COP22: La dégradation de l’environnement coûte 33 milliards de DH au Maroc
La Banque mondiale a dévoilé les résultats d’une nouvelle étude qui détermine l’évolution de la dégradation de l’environnement depuis 2003. En un peu plus d'une décennie, la situation s’est améliorée, mais coûte encore très cher à la société marocaine et au budget de l'Etat.
Lors d’une conférence tenue ce mercredi 9 novembre, le représentant de la Banque mondiale, qui gère les programmes environnementaux Maghreb-Machrek, a présenté les conclusions d’une deuxième étude destinée à identifier les secteurs qui participent le plus à la dégradation de l’environnement au Maroc.
Intitulée "Evaluation du coût de la dégradation de l’environnement (CDE)", elle a été lancée en 2014 par le ministère de l’Environnement et la Banque mondiale, pour actualiser les données d’une précédente étude réalisée en 2003 par l'organisme international.
Comme partout ailleurs, la dégradation environnementale due à des facteurs exogènes et endogènes (pollution, émissions de gaz à effet de serre …) induit des coûts sociaux, économiques et environnementaux.
Elaborée pendant toute l’année 2014, elle a permis d’en savoir plus sur la dégradation environnementale, qui occasionne trois types de coûts:
- Social, à travers la morbidité et la mortalité dues à la pollution de l’air et aux pratiques inadéquates d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène.
- Economique, comme les pertes de production des forêts et des terres de parcours, dues aux défrichements sauvages.
- Environnemental, comme la réduction de la valeur récréative des plages, causée par la dégradation du littoral marocain et l’augmentation des déchets industriels.
La principale conclusion de la BM est que le coût de cette dégradation pour l’économie et la société marocaine a été estimé à près de 33 milliards de dirhams, soit 3,52% du produit intérieur brut (PIB).
Par ailleurs, dans le cadre de la COP22, dont la principale vocation est d’atténuer le réchauffement climatique, l’étude révèle que les dégâts causés par les émissions de gaz à effet de serre (GES) à l’environnement global (planète) ont coûté près de 1,62% du PIB.
En comparant ces deux taux, on se rend compte que les coûts marocains sont deux fois plus importants que ceux occasionnés à la communauté internationale. En d'autres termes, le Maroc ne participe pas beaucoup à la pollution de la planète, même si la détérioration de son environnement lui coûte encore cher.
Les deux facteurs les plus dégradants pour l’environnement marocain sont la mauvaise gestion des ressources en eau, qui coûte 12 MMDH et la pollution atmosphérique de l’air (10 MMDH).
Les CDE pour l’eau sont liés à la surexploitation des eaux souterraines et au déversement sauvage d’eaux usées industrielles. Pour diminuer l’impact sur l’environnement, les pouvoirs publics doivent mettre en œuvre une meilleure exploitation de ces ressources hydriques, notamment dans l’agriculture et obliger les industriels à arrêter de polluer les cours d’eau et nappes phréatiques.
La pollution de l’air a aussi un fort impact, en termes de coût (1% du PIB), à cause des particules fines libérées par la circulation dans les grandes villes du Maroc. Sans amélioration des modes de transport (bus et véhicules électriques), elle continuera à constituer un problème de santé publique.
L’étude pointe ensuite l’impact du défrichement et de la désertification sur les sols (5 MMDH soit 0,5% du PIB), les déchets municipaux qui ne font pas l’objet d’une collecte suffisante d’ordures (3,5 MMDH, 0,4% du PIB), et la gestion insuffisante des déchets dangereux comme les huiles usagées.
En comparant les résultats de l’étude de 2003 et celle de 2014, on constate cependant que la dégradation de l’environnement a sensiblement diminué en une décennie. L’étude fait état d’une tendance à la baisse de 20%, avec un CDE de 450 DH/habitant en 2000 contre 590 DH/h en 2014.
La Banque mondiale appelle donc les secteurs sensibles à poursuivre leurs efforts pour protéger l’environnement, tout en félicitant les programmes gouvernementaux pour les gains environnementaux engrangés depuis les résultats plus inquiétants de l’étude de 2003.
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