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ECONOMIE

Finance participative: le cas malaisien, un modèle pour le Maroc

La seconde journée du forum international de la finance participative à Casablanca a été l’occasion de discuter, entre autres, d’éléments inhérents à la réussite de la finance participative au Maroc, dont le développement d’un marché de "sukuk". 

Finance participative: le cas malaisien, un modèle pour le Maroc
Sara El Hanafi
Le 21 octobre 2015 à 16h13 | Modifié 21 octobre 2015 à 16h13

Elle a aussi été l’occasion de revenir sur l’impact de la finance participative sur l’essor du secteur bancaire marocain. 

La création d’un marché performant de la finance participative, tel que le marché malaisien, doit inévitablement passer par le développement des sukuk. Les sukuk sont des sortes d'obligations émises par les banques islamiques.

Des experts malaisiens et marocains se sont donné rendez-vous lors de la seconde journée du forum international de la finance participative à Casablanca, pour partager leurs points de vue sur les expériences étrangères et notamment l’expérience malaisienne en matière d’émission de sukuk. Ils ont aussi abordé les particularités de ces instruments et leur capacité à être d’excellentes sources de financement pour les secteurs public et privé au Maroc.  

"Les sukuk n’ont pas de religion", a déclaré Zailan Izlan Zailan Abidin, directeur exécutif de la commission des titres du marché des capitaux islamiques en Malaisie, "ce sont des instruments financiers comme les autres". "D’ailleurs, les plus grands émetteurs de sukuk dans le monde sont des banques conventionnelles", a-t-il ajouté.

En effet, les sukuk jouissent d’un énorme succès auprès des marchés financiers internationaux, à tel point qu’à un certain moment, l’Angleterre et Hong Kong étaient en course pour devenir le premier émetteur non-musulman des sukuk.  

"L’émission de sukuk par le Maroc serait un véritable succès", a affirmé Mudzaffa Reza Mahmud, directeur exécutif au sein d’une banque aux Emirats arabes unis. Celui-ci a ajouté que le Maroc non seulement attire déjà beaucoup d’investisseurs étrangers, mais qu’il a également une bonne image de marque qui serait un véritable atout de marketing pour attirer de potentiels investisseurs en sukuk.

Et le Maroc ne cache pas sa volonté de développer un marché des sukuk. En est témoin la réforme perpétuelle de différentes lois visant à préparer un cadre réglementaire adapté à la finance participative, notamment la réforme de la loi sur la titrisation en 2013, permettant l’émission de certificats de sukuk.

La finance participative comme moteur de croissance du secteur bancaire

 

Selon un rapport de la Banque Mondiale cité par un conférencier, 27% des plus de 25 ans au Maroc refusent d’utiliser les services bancaires pour des raisons de restrictions religieuses. Près de la moitié des Marocains (41%) n’ont jamais entendu parler de la finance participative, et 54% affirment être prêts à payer des prix plus chers pour des services de finance participative.

"La banque demeure, pour la majorité des Marocains, un moyen de percevoir leurs salaires ou leurs allocations sociales, ou de recevoir des transferts de nos concitoyens à l’étranger: c’est cela la bancarisation au Maroc", a déclaré Moncef Bentaibi, expert comptable et expert en finance participative.

La finance participative permettrait donc d’accroître le niveau de bancarisation au Maroc de par sa correspondance à certaines normes, mais également par sa proposition de nouveaux moyens de financements qui favoriseront certainement l’accès au crédit.

Les perspectives demeurent donc positives quant au futur de la finance participative au Maroc. Avec un secteur bancaire très exporté en Afrique, une autorité religieuse rigoureuse représentée par le conseil supérieur des oulémas, et une Banque centrale adaptant ses réglementations aux exigences de la finance participative, les intervenants de cette première édition du forum international sur la finance participative à Casablanca misent beaucoup sur le développement de cette filière au Maroc mais également sur la contribution de celle-ci à la concrétisation d’une finance et d’une croissance plus inclusives dans le Royaume.

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Sara El Hanafi
Le 21 octobre 2015 à 16h13

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