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COP21: les 195 pays s'attaquent aux points durs de la négociation

Après un sommet des dirigeants mondiaux, les 195 pays vont tenter d'arracher un accord limitant le réchauffement.

COP21: les 195 pays s'attaquent aux points durs de la négociation
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Le 2 décembre 2015 à 10h21 | Modifié 2 décembre 2015 à 10h21

Lutter contre le réchauffement est "un impératif économique et de sécurité", sous peine de devoir "rapidement consacrer de plus en plus de nos ressources économiques et militaires" pour s'adapter au changement climatique, a prévenu le président américain Barack Obama mardi 1er décembre.

Le président de la conférence, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, a exhorté les négociateurs des Nations unies, réunis au Bourget près de Paris, à "travailler d'arrache-pied" pour arriver à un accord sur le climat d'ici au 11 décembre, date théorique de fin de la COP21.

Pour le président français François Hollande, la conférence est plutôt en bonne voie mais bute sur "deux écueils": "soit on charge la barque et elle coule, soit on l'allège et elle ne va nulle part". "Il faut que ce soit une embarcation qui fait que le monde avance" avec "un cap et des moyens d'être sûrs d'arriver à moins de deux degrés" de réchauffement, a-t-il expliqué.

Barack Obama s'est dit "optimiste", même si "amener 200 nations à se mettre d'accord sur quoi que ce soit est difficile", comme à Copenhague en 2009, lors de la dernière tentative d'accord mondial sur le climat qui avait tourné au fiasco.

Lundi 30 novembre, quelque 150 chefs d'Etat et de gouvernement s'étaient réunis en sommet à Paris pour donner l'impulsion politique au début des discussions qui avait tant manqué à Copenhague.

10% des habitants les plus riches de la planète émettent plus de la moitié du CO2

Les négociations s'annoncent ardues, le projet d'accord d'une cinquantaine de pages contenant encore beaucoup d'options. "Plus de 200", selon une ONG, la Fondation Nicolas Hulot, qui a dénombré aussi "plus de 1.200 expressions ou phrases " soumises à discussion".

Le texte en débat est divisé en grands chapitres: objectif de long terme de réduction des émissions de gaz à effet de serre, adaptation au changement climatique, financements des politiques climatiques des pays du Sud, mécanisme pour réviser régulièrement à la hausse les engagements des pays, etc.

Les négociateurs doivent remettre une version élaguée du texte samedi aux ministres de l'Environnement ou de l'Energie, qui prendront la main la semaine prochaine.

L'accord espéré à Paris doit engager l'ensemble de la communauté internationale à réduire ses émissions de gaz à effet de serre pour limiter le réchauffement de la planète à 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle.

Au-delà de +2°C, les scientifiques redoutent un emballement: cyclones à répétition, chute des rendements agricoles, submersion de territoires de New York à Bombay...

Une étude de l'Université britannique de Leicester estime qu'avec un réchauffement de 6°C par rapport à l'ère pré-industrielle - possible d'ici la fin du siècle si aucune mesure n'est prise -, la Terre pourrait se retrouver sans oxygène à cause de l'arrêt de la production d'oxygène du phytoplancton, organismes végétaux aquatiques qui en fournissent les deux tiers.

L'objectif de +2°C est jugé insuffisant par les Etats les plus vulnérables, notamment les pays insulaires confrontés à la montée des eaux dont certains "pourraient disparaître complètement", selon Barack Obama, qui s'inquiète de potentiels "dizaines de millions de réfugiés climatiques dans la région Asie-Pacifique".

Selon l'ONG Oxfam, 10% des habitants les plus riches de la planète émettent plus de la moitié du CO2, alors que la moitié la plus pauvre du globe n'en rejette que 10%.

Vote symbolique du Congrès

M. Obama a clarifié la position des Etats-Unis sur l'accord: il a exclu que les objectifs chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre soient légalement contraignants.

Le Congrès américain, à majorité républicaine, a montré mardi sa volonté de lui mettre des bâtons dans les roues en matière d'environnement, en votant l'annulation de la nouvelle réglementation anti-CO2 qui pour la première fois impose des limites sur les émissions de CO2 par les centrales thermiques américaines existantes. Le vote restera néanmoins symbolique, en raison du veto promis par le président.

En marge de la COP21, l'Afrique, qui subit déjà de plein fouet les conséquences du réchauffement, avec notamment une avancée des déserts et un assèchement de ses cours d'eau, s'est vu promettre 2 milliards d'euros d'ici 2020 par la France pour développer ses énergies renouvelables.

(Avec AFP)

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