Corniche de Tanger: pressions sur les balnéaires, restaurants et cabarets
Les autorités locales ont averti les exploitants de balnéaires qu’ils devront déménager après le 30 septembre prochain. Le 555 ira sur l’espace de la nouvelle marina de Tanger à l’ouest de la baie. Le Miami Beach, la Pergola et le Miramar du côté de Ghandori, à l’est.
Après l’Aid al Kabir, ce ne sera plus la fête pour les gérants de restaurants, cabarets et autres restaurants de la baie de la Tanger.
Du Miami Beach au balnéaire Associados un kilomètre plus loin, tous seront détruits et selon les termes d’une réunion tenue à la wilaya samedi 1er août, «on leur reconstruira des locaux sur la plage en contrebas». Promesse orale leur a été faite que «de nouveaux locaux seront prêts pour juin 2016,» selon un participant à la réunion de samedi dernier.
Cela fait plusieurs mois que le fameux night et bar 555 a signé «au prix de quelques pressions» pour déménager. Pour le Miami Beach, la Pergola et le Miramar, Médias 24 a pu apprendre que la destination sera la colline du Ghandori près des hôtels Movenpick et Farah.
Les balnéaires de Tanger qui dans les années 1970 et 1980 ouvraient surtout l’été pour les estivants et les amoureux des bains de mer et de soleil se sont progressivement transformés en cabarets et en boîtes de nuit.
Des professionnels surpris
Selon des professionnels de l’Association des balnéaires, restaurateurs et sites de loisirs de la baie de Tanger que préside Abdeslam Benkaddour, les établissements qui iront à Ghandori le seront sur les lots 6, 7 et 11. «Ces lots seraient donnés à un promoteur qui ferait les aménagements, mettrait à disposition des établissements déménagés des terrains, et commercialiserait le reste».
Selon un responsable de la marina, «il est temps de passer à autre chose. Il faut que chacun comprenne que c’est toute la ville qui doit profiter de la future marina et de la baie».
La ville de Tanger, à travers son conseil communal, est actionnaire de la marina de Tanger. Pour certains propriétaires de balnéaires, il s’agit «d’éloigner la concurrence de la future marina». Parmi les membres de l’association et exploitants, on trouve des restaurateurs et des hommes d’affaires, mais également des avocats ou des élus communaux.
Les responsables de balnéaires ne sont toutefois pas pris de court par ces décisions. Il y a très exactement 10 ans, des négociations avaient duré pendant plusieurs semaines entre exploitants de balnéaires et le wali Hassad. Elles s’étaient soldées par un modus vivendi : des balnéaires aux hauteurs réduites pour que les promeneurs de la corniche puissent profiter du paysage. Cela s’était fait sans encombre et la corniche fut réaménagée.
En 2012, un nouvel accord dont Médias 24 a pu consulter le texte prévoyait un déménagement à Ghandori avec des terrains payés 1000 DH/m² par les exploitants de balnéaires et une subvention de la Société de gestion du port de Tanger-Ville de 700 DH/m². Mais,il se révéla que le terrain prévu avait déjà un propriétaire.
Réunion sans procès-verbal
Mais les exploitants de balnéaires se positionnent pour négocier des compensations. «Le domaine maritime appartient à l’Etat et pas à des particuliers,» souligne un responsable. La plage appartient à l’Etat et la commune encaisse des taxes sur les spectacles, les restaurants et les débits de boissons. Mais la commune, actionnaire du nouveau port de Tanger, continuera d’encaisser des taxes et autres redevances dans le futur.
Les exploitants invoquent également l’emploi. 600 personnes sont employées à plein temps sur 28 établissements et jusqu’à 1.000 avec les saisonniers de l’été. Certains exploitants de restaurants et de boîtes de nuit ont déjà engagé des conseils juridiques et des avocats.
«La réunion de samedi dernier à la wilaya, souligne un responsable de l’association, s’est déroulée de manière complètement informelle. On a été convoqués la veille, vendredi soir, pour le lendemain. Il n’y a pas eu de procès-verbal de la réunion».
Les exploitants d’établissements de la baie de Tanger ont décidé que désormais les convocations devraient être notifiées par écrit et des procès-verbaux des réunions devront être rédigés.
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