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Environnement

Climat: les négociateurs à pied d'œuvre à la COP22 malgré l'incertitude Trump

Avant l'arrivée des chefs d’État mardi et en attendant de voir comment Donald Trump s'emparera du dossier climat, les pays réunis pour la COP22 à Marrakech ont débattu cette semaine de l'application de l'accord de Paris, un processus semé d'embûches mais qu'ils jugent irréversible.

Climat: les négociateurs à pied d'œuvre à la COP22 malgré l'incertitude Trump
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Le 12 novembre 2016 à 17h23 | Modifié 12 novembre 2016 à 17h23

A l'unisson des autres délégations, l'équipe chinoise ne voulait pas noircir le tableau quatre jours après l'élection d'un président américain qui a qualifié le réchauffement de "canular".

"Nous devons attendre de voir quelles mesures sur le climat prendront les Etats-Unis", a déclaré à la presse Gu Zihua, un membre de la délégation chinoise, tout en confirmant les engagements de Pékin.

Avant de souligner: "L'accord de Paris reflète la volonté commune de beaucoup de pays", une manière de rappeler que pour la première fois, en décembre dernier, l'ensemble de la communauté internationale a conclu un accord global pour lutter contre le réchauffement climatique.

"L'Arabie saoudite confirme ses objectifs nationaux" de limitation des émissions de gaz à effet de serre, a aussi déclaré à un groupe de journalistes un négociateur saoudien.

Le porte-parole des petits Etats insulaires, le Maldivien Thoriq Ibrahim, évoquant les risques de conflits et de migrations accrues liés au réchauffement climatique, estime que le président Trump "parviendra à la conclusion que c'est dans l'intérêt des Etats-Unis de prendre cette question au sérieux".

L'élection de M. Trump "crée de l'inquiétude", a reconnu auprès de l'AFP Ségolène Royal mais, selon la ministre française de l'Environnement, "c'est aussi une opportunité pour un sursaut".

L'accord de Paris fut un grand pas en avant, couronnant des années de négociations multilatérales ardues. Son entrée en vigueur, dès le 4 novembre, moins d'un an après la COP21, a reflété une large mobilisation. Pour autant, sa concrétisation va être un parcours d'obstacles.

D'abord parce que les pays doivent faire preuve d'un niveau de transparence inédit: les données que chacun va devoir fournir sont encore en discussion, mais elles doivent pouvoir être comparées.

"Sinon, nous aurons une partie des pays qui va jouer au football et l'autre au rugby", a résumé Liz Gallagher, experte auprès de l'ONG 3G.

2018, une date clé 

Ensuite, les pays doivent non seulement réaliser les réductions d'émissions de gaz à effet de serre annoncées avant la COP21, mais faire davantage. Et rapidement.

Les engagements nationaux actuels conduiraient à une hausse largement au dessus de 3°C, un seuil synonyme de conséquences (sécheresses, vagues de chaleur, hausse du niveau des océans, inondations, etc.) beaucoup plus dramatiques que 2°C maximum, cible retenue dans l'accord de Paris.

D'où l'importance que 2018 - lorsqu'un bilan des actions sur une base volontaire est prévu - soit "le premier rendez-vous pour revoir l'ambition à la hausse", plaident ONG et experts.

Autre sujet de discussion: l'aide aux pays en développement, cruciale pour que la transition vers des énergies propres se fasse et pour que les plus exposés aux dérèglements climatiques puissent s'y adapter (système d'alerte, d'assurance et de gestion des catastrophes, digues, irrigation,etc.).

Les plus vulnérables, qui ne sont pas responsables de la surchauffe de la planète, se battent pour des financements plus conséquents, et en particulier pour un rééquilibrage en faveur de l'adaptation (pour faire face au réchauffement climatique), parent pauvre de l'aide à la lutte dans ce domaine.

Samedi, le ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, président de la COP22, a salué "l'esprit de coopération" entre les groupes de travail après une semaine de conférence.

Même si les discussions à Marrakech n'ont pas encore permis d'"avancée majeure sur l'adaptation, les financements ou la transparence", selon Thoriq Ibrahim.

L'entrée en scène en deuxième semaine des ministres devrait permettre des progrès.

La venue de Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations-unies, du président français François Hollande, de plusieurs dizaines de chefs d'Etat et de gouvernement, ainsi que du secrétaire d'Etat américain John Kerry sera l'occasion d'envoyer quelques messages outre-atlantique et de réaffirmer au plus haut niveau la volonté de faire du climat une priorité. (AFP)

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Le 12 novembre 2016 à 17h23

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