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ECONOMIE

A Tanger, les élus solidaires des habitants contre Amendis

Des manifestations contre les factures d’Amendis (Véolia) et une extinction des lumières ont marqué le week-end de plusieurs quartiers de Tanger.

A Tanger, les élus solidaires des habitants contre Amendis
Jamal Amiar
Le 19 octobre 2015 à 17h24 | Modifié 19 octobre 2015 à 17h24

Ce lundi, les élus communaux ont débattu du dossier et les forces de l’ordre étaient déployées près de l’agence du distributeur d’eau et d’électricité à Bir Chifa, principal quartier de la mobilisation citoyenne.

Plus 30% dans des factures

Tout a commencé par la réception par une grande partie des 17.000 ménages de Bir Chifa de factures du mois d’août en forte hausse par rapport au mois de juillet.

Selon l’élu PJD Aziz Samadi, "cela est dû à au moins trois raisons: le relevé des compteurs pour la consommation du mois d’août après des mois de juin et de juillet facturés selon des estimations de la consommation passée, le dépassement du délai de relevé des compteurs qui fait passer certaines factures à la tranche supérieure de facturation, et le fait qu’Amendis n’ait pas, malgré ses engagements, installé des compteurs individuels dans des bâtiments où logent plusieurs ménages". "Sur ces 17.000 factures, 5.000 ont vu leur montant augmenter de plus de 30%", a précisé Samadi dont la majorité des protestataires de ce week-end viennent de sa circonscription.

"En outre", ajoute A. Samadi, "l’accueil des abonnés est mauvais à Bir Chifa, il n’existe pas de procédure de dépôt des réclamations et le management local est contesté".

Extinction des feux

Plusieurs ONG et associations locales avaient appelé à l’extinction des feux entre 20h et 21h voire 20h et 22h samedi dernier, un mouvement largement suivi à Bir Chifa.

Par la suite, des groupes de manifestants s’étaient dirigés vers le centre ville avant d’être bloqués par les forces de l’ordre à hauteur de la gare routière sur le boulevard Youssef Ibn Tachfine.

Des groupes de manifestants avaient pu poursuivre leur marche jusqu’en face de la wilaya et vers la Corniche de la ville. Des incidents jugés légers ont marqué ces manifestations.

Devant le conseil communal, A. Samadi a averti que "ce dossier peut menacer l'ordre public et qu’il faut en éviter toute exploitation politique. La révision du contrat de gestion déléguée est possible", a-t-il rappelé.

Quelques jours auparavant, le maire de la ville Bachir Abdellaoui avait reçu des habitants de Bir Chifa et le jeudi 15 octobre, 1er Moharram, l’équipe municipale avait tenu une réunion avec des représentants des différents quartiers.

Parmi les mesures provisoires prises, figurent la demande adressée à Amendis de se pencher sur les problèmes soulevés par les habitants et la création de cellules mixtes regroupant des représentants du distributeur d’eau et d’électricité et des élus de chacun des quatre arrondissements de Tanger.

Alors que la session municipale de ce lundi 19 octobre devait être consacrée à l’examen du projet de budget 2016 de la ville, c’est Amendis qui a occupé plus des deux premières heures des échanges.

Des élus solidaires des habitants

Toutes tendances confondues, les élus ont déclaré "leur solidarité avec les habitants et les protestataires" saluant leur mobilisation et le caractère pacifique des manifestations.

Haj Mohamed Akbib (PAM) rappelant que les salariés d’Amendis ne paient ni eau ni électricité a demandé à savoir "comment est comptabilisé ce coût dans les comptes de l’entreprise". L’interrogation sous-jacente étant de savoir si ce coût est répercuté sur les autres consommateurs de la ville.

Des élus ont critiqué des augmentations non prévues par le cahier des charges mais demandées par l’Office national de l’eau et de l’électricité. "Dans ce dossier, il y a la ville, Amendis et l’Etat", ont rappelé des élus.

Hassan Bouhriz (RNI) rappela que "les ménages ne sont pas les seuls à souffrir des méthodes d’Amendis mais les entreprises aussi".

Un autre élu PJD a rappelé que "dans les pays civilisés, on ne coupe pas l’électricité en cas de contestation des factures ou de non-paiement mais qu’on assure un service minimum car il y a des enfants et des personnes âgées qui vivent aussi dans les maisons". "On craint Amendis comme on craint l’arbitraire", a-t-il souligné.

Un problème d’image et de confiance

Ces échanges ont rappelé les vives tensions qui avaient vu le jour au printemps 2014 lorsque plusieurs villes du pays dont Tanger, Tétouan et Rabat envisageaient la rupture avec Amendis et la Rédal.

L’élu PAM Hassan Belkhadir a rappelé que "la rue demande la rupture avec Amendis". 

Mais le débat n’a pas sombré dans la démagogie. Mohamed Amahjour du PJD a insisté sur le fait qu’outre le fait qu’Amendis devait respecter les engagements de son cahier des charges, "il n’y avait pas de solution sans aborder la problématique de la maîtrise de la consommation et les explications fournies aux ménages sur les augmentations".

Cependant a insisté Amahjour, "Amendis a un problème d’image et de confiance avec les habitants et les élus". Des élus de l’opposition ont reconnu la complexité d’un dossier souhaitant "bonne chance" au maire. 

A court et moyen termes, au moins trois éléments vont déterminer la conduite de ce dossier. Outre le niveau de mobilisation de la rue, il y a la tenue d’élections législatives en 2016 et l’arrivée à son terme en 2024 du contrat de gestion déléguée. Le temps pour chacun, élus, Etat et opérateurs, d’affuter leurs propositions.

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Jamal Amiar
Le 19 octobre 2015 à 17h24

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