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SOCIETE

Les violences dans les universités sont-elles dues à la disparition de l'UNEM?

L'agression de la jeune employée de la buvette de l'université de Meknès par un groupe d'étudiants appartenant à la fraction des baasistes remet la question des violences en milieu universitaire sur le devant de la scène. 

Les violences dans les universités sont-elles dues à la disparition de l'UNEM?
Amine Belghazi
Le 24 mai 2016 à 17h17 | Modifié 24 mai 2016 à 17h17

Rappel des faits: mardi 17 mai, la jeune employée de la cafétéria de l'université Chaimaa a subi les affres d'une foule remontée, décidée à la condamner publiquement selon ce qu'elle appelle les "coutumes universitaires". Les agresseurs ont molesté et rasé le crâne et les sourcils de la victime après lui avoir bandé les yeux. Un traitement dégradant et inhumain, qui met à nu des pratiques pourtant courantes dans certaines universités marocaines. 

Immédiatement après les faits, nombre de commentaires et d'analyses recueillis sur les réseaux sociaux auprès de personnes proches, jadis, des mouvements estudiantins, expliquent que la violence est apparue après le démantèlement de l'Union nationale des étudiants du Maroc (UNEM).

Créé en 1956, l'UNEM est passé par quatre phases majeures, jusqu'à son gel en 1979, suite à l'échec du 17e congrès national. Durant les cinq premières années de son existence, le syndicat estudiantin  a apporté son soutien à la cause nationaliste. La deuxième phase a démarré dès le début des années 60, cette époque a été marquée par une montée de la violence jusqu'aux événements du 23 mars 1965. Cette date a marqué le début de l'enracinement des courants marxistes au sein des mouvements estudiantins, et annonce la troisième grande phase de la vie de l'organisation, avec l'apparition du mouvement "Ila Al Amame", qui a adopté une position radicale et un discours hostile à l'égard du régime.

La dernière phase, celle du déclin, a été marquée par l'apparition de groupes islamistes dans les universités marocaines. Cette période s'est accompagnée d'une montée de la violence entre ces groupes et les différents éclatements de la gauche radicale, sonnant le glas de l'UNEM.

C'est à partir de ce moment là que les différents groupes ou groupuscules, livrés à eux-mêmes, se sont unis, combattus ou scindés au gré des accords et des désaccords. Aujourd'hui, la fraction "Al Barnamaj Al Marhali" née dans le sillage des baasistes de la "Voie Démocratique" est considérée comme l'une des branches les plus radicales et les plus violentes. Mais y a-t-il pour autant une relation directe entre la fin de l'UNEM et la montée de la violence dans les universités?

Selon le Conseil national des droits de l'homme (CNDH) ce lien est établi. Une étude sur la violence en milieu universitaire réalisée en 2014 tend à démontrer que les universités qui ont existé du temps de l'UNEM (Fès, Marrakech...etc.), et qui ont vécu l'embargo exercé par l'Etat sur le syndicat étudiant, connaissent plus d'actes de violences que les universités récemment construites. 

Cette même étude insiste sur la responsabilité de l'Etat dans la montée des violences dans le milieu universitaire, à travers le traitement inéquitable réservé à tel ou tel autre groupe d'étudiants, ou à travers le recours excessif à la violence durant les manifestations. Pour le CNDH, enfin, le gel de l'activité de l'UNEM depuis 1979 contribue à alimenter les violences entre groupes d'étudiants. 

 

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Amine Belghazi
Le 24 mai 2016 à 17h17

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