Hommage. Leila Alaoui, l’artiste-militante baroudeuse
Le Maroc est sous le choc, suite à la mort de la photographe et vidéaste Leila Alaoui. Hommage à un être de passion et de devoir.
Leila Alaoui est née en 1982 à Paris, de père marocain et de mère française. Après avoir effectué sa scolarité secondaire à Marrakech, au lycée Victor Hugo, elle s’envole pour New York à 18 ans où, pendant 8 ans, elle étudia les sciences sociales et le cinéma. C'est là où elle débuta, en même temps que dans la photo, travaillant notamment sur un film de Spike Lee.
Elle reviendra au Maroc en 2008, projetant uniquement de se ressourcer pendant quelques mois. Elle reçut un financement pour faire un projet sur les jeunes migrants, qui a duré 6 mois. Sa cause et sa carrière étaient lancées.
Elle retourna aux Etats-Unis, s'y sentant plus "chez elle" qu’au Maroc, où elle était considérée comme une Française, alors qu'"en France, on la voyait plus comme une Marocaine".
Ses deux thèmes de prédilection, l’identité culturelle et la migration, étaient donc bien plus personnels qu’il n’y paraît à première vue.

La photographe ne se voyait pas comme une artiste mais plus comme une militante. Elle travaillait sur l’abstrait, en alliant symbolique et esthétique. Et recueillait des témoignages de migrants, ce qui ajouta de la poésie et de la profondeur à son travail.
S’intéressant aux minorités, elle débuta par les Subsahariens qui immigraient au Maroc. Sa plus grande lutte était en fait le racisme, ne comprenant pas que les Marocains, qui en souffrent à l’étranger, puissent en faire pâtir leurs voisins d’Afrique. Tout en pensant que cela n’avait absolument rien avoir avec la politique, mais plus avec un problème d’éducation et d’ignorance. Elle soulignait, au passage, les efforts continentaux du Roi Mohammed VI ainsi que sa vision.
D’ailleurs, Mohammed VI a décidé de prendre en charge le transfert de la dépouille de la défunte.
Leila est morte trois jours après les attentats d’Ouagadougou dont elle fut l’une des victimes.
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