Mohammed Rabii, enfant de Bernoussi devenu champion du monde
Mohammed Rabii est champion du monde de boxe amateur, depuis le jeudi 16 octobre. 2015 lui fournit une consécration, après des années d'efforts. Un succès dont se réjouissent les Marocains.
Le vendredi 17 octobre, Mohammed Rabii, 22 ans, a été accueilli "comme un héros" à son arrivée à l’aéroport de Casablanca (ci dessous). Sacré champion du monde de boxe amateur dans la catégorie -69 kg, le Casablancais n’a pas juste battu un ancien champion du monde en finale, à savoir le Kazakh Daniyar Yelenssinoc (3-0, à l’unanimité). Il a réalisé ce qu’aucun Marocain n’avait encore réussi. Jusqu’au jeudi 16, deux Marocains étaient parvenus au bronze, en championnat du monde; lui a décroché l’or.
La télévision publique a, à cette occasion, filmé (pour le JT) la famille du pugiliste pendant la finale. Les parents, le frère (lui-même boxeur) et l’épouse, entourés de proches, suivaient le combat devant leur télévision dans le quartier populaire Bernoussi, à défaut de pouvoir soutenir le boxeur à Doha.
Sur les réseaux sociaux, les manifestations de joie ont fait écho à celles de la famille du jeune homme. Il faut dire que le Marocain a plus de 21.000 followers sur facebook.
Un facteur sympathie qui a augmenté ces derniers jours, en partie suite aux actions du sportif hors du ring: en outre, il n'a pas retenu ses larmes pendant son sacre (ci-dessous) en écoutant l’hymne national. Félicité par le Roi, il a par ailleurs dédié sa victoire à tous les Marocains.
L’engouement de la nation est tout aussi important que l’évolution de la carrière du jeune homme est fulgurante, d'après les analystes. 2015 a vu Mohammed Rabii remporter, outre ce titre de champion du monde, le titre de boxeur de l’année 2015 (désigné par la World Series of Boxing) et celui de champion d’Afrique dans sa catégorie.
Des rêves de médaille d'or aux JO 2016
Le sportif n’a pas perdu un match de la saison et il s’est qualifié pour les Jeux Olympiques de 2016 à Rio au Brésil. Aujourd’hui, ce fan du Raja, amateur de couscous et de thé à la menthe dit ouvertement qu’il rêve de la médaille d’or pour lui et pour ses équipiers des Lions de l’Atlas, l’équipe nationale qu’il a rejointe en 2009 à l’âge de 14 ans.
A ses débuts nationaux, cette même année, l’adolescent ne dépasse pourtant pas les huitièmes de finale au championnat du monde Cadets. En 2010, il reste au même stade de la compétition, chez les Juniors cette fois.
"Mais on voyait que c’était un champion, déjà ado", se souvient Zaouli Abdelmajid, professeur d’éducation physique au Lycée des sportifs (Ain Sebaa) que Mohammed Rabii a fréquenté pendant un an et demie avant de quitter l’établissement en première pour se consacrer entièrement à la boxe.
"Il était souriant, gentil, assidu et altruiste", confie-t-il à Médias 24. "Il donnait des cours de boxe à ses camarades une fois par semaine pendant 30 à 40 minutes. Nous le laissions enseigner. Chez nous, il évoluait dans la section handball. Il avait passé le concours d’admission et comme tous les élèves, il était boursier de l’Etat. Il boxait déjà depuis des années (ndlr: depuis l’âge de sept ans). Il était inscrit dans un club (ndlr: Chabab Bernoussi)."
"Ceci dit, je pense que le fait qu’il ait eu 9 heures de sport par semaine à l’école et qu’il ait joué au foot, au badminton et au hand lui a beaucoup servi car il est ainsi passé par plusieurs situations motrices avec des transferts verticaux comme horizontaux." Inscrit en scientifique, l’étudiant montrait un "dynamisme de champion", selon l’enseignant.
"Je me souviens que son meilleur ami était un handballeur qui évolue aujourd’hui en club. Et bien sans faire exprès, Mohammed lui a collé un coup de poing dans le feu de l’action. Il a failli le mettre KO." Il rit. "Mais il n’était pas agressif du tout, envers personne!"
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