Malgré la COP22, Casablanca n'arrive pas à fermer la décharge de Médiouna
Le projet de création d'une nouvelle décharge à Casablanca connaît de nouveaux obstacles. Les propriétaires du terrain convoité par la Ville refusent de vendre. Situation catastrophique, à la veille de la COP22.
C’est difficile à croire. Et pourtant, c’est vrai. Le Maroc, pays qui reçoit le plus grand événement climatologique et écologique de la planète, n’arrive pas à régler le problème de la décharge de sa ville-vitrine, Casablanca.
La ville "blanche" continue à utiliser une décharge sauvage, à Médiouna, où les détritus s’amoncellent et baignent dans des mares de lixiviat.
Imaginez que l’un des 20.000 participants à la COP22 s’égare au mois de novembre prochain, du côté de Médiouna, ce qui est tout à fait possible. Que va-t-il constater?
3.500 tonnes d’ordures qui dont déversées chaque jour dans cette décharge. On compte 1.000 voyages quotidiens de camions. 15.000 à 20.000 têtes de bétail utilisent la zone comme pâturage (illégal).
Les déchets dégagent des gaz, dont une partie est brûlée sur place. Ces gaz, extrêmement toxiques, se répandent tous les jours et toutes les nuits, en fonction du vent, vers Lahraouyine, Californie et Bouskoura Green Town (si, si, la "ville verte"). Les déchets sont stockés sur une hauteur de 45 mètres des deux côtés de la route, risquant à tout moment un glissement de terrain. La nappe phréatique est contaminée d’une manière probablement irréversible.
En novembre 2016, date de la COP22, cela ferait un sujet de reportage pour Le Petit Journal de Canal+.
Surtout qu’à cette date, la décharge actuelle de Médiouna sera saturée et ne pourra plus être utilisée.
Comment la ville a-t-elle pu laisser faire?
Cela fait au moins 12 ou 15 ans que tous les responsables locaux ou régionaux disent que la décharge de Médiouna, à Casablanca, est une priorité. Mais le dossier n’avance pas.
Houcine Nasrallah, conseiller de la ville et président de la commission de l’urbanisme, de l’aménagement du territoire et de l’environnement, ne cache pas son inquiétude. Joint par Médias 24, il nous explique que la question a fait l’objet mercredi 12 avril, d’une longue réunion au sein du Conseil de la Ville et plus particulièrement dans le cadre d’une commission mixte relative à l’urbanisme, à l’environnement et aux services publics.
M. Nasrallah a refusé de nous fournir le compte rendu de la réunion et des échanges qui ont eu lieu, mais il reconnaît qu’il y a un très grave problème: les propriétaires du terrain que la Ville souhaitait acquérir pour y construire une nouvelle décharge aux normes internationales avant de réhabiliter l’ancienne, refusent désormais de vendre.
Le prétexte est juridique: après le 31 décembre 2015, le compromis de vente ne leur est plus opposable, car c’était la date butoir pour que la Ville dépose les sommes promises chez le notaire. Selon nos sources, les montants convenus ont bien été débloqués, mais nous n’avons pas pu vérifier s’ils ont été déposés dans les temps.
M. Nasrallah nous confirme bien cette rétractation des vendeurs, qu’il déplore. Pour lui, la situation est “gravissime“. Surtout que pour aménager une nouvelle décharge, il faut un délai d’une année au minimum.
Selon nos sources, la commission mixte s’est réunie le mercredi 12 avril pendant 7 heures, sans discontinuer. La situation est prise très au sérieux. Médias 24 continuera à suivre ce dossier.
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