Medef-Maroc: formation et business du développement durable
La délégation du MEDEF, composée de plus de 100 chefs d’entreprises et responsables universitaires, a clos sa 13e visite au Maroc par une conférence de presse à Rabat vendredi, en fin de journée.
Le président Pierre Gattaz s’est refusé à avancer toute annonce concrète de contrats conclus, invoquant “le nécessaire temps long et la confiance qui doit s’installer“ entre les entreprises. «Les gens sont globalement contents et je sais qu’une proportion parmi eux voudront revenir» a –t-il indiqué à une question de Médias 24.
Ce discours volontairement général et «protecteur» des intérêts des entreprises françaises, confrontées à une forte concurrence sur le marché marocain, cache une volonté d’attendre la conclusion de plusieurs négociations en cours.
Médias 24 a pu apprendre de sources patronales françaises qu’au moins deux projets d’installation industrielles sont en négociation et des accords de partenariat dans le domaine des technologies informatiques ont été conclus.
Plus de détails devraient sortir à la lumière du jour, une fois la délégation rentrée à Paris et les débriefings d’usage effectués.
Accent sur la formation
En revanche, Pierre Gattaz, qui était accompagné lors de sa conférence des responsables du Club France-Maroc, Xavier Beulin du groupe Avril (Huiles Lesieur) et de Jean-Paul Herteman. Le président du conseil d’administration du prestigieux Conservatoire national des arts et métiers, a insisté sur le volet formation et compétences.
Assez exceptionnellement, la délégation du Medef en visite à Tanger, Casablanca et Rabat cette semaine comprenait des représentants* des IUT de France, des Arts et métiers, de l’Institut supérieur de l’électronique de Paris, de Sciences-po et de la Conférence des présidents d’universités françaises. Pas moins de 10 établissements étaient représentés.
Ceci n’a pas empêché le patron du groupe, Avril Xavier Beulin, de constater que «ce qui est précieux ici au Maroc pour les investisseurs, c’est l’existence d’un niveau de compétences avéré».
Les délais du paiement cités parmi les faiblesses du Maroc
Interrogés sur les atouts, les forces et les faiblesses de l’offre marocaine à destination des investisseurs, Pierre Gattaz a cité «une élite performante et une formation générale satisfaisante, des faiblesses dans le middle management et des délais de paiement qui peuvent dépasser une année».
Autant Gattaz que Beulin ont loué «l’impulsion économique que créent la mise en place de filières industrielles, énergétiques et agricoles et la définition de plans stratégiques en matière d’industrie automobile, d’énergies renouvelables et de numérique». «Le Maroc arrive à se faire connaître et reconnaître en Afrique aujourd’hui» a indiqué Beulin, dont le groupe est leader en matière d’huiles alimentaires au Maroc.
L’Afrique en filigrane
«Le Maroc devient sérieux en matière industrielle; il devient progressivement un hub pour se développer en Afrique», a souligné le patron de Lesieur, dévoilant ainsi un axe de travail sur lequel les entreprises marocaines et françaises planchent de plus en plus: comment travailler plus, mieux et ensemble sur les marchés africains?
Les activités et affaires liées à la problématique du développement durable devaient constituer le prochain nouvel axe de développement des échanges entre entreprises françaises et marocaines. Celles-ci souhaitent dès à présent travailler sur la mobilité, l’énergie renouvelable, la construction durable et approfondir la coopération en matière de services urbains et dupliquer ce travail sur les marchés africains.
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