Ailerons de requin. Les nouvelles mesures de traçabilité paralysent les exportateurs
Depuis juin 2015, date d’entrée en vigueur de la nouvelle circulaire sur la traçabilité, les exportations de ce sous-produit sont bloquées.
Les exportateurs d’ailerons de requin, de cartilage, de concombre de mer et d’huile de foie de requin montent au créneau. Ils dénoncent leur assujettissement à la circulaire sur la traçabilité des produits de la pêche, entrée en vigueur en juin 2015. « L’activité est à l’arrêt depuis 8 mois. La circulaire soumet les sous-produits de la mer aux mêmes obligations que le poisson frais destiné au marché européen. C’est inadmissible», lance l’un d’entre eux.
Il faut savoir que dans le cas des ailerons de requin, produit très prisé en Asie, la vente de la chair est indépendante de celle des ailerons. «La grande partie est exportée illégalement à l’état frais ou congelé, sans être déclarée en tant que tel. Le prix des ailerons peut atteindre jusqu’à 10 fois celui de la chair. La circulaire ne fera qu’empirer les choses en paralysant les opérateurs agréés et en encourageant l'informel», explique la même source.
Le gros des exportations informelles est écoulé en Espagne qui à son tour les réexporte avec les ailerons de requins capturés par ses flottes. Le voisin ibérique est d’ailleurs le premier exportateur mondial de ce produit.
Selon une source autorisée, «la circulaire vise à lutter contre la pêche illicite. A ce jour, le seul segment qui peine à se conformer aux nouvelles dispositions est celui des ailerons de requin». Et d’ajouter, « il n’est pas possible de leur donner une dérogation. Et quand bien même elle leur sera accordée, le blocage viendra des importateurs très regardants sur les conditions d’hygiène et de traçabilité ».
Aujourd’hui, ces opérateurs sont dans l’impossibilité de présenter des ETA (états de traçabilité acheteur), condition sine qua non pour exporter. Pour pouvoir en disposer, il leur faudra acheter le requin en entier, et non plus se contenter de « chutes ». Autrement dit, il faudra changer d’activité, réplique un opérateur.
Une réunion entre le ministère de tutelle et les armateurs est prévue pour fin mars, afin de discuter des pistes à envisager pour régler ce problème. Vendre les ailerons directement aux exportateurs, sans passer par les intermédiaires, est envisagée. Une solution qui leur permettra de disposer des ETA exigés.
Le secteur compte 7 opérateurs. La pêche du requin porte sur quelque 3.000 Tonnes, dont 30 à 40 t pour les ailerons.
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