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ECONOMIE

Maroc. 300.000 touristes russes en 2018 et un million en 2026?

Quelques semaines après la visite royale en Russie, plus de 300 journalistes et voyagistes russes ont visité la ville d’Agadir. La réunion de facteurs conjoncturels et politiques laisse penser que le flux touristique russe vers le Maroc va fortement s’amplifier dans les prochaines années 

Maroc. 300.000 touristes russes en 2018 et un million en 2026?
Samir El Ouardighi
Le 12 avril 2016 à 16h51 | Modifié 12 avril 2016 à 16h51

L’invitation lancée par l’ONMT a permis de présenter les potentialités du Maroc à la presse, aux tours opérateurs, aux officiels et aux célébrités russes qui se sont déplacés à Agadir entre le 6 et le 10 avril.

L’objectif étant de convaincre les indécis pour pouvoir drainer 300.000 touristes dès 2018, car fort de ses 20 millions de touristes/an, le marché russe en a envoyé à peine 50.000 vers le Maroc en 2015.

300.000 visiteurs russes en 2018, un objectif raisonnable

Dans une déclaration à Médias 24, Said Mouhid, président de l’observatoire du tourisme, affirme que l’optimisme des opérateurs s’explique par la conjonction de plusieurs facteurs favorables au Maroc.

"Le premier est d’ordre conjoncturel, car les tensions de la Russie avec la Turquie et le risque sécuritaire en Egypte font que ces destinations traditionnelles russes sont en perte de vitesse. Le Maroc est en mesure de récupérer une partie non négligeable du trafic russe vers ces deux pays, qui drainent respectivement 4 millions et 2 millions de touristes par an".

Pour capter une bonne part de la désaffection russe vers leur destination de prédilection, le Royaume doit s’adapter à cette nouvelle clientèle et développer l’ouverture de nouvelles lignes aériennes.

"Nous disposons de 3 vols hebdomadaires de la RAM entre Casa, Moscou et Saint-Petersbourg, mais des négociations sont en cours pour que 2 gros porteurs russes desservent Marrakech et Agadir".

"Sans compter les Russes transitant par Paris ou Londres, la capacité aérienne de ces lignes directes assure un potentiel d’au moins 75.000 clients pour la première année avec des avions pleins à 80%".

Si le produit marocain plaît aux Russes et qu’il y a ouverture de nouvelles lignes aériennes, notre interlocuteur poursuit que l’objectif des 300.000 touristes peut être atteint en moins de trois ans.

Hormis le critère quantitatif, l’intérêt pour ce marché s’explique par sa consommation élevée de nuitées. Les 30.000 Russes qui ont visité le Maroc en 2014 ont ainsi consommé 168.000 nuitées, soit une durée moyenne de séjour de 6 jours par visiteur.

Entre les 30.000 touristes russes et 30.000 touristes français qui restent en moyenne deux ou trois jours au Maroc, la différence de recettes engrangées par les opérateurs est donc beaucoup plus importante.

Le choix d’Agadir pour accueillir la délégation russe ne s’est pas fait par hasard, car les Russes qui se rendent d’ordinaire à Izmir ou Charm El Cheikh sont de gros consommateurs de tourisme balnéaire.

Bien qu’ils veuillent récupérer à Agadir une partie du trafic touristique russe qui se rend en Turquie ou en Egypte, les opérateurs marocains veulent aussi attirer une clientèle haut de gamme, davantage rémunératrice dans des villes comme Marrakech.

Le président Poutine a ouvert les vannes du tourisme russe vers le Maroc

L’autre facteur plaidant pour une augmentation du trafic russe vers le Maroc est d’ordre politique.

Lors de la réception de la délégation par les officiels marocains, Valery Vorobiev, ambassadeur de la Fédération de Russie, a vanté devant ses concitoyens l’exception marocaine, en déclarant que "le Maroc est l’une des destinations touristiques les plus sûres en Afrique du Nord et au Moyen-Orient."

Pour Said Mouhid, ces encouragements sont à mettre au crédit de la récente rencontre entre le Roi du Maroc et le Président Vladimir Poutine, qui a déclaré à cette occasion que «si dans le passé, les relations entre nos deux pays étaient bonnes, elles sont désormais excellentes".

La volonté politique commune de développer les échanges commerciaux constitue donc une chance historique pour le Maroc de devenir la nouvelle destination de prédilection des touristes russes.

Interrogé sur le volume que pourrait prendre à l’avenir le flux russe vers le Royaume, le président de l’observatoire du tourisme n’exclut pas qu’il atteigne le million de touristes dans moins de dix ans.

Se basant sur son expérience et sur les propos de Valéry Korovkine, directeur de l’Agence fédérale russe du Tourisme, Mouhid confirme que le Maroc dispose des atouts nécessaires pour constituer un recours par rapport aux destinations traditionnelles turque et égyptienne, désertées par les touristes russes.

«Pour y arriver, nous devons rapidement ouvrir de nouvelles lignes aériennes et développer notre capacité de séjour d’hiver à Agadir et dans d’autres stations balnéaires, comme Saidia ou Taghazout.»

Même si Mouhid affirme que le Maroc privilégie tous les marchés étrangers, il n’empêche que le récent rapprochement entre le Maroc et la Russie ouvre des perspectives inédites, voire une opportunité historique pour les opérateurs marocains.

Selon un membre de l’ambassade russe à Rabat joint par notre rédaction, le voyage de cette délégation de célébrités, de journalistes et de TO qui a été très médiatisé en Russie, aura certainement une incidence positive sur la décision des touristes russes de se rendre au Maroc. 

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Samir El Ouardighi
Le 12 avril 2016 à 16h51

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