Comment tirer les dividendes du numérique: le rapport 2016 de la Banque mondiale
Le rapport 2016 de la Banque mondiale révèle que si Internet, les téléphones mobiles et d’autres technologies numériques se diffusent rapidement, leur impact potentiel tarde à se concrétiser.
Sur la croissance économique, la création d’emplois ou l’amélioration des services publics, la Banque mondiale constate un manque de résultats et signifie sa déception.
Millions et milliards d’informations
Intitulée "Rapport sur le développement dans le monde 2016: les dividendes du numérique" l’étude, publiée ce 13 janvier, montre tout de même que sur sept milliards d’habitants, quatre n’ont pas accès à Internet. Seuls 40% des habitants de la planète sont connectés et deux milliards ne disposent pas de téléphone mobile.
La Banque mondiale note que "les technologies numériques transforment le monde des affaires, du travail et de l’administration publique". Sont considérées comme technologies numériques les outils Internet, smartphones -qui permettent de "recueillir, stocker, analyser et partager des informations".
Tous les jours dans le monde, quatre milliards de recherches Google sont effectuées, 803 millions de tweets envoyés, 8,8 milliards de vidéos regardées sur Youtube et 207 milliards de mails envoyés.
Le plus tôt, c’est le mieux
Cependant, "avec près de 20% de la population mondiale incapable de lire et d’écrire, la seule diffusion des technologies numériques a peu de chances de combler le fossé du savoir dans le monde". Au Maroc, le taux d’analphabétisme est proche de 35%.
Le rapport note que "l’enseignement d’aptitudes techniques à un stade précoce et l’exposition des enfants à la technologie favorisent une meilleure maîtrise des TIC et influe sur les choix de carrière". En substance, le plus tôt, c’est le mieux.
Malgré cela, en Chine comme en Inde, le numérique transforme le commerce et la production à grande échelle. "En Chine, note le rapport, les marques automobiles qui vendent sur Internet font tourner leurs stocks cinq fois plus rapidement que les autres."
En Inde également, l’usage des nouvelles technologies a bondi. Un milliard d’Indiens sur une population de 1,27 milliard disposent aujourd’hui d’une carte d’identité numérique et les paiements par Internet ont fait économiser au gouvernement indien 22 milliards de dollars en 2010.
La Chine, les Etats-Unis, l’Inde et le Japon comptent le plus grand nombre d’utilisateurs d’Internet
Les technologies numériques, note le rapport, "élargissent les bases d’information, et réduisent leur coût" ce qui les rend incontournables dans une perspective de lutte contre la pauvreté, d’élargissement des services financiers et d’amélioration de la productivité et des processus de production. La Banque mondiale estime que six milliards de personnes seront connectées au commerce électronique d’ici 2020.
Par région, l’Afrique reste le continent des contrastes en matière de nouvelles technologies, avec par exemple une pénétration du téléphone mobile de 73%, mais 40% des ménages du Kenya et de Tanzanie qui paient leurs factures d’eau, d’électricité et de téléphone par internet.
A l’heure où les opérateurs marocains de télécommunications ont décidé de bloquer l’accès aux applications Whatsapp, Skype ou Viber par Internet, la publication de ce rapport cette semaine prend un relief particulier au Maroc. Ces blocages illustrent au minimum une absence de compréhension des enjeux du numérique et des nouvelles technologiques pour le développement économique et social.
À découvrir
à lire aussi
Article : Prévisions météorologiques pour le lundi 20 avril 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 20 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie (DGM): - Températures en hausse avec temps […]
Article : Dette hybride. Au-delà de la levée, le modèle et les contraintes d’OCP
Derrière le succès de son émission obligataire hybride d’avril 2026, le groupe OCP révèle une équation financière complexe. Entre montée de la fiscalité, politique de dividendes, investissements massifs dans la transition verte et dans des activités hors cœur de métier, le champion des phosphates doit désormais arbitrer dans un environnement compliqué.
Article : Un nouveau “dictionnaire critique” pour relire le Maroc colonial
Un ouvrage collectif dirigé par l’anthropologue marocain Hassan Rachik propose une relecture de la période coloniale à travers un format original de dictionnaire, réunissant une vingtaine de chercheurs marocains, français et espagnols.
Article : Sahara: despite Algiers’ efforts, Washington’s position remains unchanged
On the sidelines of the Antalya Diplomacy Forum in Turkey, Algeria’s foreign minister and the U.S. president’s senior advisor for Arab and African affairs discussed several regional issues, including the Sahara. Yet behind the carefully worded Algerian statement, Washington’s support for Morocco’s territorial integrity remains clear and unchanged. Since December 2020, that position has taken on the weight of state continuity, suggesting it will endure regardless of political turnover in Washington or diplomatic initiatives from Algiers.
Article : Santé animale : Biopharma et le Tchad passent à la phase opérationnelle de leur partenariat
La société pharmaceutique marocaine Biopharma a signé à N’Djamena une feuille de route de coopération avec l’Institut tchadien de recherche en élevage pour le développement (IRED), dans le cadre du renforcement de la coopération maroco-tchadienne dans le domaine de la santé animale.
Article : Casablanca : les autorités démentent auprès de Médias24 une rumeur sur une fermeture des commerces à 23 heures à Anfa
Les autorités ont démenti, auprès de Médias24, l’existence d’une décision imposant la fermeture des commerces, cafés et restaurants à 23 heures dans le ressort de la préfecture d’arrondissements de Casablanca-Anfa, après la circulation d’informations en ce sens sur certains sites et réseaux sociaux.