Un bon bilan 2014 pour les banques, malgré un coût du risque relevé
Dans un contexte de resserrement du crédit, de hausse du niveau de risque et du taux de provisionnement, les banques ont réussi à dégager des résultats nets positifs, grâce à la diversification de leurs activités et à la détente des activités monétaires.
Bank Al Maghrib, dans son rapport annuel 2014 sur la supervision bancaire publié mercredi, passe le scanner sur l’activité bancaire de l’année passée.
Le crédit a poursuivi sa décélération, passant d’un rythme de 3,6% à 1,8% en 2014. Le financement du secteur non financier a toutefois connu une amélioration, notablement le crédit aux ménages, qui a augmenté de 6%, tiré par le crédit à l’habitat.
Le crédit aux établissements non financiers a lui connu un léger redressement de 1,4%. Signe que la situation économique est encore incertaine et porteuse de risques, la qualité des actifs a poursuivi sa dégradation et le taux des créances en souffrance s’est élevé d’un point à 6,9%. Les banques ont par conséquent dû augmenter leur provisionnement des créances en souffrance de 28%, à 34,1 MMDH, assurant ainsi une couverture de 65% du risque.
Les dépôts ont progressé de 6,6%, en partie sous l’effet de la contribution libératoire.
Infléchissement à la hausse des résultats bancaires et renforcement de leur solvabilité
Les banques ont dégagé sur la base sociale un résultat net en progression de 1%, après s’être stabilisé en 2013. Les groupes bancaires ont bénéficié de conditions favorables sur leurs actifs financiers, sur les marchés non bancaires (assurance, financements spécialisés, etc.) et sur leurs activités transfrontalières, dégageant un résultat net part du groupe en progression de 9,7%, contre -5,9% un an auparavant. Les filiales étrangères des banques, pour l’essentiel en Afrique, ont ainsi contribué à 16% du RNPG des 3 principaux groupes bancaires.
Dans un contexte de recul des activités de crédit, d’appréciation des titres obligataires et de renforcement des activités de marché, les banques ont ainsi pu consolider en 2014 leur assise financière. Elles ont dû consentir des efforts supplémentaires pour provisionner des risques croissants. Déterminés pour la première fois par les règles de Bâle III, les ratios de solvabilité et de fonds propres de base des banques se sont établis à 13,8% et 11,6% respectivement.
La structure bancaire est toujours caractérisée par une concentration forte des actifs bancaires par les 3 premières banques, mais comparable à des pays similaires. Celles-ci concentrent 65% du total bilan, une contribution en repli de 0,6 point par rapport à 2013.
L'endettement des ménages a doublé depuis l'an 2000
L’année 2014 a été caractérisée par un renforcement du cadre légal et réglementaire. La loi bancaire adoptée par le Parlement en fin d’année, a mis en place les fondamentaux permettant l’émergence de nouveaux acteurs et services financiers, tout particulièrement dans la finance participative ou islamique. La loi définit également le cadre légal pour l’exercice de la surveillance macro-prudentielle et renforce les mécanismes de résolution de crise à la disposition de BAM.
Parallèlement, la Banque centrale a entrepris des actions de supervision rapprochée des «zones de risque du système bancaire», à savoir notamment les activités transfrontalières. La coordination avec les autorités de régulation des pays où sont présentes les banques marocaines a donné lieu à davantage de contrôles sur place conjoint et à l’institution d’un collège de superviseurs, fédérant les autorités de régulation des pays concernés.
Dans le cadre de ces actions, BAM a également entrepris sa 10e enquête annuelle sur l’évolution de l’endettement bancaire des ménages. Il a progressé de 4,8% en 2014, sous l’effet essentiellement de la hausse des crédits à l’habitat. Rapporté au PIB, l’endettement bancaire des ménages représente 31% de la richesse nationale, contre 30% l’année précédente. Le niveau moyen d’endettement est de 38.600 DH par ménage, soit 2 fois le niveau observé en 2000. Les banques ont renforcé leur part dans la dette des ménages au détriment des sociétés de crédit et détiennent près de 85% de cette dette.
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