Législatives. Combien faut-il de voix pour gagner un siège?
SIMULATION PAR CIRCONSCRIPTION. Le découpage du territoire en circonscriptions électorales et l’attribution du nombre de sièges par circonscription est basé sur plusieurs critères dont le nombre d’habitants et l’étendue du territoire.
Les règles ne sont toutefois pas très claires, mais le résultat final fait consensus. Certaines circonscriptions peu peuplées ne sont pas forcément plus faciles que d’autres si elles sont très étendues et comprennent essentiellement une multitude de communes rurales très éparpillées.
Combien de voix dois-je assurer pour être certain de remporter un siège? C’est la question légitime que se pose n’importe quel candidat. Ainsi que les états-majors des partis qui doivent savoir allouer leurs ressources au mieux.
On verra que le calcul est complexe. Il est impossible de prévoir à l’avance ce nombre de voix, puisqu’il dépend de données qui ne seront disponibles que le jour du scrutin. C’est pour cela que nous avons procédé par une suite d’approximations plausibles, basées sur les précédents scrutins, ainsi que sur le recensement de 2014.
Le résultat est une fourchette dans laquelle s’inscrit le nombre de voix nécessaires. On verra que quelques milliers de voix suffisent parfois pour devenir député de la nation.
Les circonscriptions les plus exigeantes en nombre de voix sont Agadir Ida ou Tanane, Tanger-Asilah et Sidi Bernoussi.
Bonne lecture.
Hypothèses de calcul:
-Population globale: nous avons retenu 33.848.242 habitants, c’est le résultat du précédent recensement. Retenir ce chiffre signifie une double (petite) approximation:
*80.000 habitants sont des étrangers, donc ne votent pas.
*Depuis la date du recensement en septembre 2014, la population a évidemment connu une croissance.
-Taux de participation: au cours des élections de septembre 2015, communales et régionales, le taux était de 54%. Nous avons retenu ce taux comme le haut de la fourchette. Au bas de la fourchette, nous avons arbitrairement retenu un taux de 45%, en raison du fait que généralement, les législatives connaissent un taux de participation inférieur à celui des élections locales.
Nous avons enfin supposé que les taux de participation sont les mêmes dans toutes les circonscriptions, car il est impossible de faire autrement.
Nous avons retenu le nombre d’inscrits sur les listes électorales, 15,7 millions de personnes. Soit 46,45% de la population. Nous appliquons ce taux uniformément, car l’Intérieur n’a pas publié les répartitions régionales des inscrits.
-Nombre de votants: Nous avons appliqué les règles ci-dessus, puis nous avons retranché 8% de votants. En effet, au cours des communales, 900.000 votes ont été annulés soit 11,15% des votes. Nous avons supposé qu’une partie de ces votes ont été annulés en raison de la complexité du double vote (régionales, communales) et n’avons retenu que 8% de votes blancs ou annulés.
-Mode de calcul: une fois que nous avons une fourchette du nombre de voix pour une circonscription donnée, nous éliminons 10% des voix finales, correspondant approximativement au cumul des voix obtenues par des partis n’ayant pas atteint le seuil.
Le nombre global de voix restantes est divisé par le nombre de sièges, pour obtenir le quotient ou nombre de voix par siège. Ce quotient est le nombre de voix qui assure un siège. Ensuite, en raison du nombre important de partis, il reste toujours un ou plusieurs sièges non attribués, car il n’y a pas assez de quotients. On attribue alors les sièges restants au plus fort reste. C’est pour cette raison que la moitié du quotient suffit souvent à obtenir un siège.
En chiffres, cela signifie que si le quotient est de 13.000 voix, 6.500 voix suffisent souvent pour obtenir un siège.
Pour obtenir le nombre de votants par circonscription:
Nombre maximum: [population x 46,45% (taux d’inscription aux listes électorales) x 54% (taux maximum de participation)] x 92% (taux de bulletins valides)
Nombre minimum: [population x 46,45% (taux d’inscription aux listes électorales) x 45% (taux maximum de participation)] x 92% (taux de bulletins valides)
Pour les provinces sahariennes, il faut noter que les taux de participation sont historiquement les plus élevés du Maroc.
Le résultat est dans les tableaux.
Une lecture fine de la dernière colonne montre que l'abaissement du seuil de 6% à 3% n'a de sens que pour les listes nationales.
Source des chiffres: Recensement général de la population 2014, calculs de l’auteur.
à lire aussi
Article : Gouvernance : le Ministère public et l’INPPLC resserrent leur coordination anticorruption
Signée lundi 11 mai 2026 à Rabat, la convention prévoit un cadre durable d’échange d’expertises, de renforcement des compétences des magistrats et de protection des deniers publics, avec l’objectif d’améliorer l’efficacité de l’action institutionnelle face aux pratiques de prévarication.
Article : À Marchica, Nador mise sur l’E-Foil pour entrer dans le grand jeu du tourisme sportif
Du 8 au 10 mai 2026, la lagune a accueilli une étape de la Coupe du monde, une première sur le continent africain. Au-delà de la compétition, les organisateurs veulent installer le Maroc sur un circuit international de riders itinérants, avec déjà une possible escale à Rabat en 2027.
Article : À Nairobi, Emmanuel Macron qualifie l’éducation au Maroc de “modèle extraordinaire”
Lors du forum Africa Forward “Inspire & Connect”, le président français a salué les avancées du Royaume dans la formation primaire, secondaire et universitaire.
Article : Mardi 12 mai 2026 : le dirham se déprécie face au dollar
Ce mardi 12 mai 2026, vers 8 h 30, la première cotation centrale USD/MAD de la journée, telle que publiée par Bank Al-Maghrib (BAM), fait […]
Article : Tunnel de l’Ourika. Pourquoi ce projet à 10 milliards de DH peut changer le destin de tout le Sud-Est du Royaume
Reliant Marrakech à Ouarzazate, le tunnel de l’Ourika figure parmi les projets d’infrastructure les plus stratégiques du Maroc contemporain. Mais malgré les nombreuses relances, aucun calendrier de réalisation clair n’a encore vu le jour, alors que les études de faisabilité restent suspendues au creusement d’une galerie de reconnaissance. Le point sur un chantier à 10 milliards de DH, au croisement d’enjeux techniques, économiques et territoriaux.
Article : Le Maroc en retard sur le Nouveau Modèle de développement, la trajectoire actuelle est insuffisante (BM)
Cinq ans après le lancement du Nouveau Modèle de développement (NMD), le Maroc avance, mais pas encore au rythme requis. Les réformes engagées améliorent la trajectoire, sans suffire à atteindre les objectifs fixés pour 2035. Pour rattraper cette échéance, le pays doit combiner des marchés plus efficaces, des entreprises plus dynamiques et un investissement public mieux ciblé. Il doit aussi mieux intégrer les femmes et les jeunes au marché du travail.


