Exclusif. Comment les PME seront accompagnées pour s’introduire en bourse
Dans une interview à Médias 24, Omar Amine, président de l’APSB a évoqué les grandes lignes de l’accord tripartite devant ouvrir aux PME la voie du marché financier.
L’Association professionnelle des sociétés de bourse (APSB), l’Agence nationale de la promotion de la petite et moyenne entreprise (ANPME) et la Bourse des valeurs de Casablanca (BVC) ont signé une convention de partenariat pour faciliter l’accès de la PME au marché des capitaux.
Médias 24: Comment vous avez abouti à ce partenariat inédit ?
Omar Amine: Ce partenariat a été le fruit de plus d’une année de travail et de négociations avec l’ANPME et la Bourse de Casablanca. Les différentes parties ont été soucieuses dès le départ d’apporter des solutions structurelles à la problématique d’accès des PME au financement sur le marché des capitaux. D’autant plus que nous sommes dans un contexte de relance économique et de lancement de réformes majeures telles que le Plan d’accélération industrielle.
Les professionnels du marché financier ne pouvaient rester longtemps indifférents à cette dynamique politique et économique et devaient s’associer avec la Bourse de Casablanca à l’effort fait par les pouvoirs publics pour enclencher cette dynamique d’investissement.
-Ce partenariat a pour objectif principal la mise en place d’un écosystème financier qui regroupe l’ensemble des acteurs du marché. Comment fonctionnera cet écosystème?
-L’accès de la PME au marché financier exige un écosystème. Le niveau d’organisation, de transparence et de compétitivité fait défaut aujourd’hui à nos entreprises ce qui représente souvent un frein réel pour nos entrepreneurs.
L’objectif de cet écosystème inédit qui est une plateforme animée par l’ANPME, consistera en premier lieu à cibler les PME éligibles à ce type de financement, qui ont une stratégie de développement et qui sont dirigées par une nouvelle génération d’entrepreneurs, ayant l’ambition de se hisser aux normes internationales en terme de gouvernance et de se donner les chances de conquérir de nouveaux marchés.
Les entreprises qui seront sélectionnées seront accompagnées tout au long d’un parcours d’excellence par les différents partenaires de l’ANPME (cabinets de conseil, experts comptables, avocats d’affaires, conseillers financiers, coachs et formateurs, intermédiaires habilités…) pour les préparer progressivement aux exigences d’un accès au marché et les aider à mieux affiner leur business plan et leur stratégie financière.
En fin de parcours, les sociétés de bourse et les autres acteurs du marché financier interviendront directement pour faciliter l’accès au financement direct à ces entreprises et aussi les accompagner sur le terrain.
-La Bourse de Casablanca offre jusqu’à 500.000 DH à toute PME qui s’introduirait à la cote. Pourtant, ce montant attractif n’a pas motivé les PME à rejoindre la cote. A votre avis, quels sont les facteurs qui expliquent la réticence des PME à se financer sur le marché boursier ?
-Cette question apporte elle-même la réponse aux motivations qui nous ont poussées à mettre en place ce partenariat. Le patron d’une PME ne peut pas prendre une décision aussi importante que celle d’ouvrir son capital, de jouer le jeu de la transparence, de mettre en place des règles de bonne gouvernance et d’avoir un business plan viable sur la base d’une simple incitation financière, quel qu’en soit le montant.
Ce sont des décisions stratégiques souvent à conséquences patrimoniales qui doivent être guidées par des considérations de développement sur le long terme. La véritable incitation financière que pourrait rechercher un entrepreneur, c’est la valorisation que donnera le marché à la qualité de son entreprise et à ses fondamentaux financiers.
-Quel serait l’impact de l’ouverture des PME aux marchés des capitaux sur l’économie marocaine ?
-Les PME représentent la majorité des entreprises du tissu économique au Maroc et leur développement peut apporter des solutions concrètes aux problématiques du chômage et à la compétitivité du pays.
L’accès des PME à de nouvelles formes de financement leur donnera plus de moyens pour se développer en local et à l’international et cela ne peut être que bénéfique pour notre économie.
En ce qui concerne la place financière, plus un marché boursier contribue au financement de l’économie et des entreprises, plus il y aura de flux financier et de volume et plus on aura d’investisseurs étrangers qui viendront chercher des success stories au Maroc.
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