Les mesures incontournables pour éviter un sinistre du type Addoha
L’incendie qui s’est déclaré au siège d’Addoha ce mercredi matin a pris une tournure spectaculaire, et soulève la question des mesures adéquates que doivent prendre les établissements recevant du public pour la prévention et la protection du risque incendie.
Addoha avait apparemment pris soin de sécuriser ses serveurs et de numériser tous ses documents y compris les dossiers clients. Tant mieux, car sans cela, les dommages auraient été inalculables.
Le feu qui s’est déclenché dans l’un des bâtiments d’Addoha où travaillent 60 salariés, dont la cause reste à déterminer, s’est propagé de façon inquiétante à l’ensemble de l’étage avant que les services de protection civile aient pu le maitriser.
Le bâtiment est soumis à la réglementation des établissements accueillant du public et à ce titre doit se conformer à un dispositif de règles de prévention et de protection du risque incendie.
Quelles sont les règles en vigueur? Quels sont les contrôles réguliers devant être assurés sur les installations et le matériel? Concrètement, les opérateurs économiques sont-ils suffisamment prémunis contre le risque incendie?
Nous avons posé la question à une ingénieur de Firepro Maroc, cabinet d’études en sécurité incendie, et à un courtier en assurance.
Les mesures réglementaires
Les bâtiments accueillant du public sont soumis au règlement de sécurité contre le risque incendie et de panique dans les risques de construction, entré en vigueur en 2014.
Ces mesures visent la prévention et la protection du risque incendie. Pour le tertiaire, ces mesures sont basiques mais essentielles.
Les mesures de prévention couvrent:
-l’installation de détecteurs de fumée et de chaleur,
-le contrôle semestriel ou annuel des installations électriques,
-la présence d’agents de sureté formés au risque incendie.
Les installations électriques, les salles de serveur, les armoires électriques et les salles d’archive sont des foyers de risques, et nécessitent des contrôles réguliers pour prévenir toute anomalie.
Les mesures de protection concernent l’installation d’extincteurs fixes ou mobiles selon la hauteur de l’immeuble, de portes coupe-feu, d’un dispositif de désenfumage et de robinets d’incendie pour les étages supérieurs, la présence d’un escalier de secours qui peut être intérieur ou extérieur du moment qu’il répond à des normes de protection.
Les établissements industriels répondent à des dispositions particulières selon leur activité et la classification des bâtiments à risque.
Les groupes électrogènes, le stockage des produits inflammables, les fours à haute chaleur font l’objet d’une réglementation particulière. L’installation d’un système de sprinkler se déclenchant automatiquement en cas de détection d’incendies est parfois obligatoire.
Les assurances couvrant le risque incendie établissent un diagnostic particulier pour les unités de production industrielle avant d’assurer le bâtiment, lequel porte sur la construction, la mitoyenneté, le type de matériaux utilisé, et l’activité industrielle.
Protéger l’outil de travail et la continuité de l’activité
Si ces dispositions réglementaires sont suffisantes lorsqu’elles sont respectées, l’entreprise doit avoir à l’esprit la continuité de son activité après un incendie.
Si le serveur de données est endommagé par l’incendie, l’entreprise qui n’a pas pris ses précautions nécessaires voit son activité interrompue. C’est pourquoi les salles doivent être équipées spécialement d’un sprinkler pour minimiser les dégâts. L’organisme doit également avoir effectué un back-up de ses informations pour sécuriser l’information.
La formation régulière des agents de sûreté et la sensibilisation du personnel sont indispensables pour que l’intervention et la communication des agents publics se déroulent dans de bonnes conditions et le plus rapidement possible.
Beaucoup de négligences
Selon le courtier en assurance, la couverture du risque incendie est largement insuffisante au Maroc.
Si les nouvelles installations sont assurées, ce n’est pas le cas de la grande majorité des petites unités artisanales ou industrielles ou des anciennes unités de production, qui ne répondent pas à des normes élementaies.
«Les vrais industriels savent qu’ils peuvent continuer leur activité s’ils ont une protection plus sophistiquée que celle imposée par la loi et une assurance».
Le contrôle a posteriori des autorités est pratiquement inexistant, dénonce-t-il. «Une fois que l’autorisation d’exercer est donnée, le contrôle a posteriori est quasi-nul».
La réglementation est pourtant suffisante pour ce dernier, et les assurances n’imposent pas aux entreprises tertiaires de conditions supplémentaires au delà des prérequis obligatoires. Mais sans contrôle administratif de l’inspection du travail et des sapeurs-pompiers, la loi manque d’effectivité.
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