L’affaire Maâti Monjib prend une tournure internationale
Plusieurs médias étrangers reviennent sur les conséquences négatives de la grève de la faim de Maâti Monjib sur l’image du Maroc. Malgré son état de santé préoccupant, ce dernier a répondu à une nouvelle convocation de la police judiciaire.
Dans son édition du dimanche 18 octobre, le quotidien américain New York Times a consacré à cette affaire, un de ses éditoriaux, intitulé "Museler la dissidence au Maroc".
Paru en page intérieure, l’article rappelle les faits avant de se lancer dans une critique mesurée des répercussions de l’entêtement des autorités marocaines.
"Maati Monjib, président de Freedom Now a été empêché de se rendre à une conférence en Norvège après avoir été accusé de diffamation et de nuire à l’image du Maroc. En signe de protestation, l’historien-écrivain a entamé une grève de la faim et a dû être hospitalisé après un malaise mardi 13 octobre."
Rappelons que le ministère de l’Intérieur a dernièrement publié un communiqué de presse justifiant l’interdiction de quitter le territoire par des supposées irrégularités financières qu’aurait commises Maâti Monjib du temps où il dirigeait le centre Ibn Rochd.
Pour les rédacteurs de l’éditorial, le Maroc bénéficie incontestablement d’une image favorable à l’international et fait partie des pays les plus stables de la région MENA.
Saluant ses avancées en termes de démocratie depuis l’adoption de la nouvelle Constitution, le quotidien constate cependant que l’affaire Monjib fragilise cet édifice. Soulignons que cet intellectuel est cardiaque et diabétique et que sa grève de la faim illimitée pourrait aboutir à un éventuel décès ou coma.
"La bonne réputation du Maroc est menacée par la campagne d’intimidation des autorités contre les journalistes nationaux et les associations de défense des droits de l’homme. Le gouvernement mène une campagne de harcèlement judiciaire contre les journalistes qui rapportent les nouvelles déplaisantes et Maâti Monjib en fait partie."
L’éditorial conclut que cette campagne décalée avec les orientations de la nouvelle Constitution et les normes internationales, doit cesser sous peine de ruiner les acquis des 4 dernières années.
Côté français, le site Médiapart s’est lui aussi emparé de l’affaire en relayant une pétition de soutien signée par plusieurs personnalités dont le célèbre linguiste américain Noam Chomski.
Joint par notre rédaction, Abdou Berrada, membre de son comité de soutien, a déclaré que le professeur avait dû se rendre à Casablanca en ambulance pour répondre à une convocation de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ).
L'historien qui en est à son 13e jour d'une grève de la faim illimitée a fait valoir son droit à garder le silence et n’a répondu à aucune des questions des policiers.
Maâti Monjib a rapporté, selon cette source, à ses accompagnateurs que les questions des policiers étaient floues mais qu’en gros, il est accusé de faire "commerce de ses opinions" (ittajar fi raï).
Notre interlocuteur a tenu à rappeler que l’état de santé de Maâti Monjib est très préoccupant car il a dû être réhospitalisé dimanche 18 octobre pour une 2e crise cardiaque depuis le début de sa grève.
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