COP22: En Afrique, le premier défi est celui de “l’adaptation” au changement climatique
Avancée des déserts, déficits pluviométriques, recul des espaces forestiers... Encore très dépendante de la nature, l'Afrique est le continent qui subit le plus les dégâts du changement climatique et devra chercher comment s'y adapter.
Pour faire face à un changement climatique désormais inévitable, l’atténuation et l’adaptation sont les maîtres-mots. La première implique la réduction des émissions de gaz à effet de serre, à travers la modification du mix énergétique mondial, en favorisant les sources d’énergie sobres en carbone, alors que la seconde implique la réduction des dommages et des conséquences potentiels du changement climatique.
En Afrique et bien que le continent ait besoin des deux volets, c’est surtout les efforts liés à l’adaptation qui sont prioritaires, à cause de sa vulnérabilité: l’Afrique est le continent le plus adossé à la nature. Il souffre de l’avancée des déserts, de la destruction de la savane et de déficits pluviométriques importants, impactant en premier lieu sa population.
Au Maroc, le réchauffement climatique a induit une diminution des précipitations d’entre 10% et 20% sur les dix dernières années. Cette situation va s’aggraver pour atteindre 50% en 2050, selon M’hamed El Faskaoui, directeur de l’Agence du bassin hydraulique du Souss Massa et Drâa-Agadir.
Autre symptôme du stress hydrique auquel le Royaume fait face: le passage de 3.000m3 d’eau par habitant en 1960 à 700m3 actuellement, notamment avec la croissance démographique. Qui plus est, le Maroc perd 30.000 hectares par an de son espace forestier, selon Abdelmajid Tribak, expert environnement à l’Isesco.
Ce sont donc des solutions d’adaptation qu’il faudra chercher en premier lieu, afin d’éviter des conséquences écologiques lourdes pour le continent. Ceci dit, les flux financiers adressés aux projets d’adaptation demeurent banals par rapport à ceux destinés aux activités d’atténuation (énergies renouvelables, efficacité énergétique, etc.).
Selon Hamid Tawfiki, directeur général de CDG Capital et président de la Bourse de Casablanca, les fonds cumulés destinés aux activités d’adaptation, jusqu’à 2014, ne dépassent pas 25 milliards de dollars, alors que ceux dédiés aux projets d’atténuation dépassent 360 milliards de dollars dans le monde.
Le niveau actuel de financement de l’adaptation au changement climatique est de 3 milliards de dollars par an. C’est insuffisant, par rapport à un besoin de financement qui s’élève actuellement à 10 milliards de dollars et qui atteindra 95 milliards de dollars en 2050, selon la Banque mondiale.
L’écart entre les financements adressés aux deux activités émane, selon M.Tawfiki, d’une nouvelle conception de l’énergie, telle qu’elle est abordée dans les projets d’atténuation des effets du changement climatique: "L’énergie n’est plus considérée comme commodité abondante dans les pays du Sud (pétrole, charbon, etc.) , mais plutôt en tant que technologie, une innovation concentrée, surtout dans les pays du Nord". Et qui dit technologie ou innovation, dit investissement, surtout lorsque cette technologie est porteuse.
Autre raison de ce déséquilibre, l’opacité qui entoure les activités d’adaptation: "Le financement de l’adaptation est plus compliqué", souligne M.Tawfiki. "Il faut déterminer le périmètre de l’adaptation, les secteurs touchés, ses impacts, entre autres". En gros, il faut tracer les grandes lignes liées aux projets d’adaptation et plus concrètement, où ira l’argent des financements.
Pour M.Tawfiki, l’adaptation s’inscrit comme sujet important de la COP22, pour déterminer ses grandes lignes et tenter de converger vers un équilibre entre les flux financiers dédiés à chacune des deux activités, surtout que cette édition revêt une certaine dimension africaine.
Il espère également drainer des investissements privés vers des projets d’adaptation, même si "le public cherche l’essentiel et le privé cherche le rentable". Il suggère que les parties publiques ne financent pas les projets en totalité, mais supportent uniquement le risque inhérent à ces projets.
À découvrir
à lire aussi
Article : Coupe du monde 2026. Pourquoi l’équipe du Maroc était-elle méconnaissable face à la France ?
Le rêve des Lions de l’Atlas s’est brisé net face à une redoutable équipe de France, le jeudi 9 juillet à Boston, en quart de finale de la Coupe du monde 2026. Le manque de courses en profondeur et de poids dans le demi-terrain offensif n’a pas aidé les Lions de l’Atlas à se sublimer dans une rencontre où quasiment tous les indicateurs statistiques étaient en deçà de leurs standards.
Article : Bourse de Casablanca : le MASI gagne 0,37%
La Bourse de Casablanca a clôturé la séance du 10 juillet en hausse. Le MASI a progressé de 0,37%, dans un volume de 123,03 MDH.
Article : Houda Skali rejoint le directoire de Risma
Sur proposition du directoire, le Conseil de surveillance de Risma, réuni le 9 juillet 2026, a décidé de nommer Houda Skali, directrice des Opérations, en qualité de membre du directoire.
Article : Sécheresse, crises et pénurie de main-d'œuvre : l'étude d'évaluation de Génération Green officiellement lancée
Cinq années de sécheresse, la hausse du coût des intrants et une pénurie croissante de main-d’œuvre ont profondément changé le cadre dans lequel Génération Green avait été conçue. Lancée en 2020, la stratégie agricole va faire l’objet d’un bilan à mi-parcours, avec l’objectif d’identifier ses faiblesses et de redéfinir les priorités pour les années à venir. Ce que cette révision pourrait changer pour le secteur.
Article : Trottinettes électriques : casque, écouteurs, âge minimum… ce qui va changer
Face à la multiplication des trottinettes électriques et autres nouveaux engins de déplacement sur les routes marocaines, le Conseil de gouvernement a adopté un projet de décret modifiant le Code de la route. Circulation hors agglomération, transport des enfants, stationnement, véhicules immobilisés… Détails.
Article : Les prévisions météo pour le samedi 11 juillet
Voici les prévisions établies par la Direction générale de la météorologie pour le samedi 11 juillet 2026 : - Temps assez chaud sur le Sud-Est, […]