Plus de 15.000 Tangérois dans la rue, l’extinction des lumières largement suivie
Les Tangérois sont descendus en nombre samedi soir dans les quartiers et au centre-ville pour exiger «le départ d’Amendis». C’est la deuxième grande manifestation organisée à Tanger en une semaine.
Samedi, plusieurs rassemblements étaient organisés dans différents quartiers de la ville et tous ont progressivement convergé vers le centre de la ville et la place des Nations où plusieurs centaines de manifestants les avaient précédés.
Devant l’afflux important de manifestants, les tentatives de dispersion des attroupements par les forces de l’ordre ont échoué.
Forces de l’ordre débordées
Les forces de l’ordre ont tenté dès 20H de décourager le rassemblement prévu à la place des Nations au cœur de la ville. Aux lances à eau et coups de matraques, les manifestants ont répondu par des jets de pierres et des slogans.
«Le peuple veut la chute d’Amendis» ou «Bye bye Amendis, Tanger n’est pas Paris». La police a procédé à quelques arrestations.
Mais l’afflux des manifestants au centre-ville et dans les quartiers Béni Makada, Moghogha, Bendibane et Drissia notamment ont modifié la stratégie des autorités.
Autour de 21h, un ordre venu de la wilaya a ordonné l’évacuation d’une grande partie des forces de l’ordre pour éviter toute escalade et laisser les manifestants se rassembler pacifiquement sur la place des Nations.
Tout au long de la semaine, des sit-ins se sont tenus devant des agences du distributeur d’eau et d’électricité de la ville et jeudi avait été décrété jour de boycott des guichets d’Amendis, «une journée zéro dirham pour Amendis».
Les associations de quartier et de consommateurs avaient appelé à une extinction des lumières entre 20h et 22H samedi soir.
Le mouvement a été largement suivi. Des quartiers résidentiels de Sidi Amar, à Park Brooks, à la rue de la Liberté et aux boulevard Pasteur et Mohamed V, les commerces avaient éteint leurs lumières et baissé leurs rideaux. Des cafés ont gardé leurs téléviseurs allumés mais l’éclairage était à la bougie. Idem pour nombre de commerçants du marché de Sidi Bouabid et du Gran Socco.
Sur la corniche de Tanger, cafés et restaurants avaient également adopté la stratégie de l’ouverture discrète : travail à la lumière des bougies et d’un minimum d’ampoules électriques.
A 22h30, plus de 2.000 manifestants se dirigeaient encore vers la place des Nations en provenance de la place du Koweit (Ibéria).
Bras-de-fer et nouveau front PJD-PAM à Tétouan
Depuis le mois de septembre dernier, des dizaines de ménages tangérois protestent contre le montant de leurs factures d’électricité.
Ils réclament une modification du système de tarification, la généralisation des compteurs individuels et la garantie d’un service minimum d’approvisionnement en cas de difficultés de paiement.
Le dossier mobilise les élus de tous bords et crée déjà une vive polémique entre le maire de la ville Bachir Abdellaoui (PJD) et le président de région Ilyas El Omari (PAM).
Cette semaine, El Omari a envoyé un courrier aux maires de Tanger et de Tétouan pour les informer que le conseil régional souhaitait s’engager sur le dossier. Abdellaoui a opposé une fin de non-recevoir à l’élu du PAM, réaffirmant que la gestion du dossier de l’eau était une compétence communale.
En revanche à Tétouan, le groupe PAM à la commune et qui soutient le maire PJD a publié un communiqué soutenant «l’initiative du président de la région et toute autre initiative».
L’article 83 de la loi 113.14 sur les communes est clair sur le sujet de la distribution de l’électricité et de l’eau potable. La loi 111.14 (article 81 et suivants) sur les régions n’aborde pas ce point dans sa section consacrée au développement régional.
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