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SOCIETE

Une catastrophe écologique et sanitaire aux portes de Casablanca

La situation générée par la décharge de Médiouna empire chaque jour et tous les responsables, à Casablanca comme à Rabat, ont fini par s'y habituer. Quand le mal évolue à bas bruit, il est pernicieux. Et dangereux.

Une catastrophe écologique et sanitaire aux portes de Casablanca
Mohammed Berrahou
Le 5 octobre 2015 à 16h12 | Modifié 5 octobre 2015 à 16h12

Mme Hakima El Haite, ministre de l'environnement, nous a aimablement répondu, mais elle avoue son impuissance. Elle nous révèle que la décharge de Médiouna est le premier dossier qu'elle a évoqué avec le nouveau maire de Casablanca. Elle affirme également qu'elle espère que l'affaire sera réglée d'ici la fin de l'année prochaine.

Cela fait plus de dix ans que tous les responsables reconnaissent que la situation est grave. Cependant, rien n'est entrepris pour faire avancer le dossier. 

Nous avons demandé à Mme la ministre pourquoi elle n'avait pas encore agi contre les pollueurs qui brûlent chaque nuit des déchets, de manière clandestine et illégale, au détriment de milliers de riverains. Elle ne nous a pas fourni de réponse.

Bouskoura, la ville verte devenue grise

Les habitants de Bouskoura situés à proximité de la décharge de Médiouna se mobilisent. Ils dénoncent des odeurs nauséabondes et envisagent d'agir collectivement pour faire valoir leurs droits.

3.500 tonnes de déchets finissent quotidiennement dans ce dépotoir. Selon la direction des vents, les odeurs putrides et les fumées toxiques s'éparpillent en direction du quartier de Californie ou de la ville Verte Casa Greentown, la bien nommée. D'autres quartiers sont aussi touchés, comme Lahraouiyne.

Les habitants de la ville verte de Bouskoura s’insurgent plus que jamais contre la décharge de Médiouna, car même en fermant toutes les fenêtres, l'odeur s'insinue dans les logis. Ils déclarent: "Les odeurs que dégage cette décharge sont immondes"; "C’est un cauchemar insupportable"; "Des odeurs affreuses. C’est un scandale". 

Le comble pour ces victimes est qu'en s'installant à 20 minutes de Casablanca dans les lotissements qui entourent la décharge, elles cherchaient à fuir la pollution de la capitale économique. 

Mais aujourd'hui, la propagation de ses effluves s’accélère et les habitants à proximité perdent patience.

Des activités sauvages et illégales sans contrôle

Mais pourquoi autant d’odeur? Selon une source autorisée, jointe par Médias 24, ceci est dû essentiellement à 3 facteurs: "Il y a d’abord la quantité et le flux de déchets. 3.500 tonnes sont stockées par jour dans une décharge qui travaille 24h/24. On compte 1.000 voyages quotidiens de camions. Puis il y a les substances liquides des ordures. Mais le plus grave, c’est de brûler illégalement des déchets comme les pneus et les câbles".

On l’aura compris, la décharge de Médiouna n’est pas contrôlée, alors que le fait de brûler à l’air libre des ordures ménagères est strictement interdit par la loi. "Vous ne pouvez pas imaginer combien le brûlage des déchets est toxique", nous explique, remonté, notre interlocuteur. "Il libère un nombre incroyable de substances toxiques." A cela vient s'ajouter la contamination, probablement irréversible, de la nappe phréatique de la région.

"Il faut fermer cette décharge!"

Pour mettre fin à ce scandale, la fermeture de la décharge est inévitable. "Cet endroit ne peut plus être une décharge. Il faut le fermer et créer un autre à 10 ou 15 kilomètres des habitants."

Même son de cloche chez la ministre de l’Environnement, Mme Hakima El Haite. "La seule solution est de réhabiliter la décharge et la fermer. La réhabilitation est prévue avec un montant de 90 MDH. Mais nous sommes bloqués." Bloqués par quoi? "La décharge ne peut être fermée à cause d’un problème de foncier au niveau de la décharge de Casablanca", explique Mme El Haite. "Nous savons que la situation est urgente, mais il y a un problème de terrain."

La ministre n’a néanmoins pas tardé à aborder avec le nouveau maire de la ville de Casablanca, le PJDiste Abdelaziz El-Omari. "Le premier dossier que j’ai abordé avec le nouveau maire est celui de cette décharge. Je lui ai dit qu’il fallait accélérer les choses. J’espère que nous allons éradiquer ce problème d’ici la fin de l’année prochaine."

Merci. D'ici là, que doivent faire les habitants?

Selon nos sources, une partie des habitants de Bouskoura Grentown s'organisent en association et comptent déposer plainte contre la Ville et contre l'Etat.

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Mohammed Berrahou
Le 5 octobre 2015 à 16h12

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