Notre série: Madame la juge. III. Rachida Ahfoud, la femme de médias
En dépit d’une féminisation de plus en plus palpable, la magistrature au Maroc demeure à ce jour, une discipline à dominance masculine. Il s’agit là d’un constat chiffré. Aux postes de décision, le nombre d’hommes magistrats dépasse largement celui des femmes. Sur le terrain de la compétence, les magistrates marocaines n’ont rien à envier à leurs confrères. Là aussi, c’est un constat. Et c’est celui que Médias 24 entend dresser, en vous proposant cette série de portraits de "Femmes magistrates" qui, de par leurs parcours, forcent le respect de tous.
Nous avons consacré le premier portrait à Saadia Belmir, l’une des personnalités les plus respectées de la sphère judiciaire. Le deuxième, lui, mettait en lumière le féminisme à la "sauce-magistrature", avec Mme Aicha Naciri comme figure de proue.
Devoir de réserve et feux des projecteurs. Pour un magistrat, allier les deux est une entreprise aussi difficile que dangereuse. Pourtant, Mme Rachida Ahfoud, à qui nous consacrons aujourd’hui ces quelques lignes, semble avoir saisi toutes les subtilités que soulève cet alliance.
Si vous êtes de ceux qui boudent la RTM - Al Oula actuellement - depuis le 12 octobre 2001, le nom de notre magistrate ne vous dira certainement rien. Car cette date correspond précisément au lancement de l’émission "Moudawala", l’une des émissions les plus regardées au Maroc, et dont Mme Ahfoud est à la fois la créatrice et l’animatrice.
Un dimanche sur deux, à 21h45, des milliers de Marocains s’installent devant la télé, sur leurs canapés, "sedaris" ou lits, pour suivre des dossiers judiciaires puisés dans les archives des tribunaux marocains.
Elle rend la justice intéressante
Dans chaque épisode, des affaires civiles, sociales, commerciales et autres dossiers délictuels ou criminels sont relatés sous forme de fiction, venant caresser les curiosités les plus malsaines et moyennant des acteurs parmi les plus prisés de la scène marocaine. Rachid El Ouali ou Abderrahim El Meniari sont d’ailleurs des habitués de ces chroniques judiciaires.
Un dimanche sur deux, à 21h45, les adeptes de "Moudawala" retrouvent aussi Rachida Ahfoud. Celle-ci apparaît au début de l’émission, pour initier les téléspectateurs au dossier du jour, et à la fin, pour en expliquer les tenants et aboutissants juridiques.
Notre magistrate ne vient donc pas pour jouer la comédie, mais pour rappeler que l’affaire en question a bien eu lieu, qu’elle a eu sur ses "vrais" protagonistes, victimes ou condamnés, des effets réels.
Que reproche-t-on à Mr X? Quelles sanctions lui a-t-on infligées? Sur quelles bases juridiques? R. Ahfoud s’y penche méthodiquement, simplement, et, presque comme au prétoire, quasi-solennellement. Les étudiants en droit et autres juristes en herbe y trouvent un cours de soutien, les profanes, eux, y voient une occasion de dormir "moins profane".
Partager son savoir juridique
Il en ressort que, en dehors de l'étiquette de "femme de média" qu'elle endosse depuis 1992 quand elle rejoint la première chaine en tant que conseillière juridique, notre magistrate peut tout aussi bien prétendre aux qualités de vulgarisatrice, simplificatrice et éducatrice du droit.
Vocations qu’elle cultive à l’institut supérieur de la magistrature et dans les universités marocaines où elle enseigne, mais aussi dans ses nombreux ouvrages.
Pour elle, "nul n’est censé ignorer la loi". Un adage qu’elle aime à rappeler et marteler. Celle qui, en 35 ans d’exercice, a officié successivement au parquet du tribunal de première instance (TPI) de Rabat, à la présidence du TPI d’Al Jadida, au parquet du TPI de Casablanca et à la vice-présidente du TPI d’Ain Sbaa est bien placée pour savoir ce que la connaissance juridique peut éviter comme ennuis.
Mme Ahfoud est actuellement présidente de la chambre sociale près la Cour d’appel de Casablanca où elle opère au grade exceptionnel.
Un peu comme son père, ancien résistant, Mme Ahfoud est sur tous les fronts. Magistrate, femme de médias et professeur, elle est également présidente de l’Association marocaine des juges.
Mais quand on dit tous les fronts, on ne croit pas si bien dire, car elle s’est déjà essayée à l'écriture en tant que romancière et scénariste. Et puis, surtout, notre "touche à tout" n’en reste pas moins une mère de famille. Sa fille, d’ailleurs, est aussi sa consœur dans la magistrature.
à lire aussi
Article : Le musée du continent africain devrait ouvrir à la fin de 2027 (Mehdi Qotbi)
Porté par la Fondation nationale des musées, le futur musée du continent africain a franchi une étape décisive. Le président Mehdi Qotbi nous annonce que le plus grand complexe muséal d'Afrique, dont les travaux de gros œuvre ont dépassé 85%, entre dans sa phase finale avant une ouverture au public lors du dernier trimestre 2027.
Article : Le jardinier marocain de Jany Le Pen expulsé vers le Maroc pour séjour irrégulier
Selon une information révélée par Le Parisien, Hatim B., un Marocain de 32 ans qui effectuait des travaux de jardinage chez Jany Le Pen, veuve de Jean-Marie Le Pen, a été expulsé le jeudi 23 avril vers le Maroc. En situation irrégulière en France depuis 2017, il faisait l’objet d’une mesure d’éloignement décidée par le préfet des Hauts-de-Seine.
Article : Maghreb : une visite américaine dans un contexte de pression croissante sur l’Algérie
Annoncée par le département d’État, la tournée de Christopher Landau, du 27 avril au 1er mai, intervient dans un contexte marqué par l’implication croissante de Washington dans le suivi du dossier du Sahara et de ses prolongements onusiens.
Article : Ordre des experts-comptables : le scrutin s’annonce serré (liste)
Le scrutin du 21 mai pour le renouvellement du Conseil national de l’Ordre des experts-comptables met en concurrence 41 candidats pour 11 sièges. Parmi eux, se dégagent des profils issus de grands cabinets internationaux, comme EY, Deloitte, Mazars, BDO, KPMG ou Grant Thornton, des figures expérimentées déjà présentes dans les instances de l’Ordre et des profils plus récents, illustrant les équilibres internes de la profession.
Article : Protection des femmes victimes de violence : lancement officiel de la cellule centrale à Rabat
À Rabat, le ministère de la Solidarité a lancé la cellule centrale de prise en charge des femmes victimes de violence, chargée de renforcer la coordination institutionnelle, de superviser les structures territoriales et d'améliorer l’accompagnement juridique, psychologique et social des victimes.
Article : Bourse de Casablanca : le MASI chute de 1,69%, les volumes grimpent à 667 MDH
La Bourse de Casablanca a clôturé la séance du 24 avril 2026 en baisse, avec un MASI en recul de 1,69% à 18.815,18 points. Les échanges ont atteint 667,11 MDH, dominés par Managem, Minière Touissit et Attijariwafa bank.