img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
SOCIETE

69.000 enfants de 7 à 15 ans travaillent au Maroc, malgré l’interdiction légale

Quelque 69.000 enfants âgés de 7 à 15 ans travaillaient en 2014, soit 1,5% de l’ensemble des enfants de cette tranche d’âge au Maroc, indique un rapport du HCP, à l’occasion de la journée mondiale contre le travail des enfants, célébrée jeudi.   

69.000 enfants de 7 à 15 ans travaillent au Maroc, malgré l’interdiction légale
Hamza Mekouar
Le 18 juin 2015 à 13h44 | Modifié 18 juin 2015 à 13h44

Au Maroc, les enfants qui travaillent se comptent encore par dizaines de milliers. Ils étaient 69.000 en 2014, selon le Haut-commissariat au Plan, dont 62.000 en milieu rural et 7.000 en milieu urbain. 65% des enfants n’étaient pas scolarisés, 24,2% parmi ceux âgés de 10 à 14 ans étaient analphabètes. 

Par «secteur d’activité», 90,2 % travaillaient en milieu rural, dans l’agriculture et la pêche. Dans les villes, les principaux secteurs employeurs d’enfants sont les «services» avec 58,1%, et l’industrie (y compris l’artisanat), avec 26,8%.

Il faut comprendre, par «services», le travail des enfants dans la restauration, le commerce, le gardiennage des voitures, mais aussi l’exploitation de jeunes filles issues des zones rurales par des employeurs de Casablanca, Marrakech ou Rabat, au mépris des textes de loi en vigueur. 

«Les enfants travaillent en moyenne 32 heures par semaine»

Pour ce qui est du nombre d’heures d’emploi, «les enfants travaillent en moyenne 32 heures par semaine, soit 14 heures de moins, relativement aux personnes âgées de 15 ans et plus. Cet écart est d’environ 11 heures en milieu rural (30 contre 41 heures), alors qu’il n’est que de 5 heures en milieu urbain (45 contre 50 heures)», souligne le HCP dans son enquête. 

Le Haut-commissariat au Plan ne parle pas des conditions de travail de ces enfants. Mais selon un rapport publié en janvier 2015 par Human Rights Watch — une des principales associations internationales de défense des droits de l’homme—, «des filles continuent à travailler dès l’âge de 8 ans dans des domiciles privés jusqu’à 12 heures par jour, pour des salaires modiques (…). Elles subissent agressions verbales, sévices et parfois même abus sexuels».

Un phénomène en forte régression

Si le phénomène reste alarmant, il est toutefois en forte  régression depuis 1999, année où il touchait «9,7% de l'ensemble des enfants de cette tranche d'âge», soit 517.000 enfants. En 2011, ils étaient 123.000 enfants âgés de 7 à 15 ans à travailler.

L’enquête met en évidence la corrélation entre travail des enfants et niveau d’instruction du chef de ménage. En 2014, le Maroc a comptabilisé près de 60.000 ménages dont au moins un enfant travaillait, ce qui correspond à 0,8% de l'ensemble des ménages marocains. Parmi les ménages dont le chef dispose d’un niveau d’instruction supérieur, cette proportion est quasi nulle, tandis qu’elle s’établit à 1,2% parmi ceux dont le père de famille est analphabète.  

Sur le plan législatif, le travail des enfants de moins de 15 ans est interdit par la loi marocaine, mais aussi par la convention 138 de l'OIT sur l’âge minimum, adoptée en 1973 et ratifiée par le Maroc en 2000.

En janvier 2015, un projet de loi portant sur les travailleurs domestiques de moins de 15 ans a été adopté, après plusieurs révisions. Parmi les amendements introduits : celui de fixer la majorité légale à 16 ans. Le Conseil national des droits de l’homme (CNDH), le Conseil économique et social (CESE), mais aussi des organisations non gouvernementales et des parlementaires appellent à relever l’âge minimum à 18 ans.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Hamza Mekouar
Le 18 juin 2015 à 13h44

à lire aussi

Le musée du continent africain devrait ouvrir à la fin de 2027 (Mehdi Qotbi)
CULTURE

Article : Le musée du continent africain devrait ouvrir à la fin de 2027 (Mehdi Qotbi)

Porté par la Fondation nationale des musées, le futur musée du continent africain a franchi une étape décisive. Le président Mehdi Qotbi nous annonce que le plus grand complexe muséal d'Afrique, dont les travaux de gros œuvre ont dépassé 85%, entre dans sa phase finale avant une ouverture au public lors du dernier trimestre 2027.

Le jardinier marocain de Jany Le Pen expulsé vers le Maroc pour séjour irrégulier
Quoi de neuf

Article : Le jardinier marocain de Jany Le Pen expulsé vers le Maroc pour séjour irrégulier

Selon une information révélée par Le Parisien, Hatim B., un Marocain de 32 ans qui effectuait des travaux de jardinage chez Jany Le Pen, veuve de Jean-Marie Le Pen, a été expulsé le jeudi 23 avril vers le Maroc. En situation irrégulière en France depuis 2017, il faisait l’objet d’une mesure d’éloignement décidée par le préfet des Hauts-de-Seine.

Maghreb : une visite américaine dans un contexte de pression croissante sur l’Algérie
NATION

Article : Maghreb : une visite américaine dans un contexte de pression croissante sur l’Algérie

Annoncée par le département d’État, la tournée de Christopher Landau, du 27 avril au 1er mai, intervient dans un contexte marqué par l’implication croissante de Washington dans le suivi du dossier du Sahara et de ses prolongements onusiens.

Ordre des experts-comptables : le scrutin s’annonce serré (liste)
ECONOMIE

Article : Ordre des experts-comptables : le scrutin s’annonce serré (liste)

Le scrutin du 21 mai pour le renouvellement du Conseil national de l’Ordre des experts-comptables met en concurrence 41 candidats pour 11 sièges. Parmi eux, se dégagent des profils issus de grands cabinets internationaux, comme EY, Deloitte, Mazars, BDO, KPMG ou Grant Thornton, des figures expérimentées déjà présentes dans les instances de l’Ordre et des profils plus récents, illustrant les équilibres internes de la profession.

Protection des femmes victimes de violence : lancement officiel de la cellule centrale à Rabat
Quoi de neuf

Article : Protection des femmes victimes de violence : lancement officiel de la cellule centrale à Rabat

À Rabat, le ministère de la Solidarité a lancé la cellule centrale de prise en charge des femmes victimes de violence, chargée de renforcer la coordination institutionnelle, de superviser les structures territoriales et d'améliorer l’accompagnement juridique, psychologique et social des victimes.

Bourse de Casablanca : le MASI chute de 1,69%, les volumes grimpent à 667 MDH
La séance du jour

Article : Bourse de Casablanca : le MASI chute de 1,69%, les volumes grimpent à 667 MDH

La Bourse de Casablanca a clôturé la séance du 24 avril 2026 en baisse, avec un MASI en recul de 1,69% à 18.815,18 points. Les échanges ont atteint 667,11 MDH, dominés par Managem, Minière Touissit et Attijariwafa bank.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité