux activités humaines, a plusieurs options s’il veut quitter le navire : se retirer de la convention climat de l’ONU d’ici un an, ou de l’Accord de Paris d’ici 4 ans.

Ou simplement renoncer aux réductions d’émissions de gaz à effet de serre (issus pour l’essentiel du charbon, du gaz et du pétrole). Et arrêter de payer.

Les Américains 'grands perdants'

"Le plus dommageable serait qu’il renie l’engagement fédéral à financer des énergies propres" dans les pays en développement, estime l’expert américain Alden Meyer.

"Les chances que le reste du monde compense le défaut des États-Unis, que ce soit en réductions d’émissions ou en financements, sont quasi nulles", ajoute Mohamed Adow, de l’ONG Christian Aid. "Et ça, c’est terrifiant."

Le combat climatique repose en partie sur le soutien des pays du Nord, responsables historiques de la dégradation du climat, aux pays du Sud, les plus affectés et qui doivent se développer avec des énergies propres si la planète veut rester vivable.

A Marrakech, les négociateurs américains, issus de l’administration Obama, se sont voulus rassurants : "Les États-Unis ont toujours fini par tenir leurs promesses financières, même Bush". Mais ils en ont aussi appelé aux fonds privés.

Des représentants des États de Californie (7e économie mondiale!), de Washington et du Vermont, très engagés sur le climat, sont venus dire qu’ils allaient continuer le travail. "Même le Texas est en pointe sur les renouvelables", ont-ils relevé.

Au "pragmatique" businessman Trump – et, au-delà, au reste du monde – les acteurs de la COP ont martelé ce message : contenir le réchauffement et passer aux énergies propres est rentable, source de profits et d’emplois, et d’ailleurs déjà une évidence pour de nombreuses entreprises, banques ou assurances, comme l’a rappelé à Marrakech l’appel de 360 sociétés.

"Si dans le pire des cas Washington se retirait, les grands perdants seraient le peuple américain", a prévenu Erik Solheim, directeur du Programme de l’ONU pour l’environnement. "Tous les emplois nouveaux iraient ailleurs. Et la place de leader laissée par les États-Unis serait prise par la Chine, l’Europe et d’autres".

"Trump veut relancer le charbon, mais quel investisseur voudra de ces 'boîtes' à rentabilité potentielle faible?", souligne Teresa Ribera, de l’Institut des relations internationales (Iddri).

La Chine a redit son attachement à l’Accord de Paris. Le 1er émetteur mondial, essentiel dans l’obtention du pacte, aux côtés de Barack Obama, est désormais 1er investisseur dans les renouvelables. Si les États-Unis s’effacent, beaucoup voient déjà Pékin en nouveau leader de l’action climatique.

L’Inde, sur une voie plus étroite entre charbon et énergies propres, a aussi confirmé son engagement. Comme l’Arabie saoudite.

'Bouteille pleine' 

Mais, Trump ou pas, comment gérer cette transition compliquée, qui impose de renoncer aux fossiles? Car dans le même temps, l’urgence croît, sous l’effet de concentrations de GES record.

"L’atmosphère est comme une bouteille presque pleine que l’on continue à remplir. Si on continue comme ça pendant 20 ans, on ne pourra pas rester sous le seuil des 2°C" de réchauffement, rappelle le climatologue Hervé Le Treut.

Les engagements nationaux pris à Paris pour respecter cet objectif sont insuffisants, et les pays se sont mis d’accord pour faire un bilan de leurs efforts d’ici à 2018.

Entreprises ou ONG sont venues en nombre à la COP22 présenter un foisonnement d’initiatives, technologiques, financières, pour l’Afrique, l’agriculture, les forêts... Mais il faudra les concrétiser.

Le processus diplomatique restera important, estiment les experts, car les pays se contrôlent et surtout marchent ensemble, partageant les risques économiques d’une transition aussi importante.

"Il y aura des impacts sociaux", prévient Teresa Ribera : "Une transformation radicale pose beaucoup de questions difficiles à gérer, mais on ne doit pas les éviter".

 

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 19 novembre 2016 à 9h46

à lire aussi

Coupe du monde 2026. Pourquoi l’équipe du Maroc était-elle méconnaissable face à la France ?
Football

Article : Coupe du monde 2026. Pourquoi l’équipe du Maroc était-elle méconnaissable face à la France ?

Le rêve des Lions de l’Atlas s’est brisé net face à une redoutable équipe de France, le jeudi 9 juillet à Boston, en quart de finale de la Coupe du monde 2026. Le manque de courses en profondeur et de poids dans le demi-terrain offensif n’a pas aidé les Lions de l’Atlas à se sublimer dans une rencontre où quasiment tous les indicateurs statistiques étaient en deçà de leurs standards.

Bourse de Casablanca : le MASI gagne 0,37%
Quoi de neuf

Article : Bourse de Casablanca : le MASI gagne 0,37%

La Bourse de Casablanca a clôturé la séance du 10 juillet en hausse. Le MASI a progressé de 0,37%, dans un volume de 123,03 MDH.

Houda Skali rejoint le directoire de Risma
Quoi de neuf

Article : Houda Skali rejoint le directoire de Risma

Sur proposition du directoire, le Conseil de surveillance de Risma, réuni le 9 juillet 2026, a décidé de nommer Houda Skali, directrice des Opérations, en qualité de membre du directoire.

Sécheresse, crises et pénurie de main-d'œuvre : l'étude d'évaluation de Génération Green officiellement lancée
AGRICULTURE

Article : Sécheresse, crises et pénurie de main-d'œuvre : l'étude d'évaluation de Génération Green officiellement lancée

Cinq années de sécheresse, la hausse du coût des intrants et une pénurie croissante de main-d’œuvre ont profondément changé le cadre dans lequel Génération Green avait été conçue. Lancée en 2020, la stratégie agricole va faire l’objet d’un bilan à mi-parcours, avec l’objectif d’identifier ses faiblesses et de redéfinir les priorités pour les années à venir. Ce que cette révision pourrait changer pour le secteur.

Trottinettes électriques : casque, écouteurs, âge minimum… ce qui va changer
SOCIETE

Article : Trottinettes électriques : casque, écouteurs, âge minimum… ce qui va changer

Face à la multiplication des trottinettes électriques et autres nouveaux engins de déplacement sur les routes marocaines, le Conseil de gouvernement a adopté un projet de décret modifiant le Code de la route. Circulation hors agglomération, transport des enfants, stationnement, véhicules immobilisés… Détails.

Les prévisions météo pour le samedi 11 juillet
Les prévisions quotidiennes

Article : Les prévisions météo pour le samedi 11 juillet

Voici les prévisions établies par la Direction générale de la météorologie pour le samedi 11 juillet 2026 : - Temps assez chaud sur le Sud-Est, […]

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité