Voici comment le Maroc a déterminé ses NDC, contribution nationale contre le réchauffement climatique
Le Maroc a fixé à 50 milliards de dollars le montant des investissements nécessaires pour la période 2010-2030 afin de remplir ses engagements de NDC. Il s’agit à travers ces engagements de combattre les effets négatifs du changement climatique sur l’ensemble des secteurs de l’économie du pays.
La ministre déléguée à l’Environnement, Hakima El Haité fait remonter la prise de conscience des enjeux du dérèglement climatique à la COP19 de Varsovie en 2013.
«Nous avons réfléchi différemment des autres pays dès le lendemain de la COP19, en travaillant à l‘élaboration d’une loi-cadre et en mettant en place une stratégie nationale du développement durable; il s’agissait, ajoute Mme El Haité, de promouvoir un équilibre entre l’économique, le social et l’environnemental, en tenant compte du changement climatique».
L’exigence des NDC, (I)NDC [contribution déterminée au niveau national] à l’origine, le «I» pour Intentionnally en anglais, traduit en «volontaires» en français dans les documents officiels onusiens, est intervenue à la COP20 de Lima au Pérou. «Immédiatement, ajoute Mme El Haité, nous avons établi un plan d’investissement vert regroupant l’ensemble des projets de développement et d’énergies renouvelables bancables, financièrement jouables».
Le suivi technique a été assuré par les ministères. L’idée a germé de créer une structure de coordination et un centre de compétences sur le changement climatique, qui deviendra le 4C.
Compétences
«C’est ainsi qu’une première proposition d’(I)NDC a été soumise aux Nations-Unies en juin 2015 et que le Roi Mohammed VI a pu annoncer à Paris en décembre 2015 à la COP21 que le Maroc allait passer de 42% d’énergies renouvelables en 2020 à 52% en 2030. Le Maroc a ainsi été en 2015 le premier pays à dire que l’on pouvait augmenter nos ambitions,» souligne Me El Haité.
Les (I)NDC deviendront des NDC en 2016, une fois que les propositions des Etats ont été formalisées entre avril et la veille de l’ouverture de la COP22. Mais à ce jour, tous les Etats membres de l’ONU n’ont pas déposé leurs NDC.
Quelques mois plus tôt, révèle Mme El Haité, «Rabat a mis en place avec Berlin le NDC Partnerships», qui aboutira dès octobre 2015 à la tenue du premier conseil d’administration du 4C, afin de formaliser une meilleure coordination entre les secteurs public et privé et la société civile, à travers la création d’un GIP, un Groupement d’intérêt public.
Dirigé aujourd’hui par Mohamed Boussaid [qu’il ne faut pas confondre avec le ministre des Finances], avec l’appui du GIZ (Coopération allemande), le 4C, basé à Hay Riad à Rabat, regroupe quatre collèges formés de représentants des ministères, du secteur privé, des universités et centres de recherche et de la société civile.
Mohamed Boussaid dirige le 4C, Centre de compétences sur le changement climatique
Initiative pionnière, le 4C symbolise «le choix du Maroc pour le développement durable» souligne M. Boussaid. Ce choix sera progressivement décliné pour sept secteurs principaux: la production d’électricité, la construction (résidentiel et tertiaire), l’agriculture, l’industrie, le transport, le traitement des déchets et les forêts.
«La détermination de la contribution marocaine à la lutte contre le réchauffement climatique a commencé par un travail de consultations des différentes parties, suivi d’un processus technique de collecte et d’analyse des données de tous les secteurs de l’économie,» précise M. Boussaid.
Reconnaissance
Aujourd’hui, le 4C accompagne d’autres pays pour leurs NDC. Il a permis au Maroc d’être reconnu comme le 2e pays dans le monde pour son travail sur les NDC en termes de travail de collecte de données, de leur analyse et de propositions en matière d’atténuation contre les effets du réchauffement climatique par Climate Action Tracker.
Le ranking de Climate Action évalue le sérieux et la cohérence des propositions d’engagements des Etats pour contribuer à l’objectif de limiter le réchauffement climatique sous la barre des 2°C à l’horizon de la fin du de siècle. Fierté du ministère de l’Environnement et du 4C, la proposition marocaine a été jugée «plus ambitieuse que l’objectif officiel fixé» de +2°C par Climate Action.
La proposition de NDC du Maroc est officiellement présentée à l’ONU à New York en septembre 2016, avec un objectif de réduction des émissions de carbone situé entre 13% et 17%, selon les scénarios financiers.
L’objectif de 13% nécessite des investissements de l’ordre de 50 MM de dollars, les 17% requérant un supplément de 24 MM de dollars à l’horizon 2030, dont une réduction de 42% du total pour la seule production électrique, d’où l’effort actuel sur les énergies renouvelables.
Pour la seule adaptation aux conséquences du réchauffement –à ne pas confondre avec «atténuation des effets»- des secteurs de l’eau, de l’agriculture et des forêts , le 4C estime les besoins financiers du Maroc à 35 MM de dollars pour la période 2020-2030. Des chiffres à mettre en face de ce dernier: l’impact de la pollution de l’eau et de l’air au Maroc, conjugué au réchauffement coûte annuellement 33MMDH au pays. Plus de 3% de son PIB.
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