Doing Business: le Maroc perd 4 places ou en gagne 5, à chacun sa lecture
Le Maroc se classe 75e dans le nouveau rapport Doing Business 2016. A-t-il avancé ou régressé? Une nouvelle polémique, comme celle de l’année dernière, s’annonce. Le classement mesure la règlementation des affaires ou encore la facilité de faire des affaires.
L’année dernière (rapport 2015), le Maroc était 71e. Et cette année (rapport 2016), il est 75e. Il a donc, en apparence, régressé de 4 places.
Mais la Banque Mondiale, comme chaque année, a réajusté le classement de l’année précédente. De sorte que le rang de 2015 n’est plus 71e mais 80e. Selon cette correction, le Maroc a gagné 5 places. Mais si l'on considère qu'il a gagné des places cette année, cela signifie qu'il a perdu des places l'année précédente par rapport au classement 2014, ce qui ne fut pas la lecture officielle du gouvernement marocain.
Mais quelle que soit la lecture adoptée, il faut garder le même référentiel d'une année à l'autre.
Chacun retiendra ce qui l’arrangera. Ce qui est certain, c’est que les réformes au Maroc vont moins vite que dans les autres pays. La seule amélioration, c'est qu'il est passé de la zone 80-95 rangs à celle de 70-80 rangs.
L’un des experts de la Banque Mondiale qui intervient sur le rapport, interrogé par Médias 24 l’année dernière, avait recommandé de s’intéresser davantage au classement régional et à celui des pays comparables, du même niveau de développement.
Dans la région MENA, le Maroc est classé 6e, derrière les Emirats (31e mondial), le Bahrein (65e), le Qatar (68e), Oman (70e) et la Tunisie (74e). Le Maroc est au 75e rang mondial.
La Jordanie est 113e, l’Egypte 131e et l’Algérie 163e.
Dans un communiqué adressé à la presse marocaine ce mardi soir, le bureau marocain de la Banque Mondiale écrit que le Maroc "a gagné cinq places".
Pour consulter le rapport: texte intégral ou résumé. Et en français, l'essentiel des chiffres ici.
Les trois tableaux ci dessous concernent le Maroc.
Le classement Doing Business 2015:
Le classement Doing Business 2016:
Voici par ailleurs ce qu'écrit la Banque Mondiale dans un communiqué consacré à la région MENA:
"Le rythme des réformes de la réglementation des affaires s’est accéléré au cours de la dernière année dans le Moyen-Orient et Afrique du Nord, en dépit des conflits et des troubles dans la région, d’après le rapport annuel sur la facilité à faire des affaires du Groupe de la Banque Mondiale.
"Doing Business 2016 constate que 11 économies de la région ont mis en oeuvre un total de 21 réformes facilitant l’environnement des affaires.
"Cela représente une augmentation significative par rapport à la moyenne annuelle de 16 réformes au cours des cinq dernières années.
"Les Émirats Arabes Unis (EAU) sont l'économie la mieux classée de la région, avec un classement mondial de 31, tandis que les économies en situation de conflit et de violence sont parmi les moins bien classées du monde, y compris l'Irak (classée 161), la Libye (188), la Syrie (175) et le Yémen (170).
"«Malgré la tourmente dans plusieurs économies au Moyen Orient et Afrique du Nord, le rythme de la mise en place de réformes dans le domaine des affaires dans la région est encourageant», a déclaré Rita Ramalho,responsable du projet Doing Business. «Il demeure cependant une grande possibilité d’amélioration. Le nombre des économies ayant mis en oeuvre des réformes dans la région reste inférieur à la moyenne mondiale, et ’Obtention de Prêts est plus difficile dans le Moyen-Orient et Afrique du Nord que partout ailleurs, en partie en raison de l'absence de bureaux de crédit qui fournissent les informations nécessaires pour l'évaluation de la solvabilité»
"Le Maroc et les EAU continuent à mener le plus de réformes dans la région, chacune de ces économies ayant mis en oeuvre quatre réformes au cours de l'année passée. Le Maroc a rendu la Création d'Entreprise plus facile en éliminant la nécessité de déposer une déclaration d'incorporation d'entreprise auprès du ministère du Travail. Les EAU étaient la seule économie de la région à avoir reformé dans le domaine de l'Exécution des Contrats. En conséquence, les litiges commerciaux dans les EAU sont désormais résolus en 495 jours, ce qui est moins que la moyenne de 538 jours dans la région des économies à haut revenu de l'Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE).
"L’Arabie Saoudite et Oman ont le plus progressé à l'échelle mondiale dans les domaines du Transfert de Propriété et du Raccordement à l’Electricité respectivement. L’Arabie Saoudite a introduit un nouveau système de cadastre informatisé. Un entrepreneur peut désormais enregistrer une propriété en Arabie Saoudite en seulement six jours, ce qui est plus rapide qu’en République de Corée. Oman a renforcé son suivi de la durée et de la fréquence des pannes de courant, ce qui a facilité l'évaluation de la fiabilité du réseau électrique et de son effet sur la productivité des entreprises.
"Les économies de la région ont mis en oeuvre le plus de réformes dans le domaine du Raccordement à l'Electricité (4 réformes), suivis par la Création d'Entreprise (3), l’Octroi de Permis de Construire (3) et le Commerce Transfrontalier (3).
"Cependant, les défis demeurent dans un certain nombre de domaines. Par exemple, pour la Création d’Entreprise, les entrepreneurs locaux doivent payer en moyenne 26 pour cent du revenu par habitant pour créer une entreprise, tandis que cela coûte 3 pour cent dans la zone OCDE.
"Le rapport Doing Business de cette année reflète un effort de deux années pour développer des indicateurs qui mesurent la qualité de la réglementation, ainsi que l'efficacité du cadre réglementaire de l'entreprise, afin de mieux saisir les réalités du terrain. Les économies du Moyen-Orient et Afrique du Nord n’obtiennent pas de bons résultats dans les indicateurs qui ont été modifiés dans le rapport de cette année: Octroi de Permis de Construire, Raccordement à l'Electricité, Exécution des Contrats, Transfert de Propriété et Commerce Transfrontalier.
"Concernant le Raccordement à l'Electricité, par exemple, le nouvel ensemble de données constate que plusieurs économies de la région sont soit confrontées à des coupures fréquentes ou soit ne les détectent pas correctement."
À découvrir
à lire aussi
Article : Santé : Sinopec lance ses premières exportations de filtres de dialyse vers le Maroc
Le groupe coréen Sinopec a annoncé le lancement de ses premières exportations de filtres de dialyse vers le Maroc, marquant une étape dans son développement à l’international, selon un communiqué.
Article : Inclusion financière : Al Barid Bank et Chari lancent un partenariat structurant
L’accord prévoit notamment la distribution de solutions d’acceptation de paiement (TPE, SoftPOS, e-commerce) auprès des commerçants, l’interconnexion des plateformes pour les transactions en ligne, ainsi que l’accès au réseau Barid Cash pour les opérations d’encaissement et de décaissement.
Article : Tourisme. Lecture de la trajectoire d’un secteur devenu clé (2008-2025)
Porté par la reprise post-Covid, le tourisme marocain a retrouvé puis dépassé ses niveaux d’avant-crise. Mais une lecture de long terme montre une trajectoire plus contrastée, marquée par le choc de 2008 suivi d’une phase d’expansion modérée, puis un changement d’échelle à partir de 2022.
Article : Usines, ports, hôpitaux… comment la 5G privée va transformer le Maroc
Robots pilotés à distance, usines capables de remonter leurs données en temps réel, ports plus fluides, mines plus sûres, stades connectés pour des dizaines de milliers de spectateurs… Au Maroc, la 5G privée n’est plus un concept théorique. Dans une interview à Médias24, Ouassim El Arroussi, directeur des études et du développement chez Inwi, raconte les coulisses du premier déploiement industriel de cette technologie et explique pourquoi il pourrait ouvrir un nouveau marché stratégique pour le Royaume. Plongée.
Article : Sécurité numérique : la NARSA dénonce un site usurpant ses services en ligne
L’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA) a mis en garde, le lundi 27 avril 2026, contre un site internet frauduleux usurpant son identité et visant à tromper les usagers.
Article : Cap Holding-Forafric. Ce que rachète Chakib Alj et ce qui reste dans le groupe
Le deal entre Cap Holding et Forafric Global porte sur un périmètre industriel marocain incluant moulins, marques et transformation, sans concerner la holding cotée. Cette dernière conserve un périmètre large et annonce une orientation stratégique vers la défense, la sécurité alimentaire et l'énergie.




