Immobilier. Le référentiel des prix critiqué
Plus d’un an après le lancement du premier référentiel immobilier à Casablanca indiquant les prix moyens de vente constatés, son utilisation comme argument de négociation est avérée, ce qui n'est pas toujours apprécié.
Pour Karim Tazi, DGA du cabinet A.Lazrak, cet argus permet de structurer le marché immobilier et peut servir d’indicateur pour les professionnels du secteur. En revanche, «il a ralenti les transactions. Au lieu de négocier entre les deux parties (vendeur et acheteur), le référentiel a été introduit comme 3e partie dans les négociations».
La table de négociation est désormais dictée également par le référentiel. Les prix du document publié par la DGI sont utilisés comme un argument de vente ou d’achat. «Si le référentiel arrange le vendeur, il le présente à l’acheteur. Si par contre, l’acquéreur constate que le prix du vendeur est au dessus du prix sur la grille, il l’utilise pour se mettre en position de force».
Selon Driss Fina, expert en immobilier et professeur-chercheur au sein de l’Institut national de statistique et d’économie appliquée (INSEA), joint par notre rédaction, "c’est une démarche anti-économique. Ce document ne laisse pas le marché fonctionner correctement. On peut faire un référentiel de tomates ou de poulets, mais pour l’immobilier, c’est très compliqué, car un logement diffère par rapport à un autre».
Pour sa part, le Centre Marocain de conjoncture (CMC) s'intéresse au sujet et publie, dans sa note de conjoncture du 1er mars 2016, "l'instauration des prix de référence pour les transactions foncières enfreint à la liberté des marchés et réduit le foncier à un secteur administré".
A-t-il par ailleurs provoqué une hausse des prix?
"Le référentiel ne déclenche pas de hausse ou de baisse des prix", répond tout de go Driss Fina.
Même son de cloche auprès de toutes les personnes que nous avons interrogées dans la sphère immobilière, y compris les agences immobilières et les promoteurs. Leur réponse est «non».
«Le référentiel n’a pas provoqué de hausse des prix, ni de baisse d’ailleurs. Ce qu’il y a, c’est que ce document est sorti à un moment où le marché était sur une tendance baissière. On peut donc facilement penser à une hausse des prix», affirme Rachid Khayatey, vice-président de la FNPI et président de l’association des promoteurs immobiliers, contacté par Médias 24.
Et c’est là où résident les limites du référentiel immobilier. Les données de l’argus sont annuelles, alors que le marché immobilier est en mouvement continu :
«Le référentiel donne les prix à un instant T. Si le marché est sur une tendance baissière, on aura l’impression d’avoir une hausse, et s’il est à la hausse, on pensera à une baisse des prix. Il ne faut pas oublier également que ce référentiel s’est basé sur les prix de 2013», explique M. Khayatey.
Selon Karim Tazi, il est difficile de faire incomber l’évolution des prix au référentiel. «On ne peut pas généraliser. Il y a des types de biens qui subissent une baisse et d’autres qui sont plus demandés, mais on ne peut pas dire que cela est dû au référentiel immobilier».
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