Ouverture du 22e Festival des musiques sacrées à Fès
La Princesse Lalla Salma, accompagnée de Cheikha Mozah Bint Nasser, a présidé, vendredi soir à Fès, la cérémonie d'ouverture du 22e festival de Fès des musiques sacrées du monde, organisé autour de la thématique "Femmes fondatrices".
Le concert inaugural du festival, "Ciel plein d’étoiles", se voulait un hommage exceptionnel aux femmes mythiques de l'Orient et du Maroc dont les histoires ont été contées par Shéhérazade.
Pour commencer cette fête, chacune de ces femmes est incarnée par une artiste rare, à travers des projections audiovisuelles qui ont proposé à l'aide d'un grand orchestre une traversée dans le temps et l'imaginaire.
Mis en scène et conçu par Alain Weber, ce spectacle relate, sur le mode métaphorique, les destinées de femmes légendaires, de leurs rêves et combats.
Chants, musiques, danses, rehaussés par la magie du mapping et les rythmes et harmonie d'un grand orchestre, ont assuré à cette soirée un éclat et une atmosphère particuliers.
Au terme de cette soirée, la Princesse Lalla Salma et Cheikha Mozah Bint Nasser ont été saluées par un grand nombre d'artistes ayant participé à ce spectacle inaugural.
A l'instar des éditions précédentes, le Festival des musiques sacrées du monde offre un florilège d'expressions musicales des différentes traditions et cultures du monde, des concerts gratuits au grand public et des soirées soufies, ainsi que d'autres activités pédagogiques.
Cette édition sera l’occasion pour rendre hommage à ces femmes bâtisseuses à travers une création originale et des artistes venus de plusieurs pays, notamment les Marocaines Samira Saidet Hindi Zahra, l'Iranienne Sahar Mohammadi, l'Irakienne Farida Muhammad Ali, la Malienne Oumou Sangaré ou encore la Réunionnaise Christine Salem et la Brésilienne Virginia Rodrigues.
Cette édition se veut le reflet des différentes facettes du monde féminin au coeur de la musique et des arts, dans la mesure où chacune des invitées se fait l'écho de la notion de savoir symbolisée par Fatma El Fihriya, autrement nommée Oum El Banine, à l'origine de la construction de la mosquée et de l’université Al-Qaraouiyîne de Fès.
Outre "Ciel plein d'étoiles", trois autres créations, "Durbar", "The King of Ghosts" et "Istanbul (..) Fès", seront initiées, érigeant la capitale spirituelle du Royaume en une terre où héritage et devenir sont intimement liés.
Chaque édition mettra dorénavant en valeur un pays particulier. Cette année, l'Inde, dont de nombreux contes des Mille et une nuits sont d'ailleurs originaires, présentera son génie créatif.
Les fastes des cours des palais des maharajahs et nababs d'antan auront permis l'émergence et la continuation d'une tradition et d'un savoir uniques, qui seront exposés lors d'une joute musicale, "Durbar", présentée sur la majestueuse scène de Bab Makina.
Une Nuit de la médina, spécialement consacrée à l'art du raga parachèvera cette immersion, qui fera découvrir au public la réalité virtuose et contemplative de la musique dite classique à l'occasion de ces salons de musique.
Ce périple nocturne connaîtra son point d'orgue avec le projet "The King of Ghosts", en unissant une équipe artistique indo-britannique et un orchestre marocain. Ce ciné-concert fait renaître au fil d'une partition originale un petit bijou du plus grand des cinéastes indiens, Satyajit Ray. Soumik Datta, virtuose du luth sarod, y personnifiera par son jeu détonnant Goopy et Bagha, héros aux aventures rocambolesques.
Le festival sera aussi l'occasion pour de jeunes prodiges des castes manghaniyars et langas, poètes et chanteurs du désert du Rajasthan rassemblés dans l'ensemble "Chota Divana", de présenter un art vocal d'une rare beauté, aux enfants des écoles de Fès.
Autre nouveauté 2016, le festival déploiera son aura jusqu’au cœur de la médina et son rayonnement s'étendra au-delà de ses lieux traditionnels.
Ainsi, le magnifique jardin Jnane Sbil, récemment rénové, accueillera les concerts de 16h30, ainsi que le forum de Fès, créant un nouvel axe reliant la médina, Bab Al Makina et la Place Boujloud.
Marionnettes géantes de l'Afrique sillonnant les ruelles de la médina de Fès, parcours musical initiatique à la découverte des fontaines de la médina et de la bibliothèque de l'Université Qaraouiyyîne, d'après une idée de l'architecte Aziza Chaoui et de l'artiste Susie Ibarra, Caravane Taragalte du Sud marocain installée à Jnane Sbil, résonneront par leur démarche nomade avec la beauté urbaine et architecturale de la cité.
A l'instar des autres étoiles de la chanson marocaine, que le Festival des musiques sacrées a accueillies dans le passé, la star marocaine Mahmoud Al Idrissi sera également présent à Fès, aux côtés de la chorale régionale de Fès, H-Kayne, Batoul Marouani, Mourad Bouriki, Lamia Zaidi, Najat Atabou, l'orchestre Khalid Ali, Reda Taliyani, Abdellah Yacoubi et Aminux.
Cette 22e édition du "Forum de Fès", une âme pour la mondialisation qu’accueillera le mythique jardin "Jnan Sbile" se déclinera en deux parties : la première journée sera confiée au groupe l'Obs – Le Monde qui associera une pléiade d’intellectuels, femmes et hommes, à une réflexion sur la thématique générale de l'édition "Les Femmes fondatrices".
Les deux journées suivantes seront animées par le philosophe Yves Michaud et Mohamed Metalsi, doyen de la faculté des sciences humaines de l’Université euro-méditerranéenne de Fès, où il sera, notamment, rendu hommage à Fatima Mernissi, sociologue, enfant de Fès, décédée récemment.
Outre la place historique de Bab Makina, Jnane Sbil, la salle de la préfecture, le complexe culturel Sidi Mohamed Ben Youssef, Dar Adyel, Dar Bensouda et d'autres sites accueilleront les nombreux ensembles et artistes représentant différentes régions et cultures du monde, tout en réservant les espaces qu’ils méritent aux jeunes et prometteurs talents nationaux.
Programme et billeterie ici.
à lire aussi
Article : Le Canada reconnaît le plan d’autonomie proposé par le Maroc comme base pour une solution du différend régional autour du Sahara marocain
Le Canada "reconnaît le plan d’autonomie" proposé par le Maroc "comme base pour une solution mutuellement acceptable" au différend régional autour du Sahara marocain.
Article : Secteur privé. Le grand manque à gagner pour l’économie marocaine (Banque mondiale)
La Banque mondiale accorde une large place au secteur privé dans son rapport croissance-emploi sur le Maroc. Si le Royaume a su préserver une stabilité macroéconomique et maintenir un niveau d’investissement élevé sur les deux dernières décennies, cette dynamique ne se traduit pas suffisamment en productivité, en emploi formel durable et en revenus privés.
Article : Chatbot Médias24. La Banque mondiale publie son diagnostic du secteur privé au Maroc
Le rapport "Diagnostic-pays du secteur privé", élaboré par le Groupe de la Banque mondiale et publié ce mardi 28 avril 2026, vise à identifier les opportunités d’investissement privé inexploitées ainsi que les obstacles connexes. Il analyse les moyens de stimuler l'investissement privé au Maroc pour favoriser une croissance inclusive et créer des emplois de meilleure qualité. Explorez le document via ce chatbot.
Article : Hydrocarbures au Maroc. Et si l'on cherchait au mauvais endroit ?
Et si le Maroc était à l'aube de son "moment norvégien" ? Une étude scientifique récente plaide pour un changement de paradigme des cibles d’exploration offshore au Maroc et révèle que les ressources les plus importantes pourraient se cacher dans des cibles négligées jusqu'alors. Un pari à tenter ?
Article : Christopher Landau à Alger : le Sahara marocain au cœur des échanges, sur fond de soutien croissant à l’autonomie
La visite du secrétaire d’État adjoint américain Christopher Landau à Alger intervient dans un contexte de consolidation des soutiens internationaux à la souveraineté du Maroc sur le Sahara, alors que Washington maintient sa position en faveur de l’initiative marocaine d’autonomie.
Article : Enseignement supérieur. La promesse d’une hausse de 1.000 DH nets remise en cause ?
La revalorisation salariale de 1.000 DH annoncée dans l’enseignement supérieur suscite de vives tensions avec les syndicats. Les modalités de calcul de cette augmentation sont jugées inéquitables et engendrent des disparités importantes entre les fonctionnaires.