Exclusif. Le lancement de la 4G expliqué par le DG de Méditel
Après Casablanca, Meditel a lancé la 4G, ce vendredi 12 juin, à Rabat et Salé. Michel Paulin, DG de Méditel, revient pour nos lecteurs sur ce lancement, les premières réactions du marché et le nouveau business model.
Michel Paulin est au cœur du nouveau Méditel dont il a patiemment dessiné les nouveaux contours. Cet homme qui met en avant ses équipes, a pris tout le marché de cours en lançant dans la discrétion, presque dans l’humilité, la 4G à Casablanca en ce jour de grâce lundi 8 juin 2015.
Depuis son arrivée, il n’avait cessé de nous répéter à nous autres journalistes, que le web sera le prochain relais de croissance des télécoms. Il a passé du temps à préparer les tuyaux pour que Méditel soit prêt pour la 4G.
Pour les consommateurs, la vraie surprise est venue non seulement du lancement rapide, mais surtout de la gratuité.
Ci-dessous, l’éclairage de M. Paulin, sur ces différentes questions.
Médias 24: Vous avez effectué un lancement plutôt discret de la 4G à Casablanca. Pourquoi cette discrétion ?
Michel Paulin : C’était volontaire. C’est notre choix, dans ce monde des télécoms, il peut y avoir parfois un côté incantatoire et de mauvaises promesses.
La 4G apporte un confort d’utilisation, réel, probant. Son utilisation est en elle-même la meilleure preuve de son intérêt. Il nous a semblé que l’important n’était pas de sur-communiquer, mais de prouver. Notre communication a donc été factuelle.
-Quels sont les chiffes de la première semaine?
-Je ne peux pas communiquer en détail sur les chiffes.
Ce que je peux vous dire, c’est que la composition de deux événements programmés a suscité un engouement dans nos agences.
Nous avons lancé l’illimité à un prix abordable puis la 4G sur Casablanca, et aujourd’hui Rabat-Salé et donc ces deux événements ont créé un engouement visible dans nos magasins. Nous sommes très contents d’avoir gagné des milliers de clients, des clients nouveaux qui ont opté pour Méditel, et d’anciens clients qui basculent vers la 4G.
Nous faisons plusieurs milliers de 4G par jour en ce moment.
-Est-ce que la couverture est bonne dans tous les quartiers de Casa, n’y a-t-il pas de risque de saturation qu’on avait connus avec la 3G ?
-Le choix que nous avons fait, c’est que tous nos sites, donc le maximum de la couverture que nous pouvons mobiliser, sont en 4G. Seuls 5 sites n’ont pas pu passer en 4G, pour des questions d’accès.
Tous nos sites à Casablanca, à Rabat, à Salé et prochainement à Marrakech sont en 4G. Donc nous offrons la 4G du maximum de couverture que nous pouvons. Nous avons fait ce matin des tests et la couverture est très bonne. Je ne suis pas en train de dire qu’elle est parfaite. Il peut encore y avoir des trous de couverture sur lesquels nous travaillons. Le maximum doit être donné à l’utilisateur.
La 4G, c’est une infrastructure qui va depuis la radio jusqu’au cœur du réseau. Ce qui est le plus compliqué dans le déploiement de la 4G, ce n’est pas la partie radio. C’est de s’assurer que nous avons mis en place une infrastructure de capacité qui permet au client d’avoir de très hauts débits, des temps de latence faibles, pour surfer vite, télécharger vite, écouter de la musique.
Depuis donc un an, nous avons fait un énorme travail d’infrastructure qui est dans la soute de l’usine Méditel, pour grossir nos tuyaux, pour que tout le trafic de nos consommateurs soit fluide. Ce n’est pas parfait, il faut être humble et modeste, mais nous avons travaillé depuis un an et continuons à le faire pour améliorer ce qui est perfectible.
J’ajoute que cette amélioration des tuyaux profite également aux consommateurs de la 3G. La transmission est mutualisée.
-Marrakech, c’est pour quand ?
-Dans une quinzaine de jours en principe. Il peut y avoir de bonnes surprises…
-On se pose des questions sur le business model basé sur la gratuité du basculement vers la 4G.
-Le dernier rapport de l’ANRT le prouve, il y a au Maroc une transition très rapide de l’utilisation de la voix vers l’utilisation de données, d’Internet. L’avenir des télécoms se place sur l’usage de l’Internet, déjà amorcé sur la 3G.
Ce pari que nous effectuons, c’est que les usagers puissent consommer à leur guise, de manière abordable, en fonction de leurs besoins et de leurs envies. Dans cette configuration, c’est le volume qui est ciblé. C’est aussi le choix qui a été fait avant nous par plusieurs opérateurs dans le monde.
Nous mettons à la disposition du client une technologie très performante et il va consommer à la demande.
-C’est le montant moyen de la facture qui va augmenter.
-Nous espérons que si le client a de plus en plus d’usages, cela se répercutera sur le chiffre d’affaires. Notre ambition, c’est d’augmenter les usages. Plus l’usage se développera, et plus nous aurons du chiffre d’affaires qui va se développer sur la partie data. C’est la consommation qui va augmenter.
-Vous préparez donc votre introduction en bourse…
-C’est une question qu’il faut la poser à nos actionnaires.
Il est vrai que Méditel a connu une bonne croissance de son chiffre d’affaires et de sa rentabilité.
Nous sommes confiants sur le 1er semestre 2015, malgré un marché extrêmement difficile et agressif.
La bourse est une décision qui ne m’appartient pas.
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