COP21: aurait-il fallu former les ministres avant la conférence?
A trois jours de la fin de la COP21, certains s'inquiètent. En cause notamment: les ministres ne maîtrisent pas toujours le lexique de base.
Certains experts et observateurs redoutent que l'objectif de la COP21, tel que le conçoit Laurent Fabius, ne soit pas atteint. Ils déplorent que le texte soit trop bancal, composé de quelque vingt pages et de nombreuses options qui sont autant de choix sur lesquels tergiverser.
Ces écrits, de plus, beaucoup de ministres, placés à leur poste pour des raisons extérieures à leur motivation et/ou connaissance par rapport au sujet (exemple: l’appartenance à un parti, le fait qu’ils ne fassent pas d’ombre à l’exécutif, etc.), ne les comprennent pas, selon le NouvelObs.
Plus de temps à perdre
Les diplomates, habitués à ces productions, doivent leur expliquer les subtilités dudit texte. Ainsi, certains responsables politiques ignorent à quoi correspond l’acronyme INDC, alors que celui-ci désigne les Intentions de contributions déterminées nationalement, soit les contributions nationales, la clef de voûte de cette conférence…
Plusieurs observateurs insistent par ailleurs que des États tentent juste de faire perdre du temps, en soulignant de minimes pseudo-problèmes de méthode. Parmi ces nations qui traînent la patte, l’article cite le Vénézuela ou encore l’Arabie Saoudite, deux grands producteurs pétroliers.
Pour détendre un peu l’atmosphère, tout en rappelant les mauvais élèves à l’ordre, l’organisation Climate action network décerne à l'issue de chaque jour de la COP21 le prix ‘fossile du jour’. Le lundi 7, l’Arabie Saoudite est arrivée en première place, devant les États-Unis.
Il n'en reste pas moins que l’affaire est sérieuse. Si aucun accord n’est trouvé pour limiter la hausse globale des températures à 2 °C d'ici 2050 par rapport à l'ère pré-industrielle (19e siècle), plusieurs villes se trouveront bientôt sous les eaux. Le risque de catastrophes naturelles augmentera et la faune, comme la flore, sera en danger (fonte des glaces, acidification des océans…).
L'espoir de voir naître un accord universel sur le climat
La première semaine de négociations s’était achevée le 5 décembre sur une lueur d’espoir, selon les analystes du journal Le Monde. Un projet d’accord avait été mis sur la table des négociations par les 195 États membres pour faire avancer les négociations ministérielles, qui ont démarré le dimanche 6 décembre.
Les ministres sont donc arrivés le lundi 7 décembre. Pour négocier en équipes: quatre groupes thématiques, transversaux (sur le financement -qu’attendent les pays en voie de développement, entre autres, pour s’adapter et réagir aux impacts du changement climatique- ou sur la différenciation -les pays du Nord ont une responsabilité historique dans les émissions de gaz à effet de serre et ils sont dès lors historiquement redevables aux pays du Sud dans la lutte contre le changement climatique), réfléchissent aux gros dossiers qui sont discutés et un comité de pilotage fait le point chaque soir sur les avancées et les obstacles.
Ces réunions des groupes spécifiques sont pilotées par 14 ministres de l’Écologie, de l’Énergie ou des Affaires étrangères.
Dès mercredi (9 décembre), dans l'idéal, Laurent Fabius aimerait avoir un accord finalisé sur le climat. Le 10, il sera alors procédé aux derniers ajustements. Et le vendredi 11, le texte sera envoyé dans les 195 États membres pour traduction et pour validation juridique. Si tout se déroule comme Laurent Fabius le souhaite, tous les participants se retrouveront vendredi 18h pour la cérémonie officielle de fin de COP21, avec sur la table un accord universel sur le climat.