FIFA. Qui cherche à salir le Maroc?
Il se passe quelque chose d’étrange dans le monde du football international et de la presse depuis mercredi 3 juin. Soudainement, Blazer ferait des révélations sur le versement par le Maroc de pots-de-vins pour l’obtention de l’organisation de la coupe du monde de 1998 en France. L’information est publique depuis mercredi 28 mai et a notamment été publiée par Médias 24.
Depuis mercredi soir, c’est le branle-bas de combat dans le monde des médias: le Maroc a versé un backchich pour obtenir le mondial 1998. En réalité, l’info était déjà contenue dans l’acte d’accusation rendu public par le parquet de Brooklyn le mercredi 27 mai.
Le nom du Maroc serait-il utilisé comme un écran de fumée ou un contre-feu par des parties agissant en coulisses? Pourquoi revient-on sur ce qui est su et non avéré, alors qu'on ne parle plus vraiment des dix millions de dollars versés par l'Afrique du sud à Jack Werner et reconnus par tous les protagonistes?
L'empressement d'une partie de la presse européenne à accuser le Maroc apparaît comme suspect. Surtout que c'est parti comme une traînée de poudre le mercredi 3 juin alors que l'info d'origine remonte à une semaine.
L’Afrique du sud, Valcke, manoeuvrent
Depuis que le scandale a éclaté, Blatter a été élu et a démissionné, les Sud-Africains se défendent d’avoir versé tout bakchich à Jack Warner et le secrétaire général de la FIFA Jérôme Valcke, le numéro 2, est compromis dans la transaction triangulaire Afrique du sud-FIFA-Warner par un courrier publié dans Médias 24 notamment.
Entretemps, Jack Warner parle maintenant d’élections à Trinidad trafiquées avec le consentement de la FIFA. Séoul dénie à Blatter toute légitimité de superviser les réformes annoncées au même moment où il informait de sa démission et quittait la salle de la FIFA sans prendre une seule question de la presse. Auckland a déclaré Blatter et Valcke non grata alors que s’y déroule la coupe du monde des moins de 20 an, du jamais vu.
Une des hypothèses de ce jeudi matin 4 juin, est que Sud-Africains et barons de la FIFA veulent faire peur au Maroc, mettre les projecteurs sur ses supposées pratiques et éloigner les projecteurs de Jack Warner – mais c’est trop tard- et surtout de l’illégitimité de la tenue de la coupe du monde en Afrique du sud en 2010 et qui a rapporté beaucoup d’argent à la FIFA et aux intermédiaires.
Pour mémoire, les seuls droits télé, la plus importante source de revenus de la FIFA, ont rapporté plus de 4 milliards de dollars à la FIFA en 2010, autant que le mondial au Brésil en 2014, là où logiquement quatre ans plus tard cela aurait dû/ pu coûter plus cher. Pour expliquer cela, deux éléments: le mondial 2010 fut le premier organisé en Afrique; et à peine sorti de l’apartheid, le pays « arc-en-ciel » avait une grande valeur marketing, cool, world, noir et blanc et exotique.
Des Marocains parlent
Interrogés par Médias 24 ce jeudi matin, d’anciens responsables et fins connaisseurs du football marocain et international insistent sur le fait que «le Maroc n’a payé aucun centime à quiconque pour le mondial 1998». Un de nos interlocuteurs est véhément : «Ce que raconte Blazer, c’est du n’importe quoi ».
Cependant, entre la réputation marocaine de pratiques de corruption courantes, de diplomatie du couscous et le fait que Blazer se soit exprimé sous serment avec un juge face à lui insistant sur le caractère et les enjeux de sa comparution, la vérité n’a pas encore complètement éclaté.
Mais, autant la déposition de Blazer est probablement vraie, elle est imprécise et aucune accusation concrète ne pèse contre un Marocain, aucun versement n’a été “tracé“ .
Le Maroc risque d’être inquiété s’il a réellement payé et si l’argent est passé par un compte américain. Et même s’il a payé, le président du comité de candidature de l’époque Abdellatif Semlali a rejoint le paradis de Dieu en 2001.
Selon nos sources, en 1992, année de la défense du dossier marocain pour l’édition de 1998, «ni le président de la FRMF Driss Bamous, ni ses vice-présidents ne traitaient avec le comité exécutif de la FIFA. C’était une affaire entre Me Semlali ministre des sports et les gens de la FIFA» nous assure un interlocuteur qui connaît le dossier.
Nous sommes loin de la fin
Clairement, le dossier de la FIFA n’a pas encore livré tous ses secrets. En moins de 10 jours, l’opinion publique en a plus appris sur les pratiques de Blatter, Havelange et consorts qu’en 25 ans de couverture médiatique.
Le monde du sport et le monde des médias constituent également un microcosme, quasiment un écosystème pour reprendre un terme « tendance », qui font vivre les uns et les autres.
Valeur aujourd’hui, on peut compter sur la justice américaine, Loretta Lynch et les officiels anglais qui ne pardonnent pas à la FIFA le mondial du Qatar pour continuer à déballer en public le linge sale de la «grande famiglia du football». Une expression consacrée et chaque jour de plus en plus vraie.
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