Jilali Hazim (Anam) espère atteindre la couverture universelle dans 4 ans
L'Agence nationale de l'assurance maladie Anam a présenté le bilan du Ramed au titre de l'année 2014. Un taux de couverture total avoisinant les 100% de la population cible. Quelques efforts restent à faire pour que le Maroc atteigne la couverture médicale universelle.
Le bilan de la couverture médicale affiché par l'Anam montre que le taux de réalisations au niveau national à fin 2014 a atteint 97% de la population cible et 100% à fin avril 2015.
Ce chiffre cache, dans les détails des grandes disparités entre les régions. A titre d'illustration, concernant la région de Laâyoune, le taux de réalisation est de 326%. Ce qui signifie que le nombre de bénéficiaires du Ramed est trois fois plus important que le nombre identifié lors du lancement du programme. Inversement, la région de Doukkala Abda affiche un taux de réalisation de 55%.
Les principaux chiffres du bilan 2014
Dans l'ensemble, ce sont près de 7,9 millions de Marocains qui ont bénéficié de la couverture Ramed au 31 décembre 2014, appartenant à près de 2,9 millions de foyers, répartis comme suit: 53% vivant dans les périmètres urbains et 47% dans le monde rural.
En chiffres, depuis le lancement du programme, le Ramed a permis la réalisation de 500.000 cas d'hospitalisation, 3,8 millions d'explorations externes, plus d’un million de consultations spécialisées externes et plus de 880.000 prises en charge des affections de longues durées et des affections lourdes et couteuses, apprend-on auprès de l'Agence nationale de l'assurance maladie.
"Le taux de pauvreté de la population couverte, estimé en 2006 à 45%, se situe en réalité à 84%, contre 16% concernant les foyers en situation de vulnérabilité" nous confie Jilali Hazim, Directeur général de l'Anam. Il est à noter, également que le Ramed est financé par les contributions directes des bénéficiaires à hauteur de 30%, soit un total de 95 millions de DH à fin 2014.
Des problèmes résolus et d'autres en suspens
Quelques années après la mise en place du programme du Ramed, il a été constaté que plus de 200.000 personnes bénéficiaient d'une double couverture, affiliés à la fois au Ramed et à l'Amo. Un problème réglé selon le DG de l'Anam qui confie à Médias 24 que "depuis la mise en place d'un système d'information qui croise les données récoltées par les caisses et par le Ramed, l'Anam pu traiter l'intégralité des cas de double affiliation."
Toutefois, le Ramed continue de souffrir de problèmes de gouvernance. Des problèmes d'ordre réglementaire qui empêchent l'Anam de verser les sommes dues aux prestataires. En tout, ce sont près de 100 millions de DH se trouvent actuellement gelées dans les caisses de l'Anam, en l'absence d'un tiers payeur.
L'Anam propose à cet effet de prendre la gestion des ressources du Ramed, de manière transitoire, en attendant la mise en place d'une autorité de régulation de la couverture médicale de base. Cette autorité se chargerait à terme d'harmoniser les politiques concernant à la fois l'AMO et le Ramed.
Vers une couverture maladie universelle
Avec l'entrée en vigueur de la couverture médicale des étudiants inscrits dans établissements d'enseignement supérieur et de formation professionnelle publics et privés à partir de la rentrée 2015-2016, le Maroc franchit un pas supplémentaire vers la couverture universelle.
La prochaine étape, nous confie Jilali Hazim, est de "lancer la couverture médicale des indépendants. Un texte est d'ailleurs remis entre les mains du secrétariat général du gouvernement pour examen et étude."
Et d'ajouter :" nous commencerons dans une première étape par les professions organisées, avant d'étendre la couverture médicales aux autres corps de métiers. Nous continuerons à avoir deux caisses, la Cnops pour les étudiants et les fonctionnaires, et l'Amo pour les salariés et les non salariés."
Convaincu et optimiste, le DG de l'Anam ne cache pas sa volonté d'atteindre la couverture universelle dans les prochaines années. "Au rythme auquel nous avançons, j'espère que nous réussirons à mettre en place la couverture universelle dans 4 ans... Personnellement, j'y crois!" conclut J. Hazim.
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