Le Maroc et l’Espagne épinglés pour les mauvais traitements infligés aux migrants
Le Conseil de l’Europe pointe du doigt l'attitude des autorités des deux pays envers les clandestins.
Les mauvais traitements infligés aux migrants d'Afrique subsaharienne qui tentent de passer la frontière à Melilia persistent. Telle est la conclusion d’un rapport du Conseil de l’Europe rendu public vendredi à Strasbourg.
En juillet 2014, le Comité pour la prévention de la torture (CPT), une instance de l'organisation paneuropéenne, a effectué une visite à Melilia au cours de laquelle il a recueilli « plusieurs allégations de recours excessif à la force de la part d’agents de la Guardia Civil », au moment de l’arrestation de migrants irréguliers tentant de passer la frontière.
Parmi les exemples cités figure celui d’un incident ayant eu lieu le 15 octobre 2014, qui, « d’après les images vidéo, montre un migrant en situation irrégulière recevant au moins huit coups de matraque assénés par des agents de la Guardia Civil alors qu’il descendait de la clôture ; il a été, par la suite, menotté et reconduit au Maroc par des agents de la Guardia Civil malgré son apparente immobilité », dénonce le CPT.
« Des coups de bâton et de branches d’arbre »
Les étrangers rencontrés par la délégation du CPT ont également allégué avoir fait l’objet de mauvais traitements physiques de la part de membres des Forces auxiliaires du Maroc, comme « des coups de pied, des coups de bâton et de branches d’arbre, après leur arrestation par les Forces auxiliaires du Maroc à l’intérieur des clôtures frontalières situées sur le territoire espagnol, ou lorsqu’ils ont été renvoyés au Maroc par des agents de la Guardia Civil ».
Le rapport souligne également qu’une atmosphère carcérale – espace de vie insuffisant, absence de mobilier dans les chambres et stores métalliques aux fenêtres – règne dans les deux Centres d'internement pour étrangers (CIE) espagnols.
Une loi controversée
Les auteurs du rapport s’inquiètent de la loi espagnole entrée en vigueur début avril et autorisant le refoulement automatique et collectif des migrants clandestins en provenance des frontières des deux villes espagnoles. De nombreux manifestants espagnols sont d’ailleurs descendus dans les rues en signe de protestation après l’amendement de cette loi. Le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Niels Muiznieks, a demandé aux autorités espagnoles de revenir sur cette loi controversée.
Le long des deux seules frontières terrestres entre l’Afrique et l’Europe, pas un mois ne passe sans que des centaines de migrants ne se lancent à l’assaut des barrières grillagées. Les ripostes parfois violentes des forces de l’ordre des deux côtés sont régulièrement pointées du doigt par les organisations des droits de l’homme.
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