8 Mars: La BVC sonne la cloche en faveur de la parité
Près de 11% seulement, c’est la proportion des femmes dans les conseils d’administration des entreprises cotées à la Bourse de Casablanca en 2013. Un taux bas, alarmant et constituant une entrave à l’accès des femmes à des postes de responsabilité dans les entreprises.
"Je suis la seule femme à diriger une société cotée en Bourse au Maroc. Ce n’est pas normal," s’est indignée Miriem Bensalah Chaqroun, présidente de la CGEM et DG de la société les Eaux minérales d’Oulmès, lors de la cérémonie «Ring the Bell for Gender Equality» (Sonner la cloche pour l’égalité des genres), organisée en marge de la journée internationale de la femme à la Bourse de Casablanca.
L’événement, auquel la place casablancaise a pris part avec 34 autres places financières à travers le monde (New York, Istanbul, le Caire, etc.), est une initiative de la Société financière internationale, filiale de la Banque mondiale, visant à appeler la communauté financière internationale et le secteur privé à favoriser l’accès des femmes à des postes de responsabilité.
«Nous sommes honorés de prendre part à cette initiative, qui symbolise notre engagement à promouvoir l’égalité des genres au sein de notre institution, en particulier et plus globalement, au sein du marché financier marocain», a déclaré Karim Hajji, DG de la Bourse de Casablanca.
Il souligne les avancées cruciales que son institution a réalisées en la matière: la Bourse de Casablanca a en effet entamé depuis quelques années des démarches pour assurer l’égalité des genres. Ainsi, les femmes représentent actuellement 50% de son effectif, contre 38% en 2012. Par ailleurs, plus d’un tiers de ses cadres dirigeants sont des femmes.
Pour cet évènement, la BVC s’est associée à deux institutions engagées sur la thématique de l’accès des femmes aux postes de responsabilité: le Club des femmes administrateurs Maroc (CFA Maroc), et l’Institut marocain des administrateurs (IMA), qui est le seul institut de la région MENA à intégrer une session de «Gouvernance au féminin» dans ses programmes de formation.
Les femmes encore victimes des préjugés
Selon M. Hajji, les préjugés «injustes et infondés» demeurent les principales entraves à l’accès des femmes aux postes de responsabilité dans les entreprises.
Ce constat s’explique, selon Marc Lamy, directeur du centre Electronic Data Systems, par un machisme ancestral, renforcé par un héritage sociologique et culturel, qui donne naissance aux préjugés quant à la performance féminine dans des postes à haute responsabilité.
La solution? Selon M.Lamy, c'est l’instauration de quotas garantissant aux femmes une part dans les postes de top management. Il s’inspire à cet égard de la France, qui affiche 34% en proportion de femmes membres des conseils d’administration des entreprises cotées, suite à la promulgation d’une loi allant dans ce sens en 2012.
Néanmoins, il avoue que la solution ne plaît pas à tout le monde: «Je sais qu’il y’a des femmes qui ne sont pas favorables aux quotas, parce qu’elles considèrent que pour qu'elles s'imposent, on ne mise pas sur leurs compétences», note-il.
Mais il semblerait que dans un premier temps, l’instauration d'une discrimination positive pourrait dévoiler les compétences et atouts des femmes dirigeantes, mais également inciterait à se pencher sur d'autres aspects problématiques de la situation des femmes en entreprise, comme la question des écarts salariaux. «Une étude de la Banque mondiale révèle qu’il faudra 70 ans pour rattraper les écarts salariaux entre hommes et femmes», a rappelé Mme Bensalah-Chaqroun.
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