Pressions sur Sebta et Mélilia dans la campagne électorale américaine
Pour ceux qui douteraient encore de la mondialisation, celle-ci est bien en cours. Des dizaines de Guinéens et de Gambiens ont tenté de forcer le passage à Bab-Sebta dans la nuit de dimanche à lundi. Aux Etats-Unis, des images du mur de Mélilia servent à faire peur aux électeurs républicains.
Après les tentatives de passage en force de la nuit du 24 au 25 décembre, qui ont fait trois morts parmi les Subsahariens, selon des ONG espagnoles, près de 180 Subsahariens, Guinéens et Gambiens dans leur majorité, ont tenté de forcer les portes de Sebta par deux côtés différents: Belyounès et Benzu.
Ces deux points sont uniquement réservés aux piétons. Le second, celui de Benzu ne sert que pour la sortie des passeurs chargés de marchandises entre l’enclave de Sebta et le territoire marocain.
Lundi 4 janvier, plus de 200 agents des forces auxiliaires étaient mobilisés du côté de Belyounès, sur la route qui mène du port de Tanger-Med à Fnideq. La veille, après le forcing des 180 Subsahariens, 17 ont pu traverser la frontière.
Des dizaines de blessés ont été recensés, tant parmi les forces de l’ordre marocaines que parmi les candidats à l’émigration vers l’Europe. L’état d’alerte règne autour de l’enclave. Ce mardi matin 5 janvier, la presse de Sebta appelle l’Union européenne à «ne pas se soucier uniquement de ce qui se passe en Europe de l’Est, mais aussi de ce qui se déroule à Sebta et Mélillia».
Donald Trump et Mélillia
A 5.000 km de là, outre-Atlantique, l’actualité de Mélilia et du nord marocain a fait son apparition inopinée dans un clip électoral du candidat Donald Trump. La publicité télévisée de 30 secondes traite du terrorisme, de sa proposition de contrôler l’entrée des musulmans aux Etats-Unis et de son projet de construire un mur sur la frontière avec le Mexique.
Pour illustrer son discours, Donald Trump a eu recours à des images montrant des groupes de Subsahariens tentant de franchir le mur de barbelés qui entoure Mélilia. Ces images font partie des archives de vidéosurveillance du ministère espagnol de l’Intérieur.
Selon des responsables de la campagne de Donald Trump, «le choix des images est intentionnel, pour démontrer l’impact d’une frontière ouverte et les dangers qui menacent les Américains s’ils ne construisent pas un mur et freinent l’émigration clandestine».
Donald Trump est crédité de 39% des voix pour les primaires républicaines. Il est suivi de Ted Cruz, avec moins de 20% des intentions de vote.