Méditel deviendra Orange “dans quelques mois”
Méditel deviendra Orange. “C’est une question de mois. Nous sommes entrés dans une phase de préparation active“, confirme Bruno Mettling, DGA d’Orange et CEO Orange Afrique Moyen-Orient (MEA). Avec d’autres confrères, nous l’avons croisé samedi au Maroc, en marge du Marrakech du rire, sponsorisé cette année par Orange.
Méditel-Orange est dans une phase de transition. En septembre, le nouveau DG Yves Gauthier prendra ses fonctions. Le rebranding sera une date importante, mais c’est surtout l’évolution du business model qui est dans tous les esprits.
Mise à jour : Méditel deviendra Orange le 9 décembre prochain
Bruno Mettling a effectué un passage rapide cette fin de semaine au Maroc. Sa réunion vendredi 3 juin avec les cadres de Méditel a fait forte impression en interne.
La filiale d’Orange dispose d’une lecture transversale des marchés des télécoms. Orange est opérateur n°1 ou n°2 sur les différents marchés où il opère, avec une forte présence en Europe, en Afrique et dans le monde arabe (Maroc, Tunisie, Egypte, Jordanie).
Au Maroc, comme ailleurs, les opérateurs vivent un “choc du business model“. La “voix s’effondre“. La marge qu’elle apportait ne sera pas remplacée dans les mêmes proportions par les autres produits.
En 2004, le revenu de la minute “voix“ était de 6 DH. En 2016, il est de 1,20 DH. En Europe, tous les opérateurs passent à l’illimité “voix“. Il faut trouver des relais et vite. Sinon, il sera impossible d’investir. Et si on investit, il faut être sûrs de pouvoir monétiser. Pour cela, “au Maroc comme ailleurs“, certains préalables sont nécessaires.
Après la voix, la croissance va être apportée par Internet. “Après avoir apporté la connectivité, nous allons accompagner la transformation digitale“, promet Bruno Mettling.
Deux pré-requis sont nécessaires: la règlementation et l’ouverture du marché du fixe. Par fixe, on entend ici l’Internet à haut débit ou très haut débit. En d’autres termes, l’ADSL et la fibre optique. Dans quelques années, le marché sera fait par la fibre optique, la 5G et les objets connectés.

Bruno Mettling (photo) était accompagné de collaborateurs d‘Orange et de Méditel, dont Taïeb Belkahia, DG par intérmin de Méditel. Au cours de cet échange informel qu’il nous a autorisés à citer, le régulateur marocain ANRT a été à plusieurs reprises loué et cela semblait sincère.
Par contre, et sans que cela soit exprimé ainsi, une impatience était perceptible concernant la mutualisation des infrastructures.
En d’autres termes, le fixe Internet (ADSL et fibre optique) sera déterminant dans le nouveau modèle économique. Ce segment qui croît de 15% à 18% par an, est dominé par l’opérateur historique (98% environ). Son ouverture est indispensable pour introduire une concurrence, améliorer le service, faire baisser les prix: “des milliers de TPE marocaines ont besoin d’accès Internet de qualité et à des prix compétitifs. Elles surpaient le service par rapport à des pays comme la Tunisie ou l’Egypte“.
Sur tous les marchés, l’ouverture de ce segment est passée par un partage des infrastructures existantes. “Personne ne construit un second réseau fixe“ [ Bruno Mettling]. Au Maroc, le réseau appartient à Maroc Telecom. Sur le plan règlementaire, le cadre relatif à ce partage a fini par être mis en place. Dans la pratique, les choses ne se passent pas forcément d’une manière fluide. C’est même le contraire, selon nos interlocuteurs, qui évitent de s’attarder sur le sujet.
Au final, Orange-Méditel:
-prépare le rebranding;
-maintient ses investissements prévisionnels de 7 MMDH “au minimum“ au Maroc, dans les prochaines années. L’opérateur a toujours investi “28% du CA“.
-poursuit son engagement à moderniser le secteur, après la 4G et les “forfaits plafonnés“;
-et considère que l’ouverture du marché du “fixe“ est un chantier majeur pour l’avenir des télécoms au Maroc.
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