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CULTURE

Une auteure marocaine publie une étude sur les auteurs algériens en France

Une auteure marocaine publie une étude sur les auteurs algériens en France
Jules Crétois
Le 7 septembre 2016 à 11h43 | Modifié 7 septembre 2016 à 11h43

"Je n'ai qu'une langue et ce n'est pas la mienne, Des écrivains à l'épreuve" est sorti ce 7 septembre 2016, aux éditions Pauvert (France).

L'auteure franco-marocaine, Kaoutar Harchi, est jusqu'ici connue pour ses romans (A l'origine notre père obscur, L'ampleur du saccage...) Mais son dernier ouvrage est une étude de sociologie, en partie inspirée par sa thèse de doctorat. Elle y étudie le parcours de cinq romanciers algériens, Kateb Yacine, Assia Djebar, Rachid Boudjedra, Boualem Sansal et Kamel Daoud.

Harchi, dont l'ouvrage ne devrait pas tarder à agiter le petit milieu littéraire français, questionne les relations qu'entraînent ces auteurs non français avec le monde des lettres françaises. Des relations fortement marquées, selon elle, par le passé colonial. Les conclusions de Harchi sont éloquentes. Comme elle nous le confie, "la reconnaissance littéraire a peu à voir avec la littérature, c'est-à-dire le récit, l'intrigue, le style, mais davantage avec l'extra-littéraire". Pour elle, "la reconnaissance littéraire est une question politique", à la croisée des chemins entre prises de position de l'écrivain et contexte socio-politique français. "Le cas de l'écrivain Kamel Daoud est assez emblématique de cette logique" nous dit-elle. "La valorisation littéraire en France de son roman "Meursault, contre-enquête", en France, s'appuie sur un malentendu lié au fait que la version algérienne n'est pas exactement identique à la version française. Par ailleurs, suite aux évènements de Cologne (en 2016, ndlr), une frange de la droite intellectuelle médiatique a défendu selon une logique instrumentale Kamel Daoud, alors en conflit avec des chercheurs de l'EHESS. La littérature, de tout cela, est bien absente..." détaille t-elle.

Et Harchi d'imaginer que face à une littérature "dimension de l'identité nationale", il faut peut-être "imaginer une littérature française dénationalisée". 

"Je n'ai qu'une langue et ce n'est pas la mienne" risque de susciter un certain intérêt en France - alors que des intellectuels continuent de débattre sur des sujets comme l'immigration, le passé colonial ou encore l'islam - mais aussi en Algérie. En 2015 encore, Boualem Sansal, encensé par la critique en France pour son roman "2084" était l'objet de critiques vives au Maghreb.

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Jules Crétois
Le 7 septembre 2016 à 11h43

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