PSA veut produire 90.000 véhicules en 2019 à Kénitra
PSA Peugeot Citroën produira des véhicules de segments B et C, uniquement à destination du marché d'Afrique et du Moyen-Orient.
Le constructeur français PSA Peugeot Citroën part à la reconquête de l'Afrique, un marché "en croissance" où il a longtemps fait figure de référence, avec un projet d'implantation à l'horizon 2019 d'une usine au Maroc.
Le groupe a annoncé vendredi lors d'un comité paritaire stratégique à Paris qu'il devrait s'implanter dans une zone franche de Kénitra, pour produire 90.000 véhicules par an dès 2019, ont affirmé plusieurs sources syndicales à l'AFP.
En fonction de l'évolution des ventes, le constructeur automobile se réserve en outre "la possibilité de passer à 200.000" unités produites, selon les mêmes sources.
La signature officielle avec le Maroc devrait intervenir ce vendredi.
D'après les syndicats interrogés par l'AFP, le deuxième groupe automobile au Maroc vise "la fabrication de moteurs sur place" et produirait des voitures de segments B et C.
Ce seront des "remplaçantes de la 301 et de la C-Elysée, qui sont fabriquées pour le pourtour méditerranéen", croit savoir Jacques Mazzolini de la CFE-CGC.
"Le type et la marque seront annoncés dans un an", a de son côté assuré Jean-Pierre Mercier, responsable CGT.
Les deux modèles constituent les "best-sellers" de PSA en Afrique et au Moyen-Orient. Pour l'heure, la Peugeot 301 et sa jumelle chez Citroën, la C-Elysée, sont notamment assemblées dans l'usine de Vigo, en Espagne.
Destinée aux pays émergents, la berline 301 est vendue en Chine, en Asie du Sud-Est, au Moyen-Orient et en Afrique. Sur ce continent, PSA produit et commercialise le modèle depuis l'année dernière grâce à un accord passé avec une société nigériane.
Une "référence" en Afrique
Arrivé à la tête du groupe en avril 2014, Carlos Tavares avait fait des "nouveaux pays en croissance", en Afrique ou dans le bassin méditerranéen, une des priorités de son plan stratégique "Back in the Race".
Dans ce cadre là, PSA s'est doté en septembre dernier d'un directeur zone Afrique-Moyen-Orient en la personne de Jean-Christophe Quemard.
Sa mission, développer les "opportunités de développement" dans cette zone, où les prévisions de marché sont de 8 millions d'immatriculations en 2025.
En 2014, l'entreprise française y a vendu plus de 169.000 véhicules, soit 5,8 % de ses ventes mondiales.
L'arrivée en Afrique constitue un "nouveau signe de reprise" pour PSA, a commenté Franck Don (CFTC). Si l'entreprise revient en Afrique, c'est "forcément une bonne chose pour les salariés" français, car cela signifie que PSA "sort de l'ornière" après plusieurs années sombres, a-t-il dit.
La direction a d'ailleurs assuré aux syndicats que le gouvernement "accompagnerait très favorablement" ce projet industriel, car il n'était "pas porteur de menaces sur l'emploi et l'industrie en France", précise M. Mazzolini.
Les véhicules produits au Maroc seront en effet vendus "exclusivement" sur le continent, a soutenu l'entreprise auprès des syndicats.
La CGT est plus sceptique. "La direction, comme à son habitude, essaiera de justifier ses coups portés aux salariés (en France et ailleurs) par une mise en concurrence des différentes usines à travers le monde", estime-t-elle dans un communiqué.
Si "la CGT n'a aucune raison d'être opposée à la construction d'usines à travers le monde, au Maroc ou ailleurs", "elle s'opposera de toutes ses forces à ce que les salariés, ici en France et en Europe, en fassent les frais", prévient-elle.
En revenant en Afrique, "un continent où Peugeot était la référence" selon M. Mazzolini, PSA entend combler son retard sur son concurrent Renault-Nissan, implanté au Maroc depuis 2012 avec l'usine géante de Melloussa, près de Tanger.
Par ailleurs, le constructeur a annoncé jeudi à l'AFP étudier "l'optimisation d'un projet industriel" dans l'Algérie voisine.
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