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Prix Nobel de médecine, de physique et de chimie: qu’a-t-on récompensé?

Les prix Nobel de médecine, de physique et de chimie ont été décernés cette semaine. Il reste la littérature, jeudi, la paix, vendredi, et l’économie, lundi. Récapitulatif.

Prix Nobel de médecine, de physique et de chimie: qu’a-t-on récompensé?

Le 8 octobre 2015 à 9h20

Modifié 8 octobre 2015 à 9h20

Les prix Nobel de médecine, de physique et de chimie ont été décernés cette semaine. Il reste la littérature, jeudi, la paix, vendredi, et l’économie, lundi. Récapitulatif.

Le lundi 5, tout d'abord, le prix Nobel de médecine a été attribué conjointement à William Campbell, Américain né en Irlande, au Japonais Satoshi Ōmura et à la Chinoise Tu Youyou, découvreurs de traitements contre les infections parasitaires et le paludisme.

William Campbell et Satoshi Omura sont récompensés ensemble pour "leurs travaux sur un nouveau traitement contre les infections causées par des vers" tandis que Tu Youyou est primée pour "ses découvertes concernant une nouvelle thérapie contre le paludisme", a indiqué le jury Nobel.

"Les maladies provoquées par les parasites sont un fléau pour l'humanité depuis des millénaires et constituent un problème de santé mondial considérable", a-t-il précisé.

Selon lui, "les maladies parasitaires touchent particulièrement les populations les plus pauvres du monde et représentent un obstacle immense à l'amélioration de la santé et du bien-être humains".

"Les lauréats du prix Nobel cette année ont développé des thérapies qui ont révolutionné le traitement de certaines des maladies parasitaires les plus dévastatrices", a souligné le comité Nobel de l'Institut Karolinska.

Un nouveau médicament contre les maladies parasitaires

William C. Campbell et Satoshi Omura ont découvert un nouveau médicament, l'avermectine, "dont les dérivés ont radicalement diminué la prévalence de la cécité des rivières et la filariose lymphatique, tout en montrant de l'efficacité contre un nombre de plus en plus grand d'autres maladies parasitaires".

Satoshi Omura, 80 ans, avait réussi au Japon à isoler un type de bactérie, présente dans la terre et William C. Campbell, 85 ans, avait ensuite étudié ses effets sur les parasites. C'est leur collaboration qui a permis la création de l'avermectine.

"J'accepte humblement", a confié le Japonais au comité Nobel après l'annonce du prix.

"Je pense que cela aurait été bien de donner le prix aux micro-organismes plutôt qu'à moi (…). Ce domaine de recherche n'attire pas nécessairement l'attention, mais je crois que les micro-organismes vont devenir un grand partenaire du genre humain", a-t-il expliqué à la télévision publique NHK.

M. Campbell a appelé la communauté scientifique à l'humilité face à la nature qui "produit constamment des molécules auxquelles les humains n'avaient pas pensé". Selon lui, "il y a cette prétention certaine dans la pensée des humains selon laquelle ils peuvent créer des molécules aussi bien que la nature".

"Fondamental" pour comprendre la création de l’univers

Mardi, un Japonais et un Canadien ont été récompensés par le prix Nobel de physique pour leurs découvertes "historiques" sur le neutrino, une particule cosmique fondamentale pour notre connaissance de l'univers et de sa création.

Takaaki Kajita, 56 ans, et Arthur McDonald, 72 ans, se sont illustrés en infirmant définitivement un principe longtemps admis de la physique quantique selon lequel le neutrino n'avait pas de masse. Leurs conclusions signent en quelque sorte le triomphe de la matière sur l'antimatière.

Leurs travaux "ont mené à la conclusion, d'une portée considérable, que les neutrinos, longtemps considérés comme n'ayant pas de masse, devaient en avoir une, quoique faible", a expliqué le jury suédois dans ses motivations, saluant une "découverte historique".

Joint par la Fondation Nobel, Takaaki Kajita a expliqué avoir appris qu'il était couronné par ses pairs suédois alors qu'il consultait son courrier électronique.

"C'est une vraie surprise pour moi", a-t-il réagi. "Ça reste un peu difficile à croire".

Arthur McDonald a évoqué pour sa part avoir vécu "quelque chose d'intimidant". "Je partage ce prix avec de nombreux collègues qui ont fourni un travail considérable", a-t-il dit.

Un des enjeux consistait à "capter" des neutrinos. Sur 10 milliards de neutrinos traversant la Terre, un seul interagira avec un atome de notre planète et il faudrait une année-lumière d'épaisseur de plomb pour arrêter la moitié de ces particules.

Takaaki Kajita, de l'université de Tokyo, et Arthur McDonald, de l'université Queen's à Kingston (Ontario, Canada), ont pris des neutrinos dans les "filets" de leurs observatoires, le Super-Kamiokande au Japon et l'Observatoire de Sudbury au Canada.

Faire avancer la recherche contre le cancer

Mercredi, le prix Nobel de chimie a été décerné à un Suédois, un Américain et un Turco-Américain dont les travaux sur la réparation d'un ADN dégradé servent à la recherche contre le cancer.

Tomas Lindahl, Paul Modrich et Aziz Sancar sont récompensés "pour leur étude de la réparation de l'ADN", qui peut être endommagé par exemple par les rayonnements ultraviolets ou des substances agressives, a expliqué le jury suédois.

Ils ont "cartographié, au niveau moléculaire, la façon dont les cellules réparent l'ADN endommagé et sauvegardent les informations génétiques. Leur travail a fourni une connaissance fondamentale de la manière dont une cellule vivante fonctionne et est, par exemple, utilisé pour le développement de nouveaux traitements du cancer", a-t-il expliqué.

L'ADN peut être agressé tout au long de la vie, et présenter des lésions qui provoquent des mutations responsables de cancers et accélérant le vieillissement.

M. Lindahl avait établi au début des années 1970 qu'au rythme auquel l'ADN se dégradait, le monde et la vie sur Terre tel que nous les connaissions ne pourraient pas exister. Par conséquent, l'ADN devait nécessairement avoir un moyen de se réparer. Il a "découvert une machinerie moléculaire, dite réparation par excision de base, qui contrecarre en permanence la dégradation de notre ADN".

M. Sancar a cartographié un autre processus de défense contre les attaques, appelé "réparation par excision de nucléotides" ou NER selon son acronyme anglais, crucial pour préserver notre patrimoine génétique.

Les personnes chez lesquelles ce processus a des défaillances développeront un cancer de la peau si elles s'exposent au soleil. Par ailleurs, cette défense nous sert à "corriger les déficiences causées par les substances mutagéniques", a précisé le jury.

M. Modrich, enfin, a "démontré comment la cellule corrige les erreurs qui interviennent quand l'ADN se réplique durant la division cellulaire". Et les déficiences de ce processus de correction sont par exemple responsables d'une variété du cancer du côlon transmise par hérédité.

Le prix de littérature a par ailleurs été annoncé ce jeudi. La Biélorusse Svetlana Alexievitch a été récompensée pour l'ensemble de son oeuvre qui comporte de nombreux témoignages sur les crises qui se sont déroulées ces dernières décennies (comme Tchernobyl ou l'Aghanistan). 

Restent encore la remise du prix Nobel de la paix, vendredi, suivie de celle du prix de l'économie, lundi.

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