Des Marocains faux réfugiés syriens pour s'installer en Europe
Des Marocains se font passer pour des Syriens pour essayer de s’installer en Europe.
Récit d’un candidat ayant fait machine arrière mais qui côtoie de près les candidats à l’émigration.
La guerre civile syrienne ne fait pas que des malheureux au Maroc car depuis l’ouverture des frontières européennes au flot de réfugiés syriens, de nombreux jeunes marocains se font passer pour des Syriens afin d’obtenir le statut de réfugié politique.
Un jeune diplômé que nous nommerons Ali décrit pour nous ce phénomène qui a démarré avec ce que certains nomment un appel d’air en direction de tous les candidats à l’émigration. Selon cette source, ils sont plusieurs milliers de Marocains originaires de la seule région de Nador, à avoir décidé de tenter leur chance par cette filière.
Ali estime leur nombre à 15.000. Chiffre énorme, impossible à vérifier. Mais quoi qu'il en soit, le problème est réel. Médias 24 a recueilli les confidences de Ali, pour éclairer ce qui est d'abord un fait social et le symptôme d'un malaise socio-économique.
Longtemps chômeur, Ali a décidé de profiter de cette filière puis a renoncé après avoir trouvé un travail stable dans une agence de voyages de la capitale économique du Maroc..
En contact quotidien avec les Marocains désireux de voyager à travers le monde, il avance que des centaines de réservations aériennes vers la Turquie se font chaque jour par des jeunes candidats à la migration.
Les Marocains désireux d’émigrer prennent un billet aller-retour pour Istanbul en se faisant passer pour des voyageurs en quête de tourisme afin de ne pas se faire refouler à l’aéroport de Casablanca.
Les candidats affluent de tout le Maroc mais plus particulièrement de villes du Rif ou de quartiers populaires précarisés à Casablanca comme Hay El Farah ou de l'ancienne médina.
Notre interlocuteur poursuit que la demande est telle que certaines personnes se sont improvisées rabatteurs pour ramener des voyageurs en échange d’une commission de 200 DH par candidat.
L’affluence de ce genre de voyageurs a eu pour effet de faire exploser le prix des billets d’avion Casablanca-Istanbul.
Coûtant il y a quelques semaines encore entre 2.000 et 3.000 DH, le prix du voyage coûte désormais entre 5.000 à 10.000 DH pour cause de vols pleins et de demande record.
Les candidats sont tellement nombreux qu’ils remplissent les vols de la compagnie Air Arabia comptant 150 places et ceux des compagnies régulières (Turkish Airlines, RAM).
Le profil des «Harragas» est constitué en majorité de jeunes âgés est de 18 à 25 ans et la plupart d’entre eux ne disposent d’aucun diplôme ni d’aucune perspective professionnelle au Maroc.
Ce phénomène toucherait cependant même des étudiants diplômés du cycle universitaire supérieur.
Après avoir raté son examen pour devenir professeur des écoles, notre source affirme qu’il était déterminé à emprunter cette filière «arrangeante» pour émigrer dans un pays européen.
Il a été encouragé par l’expérience réussie d’un cousin maternel qui s’est rendu récemment en Turquie avant de passer par la Grèce puis de s’installer en Allemagne le plus légalement du monde après avoir prétexté être syrien et avoir perdu ses papiers.
Il poursuit que l’arrivée de Marocains "de l’intérieur" a indirectement provoqué l’exode de gens originaires de villes comme Nador et Oujda où la contrebande faisait vivre de nombreux jeunes.
La plupart des jeunes rifains ayant vu leurs sources de revenus tarir par la concurrence des nouveaux venus a préféré tenter leur chance ailleurs quand l’Allemagne a ouvert ses frontières aux Syriens.
«A Nador d’où je viens, il n’y a plus aucune entreprise qui recrute comme le faisaient Marjane et Sonasid. La jeunesse n’a aucun débouché surtout pour celle dépourvue de métier ou de diplômes».
La présence de nombreux rifains en Allemagne, Belgique ou en Hollande a encouragé de nombreux candidats à tenter leur chance en sachant qu’ils auraient un point de chute en cas de réussite de leur périple.
D’après notre interlocuteur, lors des 3 dernières semaines, 15.000 personnes originaires de Nador sont parties via la Turquie vers l’Europe en essayant de se faire passer pour des faux réfugiés syriens. Un chiffre énorme et invérifiable.
«Ils font Casa-Istanbul en avion avant de se rendre à la station balnéaire d’Izmir. Une fois arrivés, ils payent 800 euros un passeur qui les mène en zodiac à l’île grecque de Caléras en moins d’une heure. Ils ne leur restent plus qu’à se présenter aux autorités grecques comme des citoyens syriens ayant fui leur pays en guerre. Ils passent alors 3 à 4 jours dans un camp de transit avant d’obtenir un récépissé leur permettant de voyager dans l’Europe de Schengen. Après avoir quitté la Grèce, ils doivent traverser la Serbie puis l’Ukraine avant d’atteindre l’Allemagne à travers les 3 ponts frontaliers».
Notre interlocuteur conclut qu’au lendemain des attentats parisiens, les migrants sont désormais bloqués sur le territoire serbe mais que l’afflux des migrants marocains est toujours aussi important. Il précise pour conclure que les réfugiés syriens se sont aperçus de la supercherie et qu'ils dénoncent désormais leurs camarades qui n'ont pas un vrai accent syrien.
à lire aussi
Article : Pratt & Whitney Canada inaugure son usine de moteurs d'avions à Casablanca
Pratt & Whitney Canada a officiellement inauguré, ce mardi 21 avril 2026, sa nouvelle installation au cœur de la zone Midparc à Nouaceur. Détails.
Article : Cuivre. Prix records, projets en cascade… nourrie par les tensions géopolitiques, la ruée vers le Maroc s’accélère
Porté par un cuivre désormais autour de 13.100 dollars la tonne sur le LME et plus de 6 dollars la livre sur le COMEX, le secteur minier marocain entre dans une phase d’accélération. Entre la montée en puissance de Tizert, les ambitions de Managem (jusqu’à 182.000 tonnes en 2026) et l’arrivée de nouveaux acteurs internationaux tel KGHM, le Royaume se positionne comme un relais stratégique dans un marché mondial sous tension, où transition énergétique et dépenses de défense redessinent la hiérarchie des producteurs. Décryptage.
Article : Au SIAM 2026, OCP met en avant sa vision intégrée de l'agriculture et de l'élevage
Le groupe OCP met en avant, à l'occasion du 18e Salon international de l'agriculture au Maroc (SIAM) qui se tient du 20 au 28 avril à Meknès, sa vision intégrée des systèmes agricoles, illustrant le rôle central du phosphore dans l'articulation entre fertilité des sols, production végétale et alimentation animale.
Article : Ligue arabe : Rabat insiste sur une réponse commune aux actions iraniennes
Réuni en visioconférence le 21 avril 2026 à l’initiative de Bahreïn, le Conseil ministériel a examiné les répercussions des tensions régionales. De son côté, le Maroc a réaffirmé son soutien aux États concernés et au respect du droit international.
Article : En visite à Stockholm, Hammouchi formalise un partenariat sécuritaire inédit avec les autorités suédoises
Paraphé lors d’entretiens avec le ministre de la Justice Gunnar Strömmer et les responsables policiers du pays nordique, le dispositif inclut des canaux rapides de coopération opérationnelle et d’assistance technique.
Article : Législatives 2026. Samir Chaouki : pourquoi j'ai choisi le PJD
C’est l’une des investitures les plus commentées de ce premier round PJDiste. En propulsant Samir Chaouki, journaliste de renom et président du think tank OMEGA, dans la circonscription de Hay Hassani, le PJD envoie probablement, comme il l'avait fait par le passé, un signal d'ouverture. Entre rupture avec les méthodes classiques et volonté de transparence, le candidat se confie à Médias24 sur ce nouveau défi.