Le sport et le ramadan : entre risques et bienfaits
La pratique du sport durant le mois de ramadan doit être modérée, pour des durées limitées et sur des créneaux bien précis, afin d'éviter tout malaise.
Football, course, marche ou simple footing, le mois de ramadan offre une disponibilité dans le temps pour une majorité de gens qui s'adonnent aux pratiques sportives de tous genres.
Amateurs, professionnels ou simples citoyens, tous se mettent à la pratique du sport, bien que confrontés au jeûne et surtout à un climat peu clément.
Mais il y a lieu de se demander si la pratique du sport durant ce mois offre un quelconque avantage pour la santé, ou présente au contraire un risque pour les personnes qui le pratiquent. Dans une déclaration à la MAP, le spécialiste en physiologie et pathologie du sport, le Dr. Amine Doghmi, explique que le jeûne, au-delà de l'aspect religieux, aide le corps à se débarrasser des toxines et à les transformer même en substances utiles. Il permet aussi d'évacuer des déchets qui circulent avec le sang.
"Cela signifie que le corps va utiliser de l'énergie pour cette opération de purification, et le sport constitue donc un effort supplémentaire. Mais en cas de pressions intensives, il existe une réelle menace pour la santé", a-t-il averti.
Pour les amateurs, l'idéal serait une séance de 2 à 3 heures après le jeûne, ou 1h avant la rupture du jeûne. Il faut éviter les efforts intenses, pour ne pas mettre en péril la santé, avec notamment les risques de déshydratation, d'hypoglycémie ou encore de désordre cardiaque, a avancé le Dr. Doghmi.
Pour les professionnels, l'exercice du sport est permis, avec toutefois une réduction du rythme. Durant le jeûne, l'effort doit être très modéré, entre 40 minutes et une heure, en évitant toute compétition de haut niveau. Pour les entraînements, ils doivent se dérouler de 2 à 3 heeures après le jeûne, conseille le Dr. Doghmi, également responsable du pôle médical du Fus de Rabat.
Le spécialiste en cardiologie, le Dr. Abdelhakim Merzouk, affirme, quant à lui, que la pratique du sport durant le ramadan "doit être modérée et se faire dans un milieu aéré et bien oxygéné, afin d'éviter toute défaillance respiratoire qui peut parfois avoir des conséquences redoutables", ajoutant que les sports violents doivent être bannis.
Selon lui, l'hypoglycémie demeure le premier risque auquel il faut faire attention en exerçant le sport durant ce mois.
Les deux spécialistes s'accordent ainsi à dire que la pratique du sport durant le mois sacré doit être modérée, d'une durée limitée et sur des créneaux bien précis, afin d'éviter tout malaise. Ils insistent également sur le régime alimentaire, qui doit être sain, équilibré et diversifié.
Même constat chez les professionnels qui recommandent de réduire les heures d'activités sportives durant le mois de ramadan. Le président de la commission professionnelle de la Fédération royale marocaine de kick boxing, Lahcen El Hilali, estime ainsi qu'"il est recommandé pour les professionnels de réduire les heures de sport durant ce mois, en diminuant le rythme de 50%, tout en tenant compte de la nécessité d'une bonne alimentation".
Pour les amateurs, le ramadan constitue une occasion idéale pour s'adonner à toutes les pratiques sportives. C'est le cas de Zouheir, conseiller chez une multinationale basée à Technopolis à Salé, qui a confié à la MAP que le sport durant ce mois sacré est bénéfique pour la santé, pourvu que l'individu le pratique selon ses capacités.
"Bien que je ne sois pas un grand fan de sport, j'aime bien le pratiquer durant ce mois sacré, car cela me permet de me déstresser", a-t-il ajouté.
(MAP)
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